Ousmane SONKO et Abdourahmane Diouf:entre malentendus techniques, enjeux financiers et des allures de règlement de comptes

DAKAR, 11 NOVEMBRE 2025(JVFE)-Depuis, ce samedi 8 novembre à l’occasion du ‘tera meeting’, le Premier Ministre Ousmane Sonko a accusé Abdourahmane Diouf, ancien ministre de l’Enseignement supérieur de  « surfacturation » dans les marchés universitaires lors de son passage au ministère de l’Enseignement supérieur.

Le leader de Pastef a affirmé que la mutation d’Abdourahmane Diouf vers le ministère de l’Environnement serait liée à des pressions exercées pour valider des marchés publics surfacturés dans le cadre du programme de construction et de réhabilitation des bâtiments universitaires.

Une révélation qui a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans un climat politique déjà sous tension.
 

Pour rappel, L’intervention d’Abdourahmane Diouf, ministre de l’Environnement et président du parti Awalé, sur la RSI dans l’émission politique En Vérité, continue de susciter des réactions. L’homme politique s’est longuement exprimé sur les questions d’actualité, insistant sur la nécessité d’une réconciliation nationale et d’une fin définitive des divisions qui fragilisent le Sénégal.

Abdourahmane Diouf a notamment rappelé l’importance du pardon, soulignant que les désirs de vengeance entre les régimes successifs ne doivent pas guider la politique nationale. « Les questions de justice sont importantes, mais il faut savoir pardonner. La justice ne doit pas constituer le bras armé du pouvoir », a-t-il martelé. Selon lui, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a un rôle clé à jouer dans ce processus de cohésion : « Il n’est pas le président d’un parti, mais celui de toute une Nation. Il ne doit pas appliquer une justice des vainqueurs. Il doit être à équidistance des questions de justice. »

Le leader du parti Awalé a également lancé un appel solennel au chef de l’État pour qu’il assume pleinement ses responsabilités, afin d’éviter que le pays ne sombre dans des fractures sociales susceptibles de freiner sa construction et son développement. Pour Abdourahmane Diouf, l’avenir du Sénégal repose sur une justice équitable, un dialogue national apaisé et une gouvernance centrée sur l’intérêt de la nation plutôt que sur les conflits partisans.

Bref, l’affaire porte sur un marché colossal de 45 322 463 170   FCFA, visant la construction et la réhabilitation de 143 bâtiments universitaires à travers le pays.

Cinq lots ont été répartis entre les universités sénégalaises :
 

Le premier, dédié à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, est estimé à 9 028 458 851 FCFA, tandis que celui de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis atteint 7 887 200 253 FCFA.

Le troisième, englobant les universités Iba Der Thiam de Thiès et Alioune Diop de Bambey, s’élève à 18 021 043 141 FCFA.

Le quatrième concernant l’Université Assane Seck de Ziguinchor, représente 6 782 310 379 FCFA.Et le cinquième lot , qui réunit l’Université virtuelle du Sénégal et l’Université Amadou Mahtar Mbow, totalise 3 603 450 546 FCFA.

Ces chiffres, issus de documents officiels, témoignent de l’ampleur du projet, piloté à l’époque par le ministère de l’Enseignement supérieur sous la supervision technique et financière de la Primature.

Depuis l’arrivée du nouveau régime, la Primature contrôle de près les grands projets publics. Ousmane Sonko a mis en place une équipe d’experts chargée de réexaminer les coûts des marchés hérités de l’ancien gouvernement afin d’éviter les dérives financières.
 

C’est dans ce contexte que les entreprises lauréates — Mega Plus, La Falaise, Sarre Technobat et CG2I — ont été conviées à la Primature pour intégrer de nouvelles prestations non prévues initialement.

Ces ajustements auraient alimenté les soupçons de surfacturation évoqués par le Premier ministre.

Ce programme, voulu par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre, vise à moderniser les campus et mettre fin aux grèves récurrentes dues au manque d’infrastructures.
  

La procédure a été menée par la Direction de la Maintenance, des Constructions et des Équipements de l’Enseignement supérieur (DMCEES), sous le contrôle de la Direction centrale des marchés publics (DCMP).

Tous les procès-verbaux d’attribution et de validation ont été régulièrement signés par les instances techniques, sans intervention directe du ministre Diouf, dont le rôle se limitait à suivre le projet et à signer les contrats en fin de procédure.

Autrement dit, le ministre ne participait ni à l’évaluation, ni au choix des entreprises, ni à la fixation des montants.  

C’est dans ce contexte que les entreprises lauréates — Mega Plus, La Falaise, Sarre Technobat et CG2I — ont été conviées à la Primature pour intégrer de nouvelles prestations non prévues initialement.

Ces ajustements auraient alimenté les soupçons de surfacturation évoqués par le Premier ministre.  

Pourtant aucun contrat n’a encore été signé ni par le ministère ni par les sociétés concernées.

Le coût global de 45 milliards FCFA, arrêté depuis novembre 2024, n’a pas été modifié après six mois d’examen à la Primature.

Mieux encore : les 45 milliards n’ont été inscrits au budget qu’à la suite du passage de Daouda Ngom à l’Assemblée nationale, avant d’être adoptés dans la loi de finances.

Cependant, des zones d’ombre persistent. Des soupçons planent sur des contrats supposément conclus, mais qui, selon certaines sources, n’auraient jamais été signés par le principal mis en cause, l’ancien ministre Abdourahmane Diouf, avant son départ du gouvernement.

Rentré hier soir de Belem (Brésil), Abdourahmane Diouf est attendu aujourd’hui à 16h à l’Assemblée nationale pour fournir des explications sur ce dossier explosif, devenu un sujet de vive controverse dans l’opinion publique.

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