DAKAR, 03 Avril 2026(JVFE)-L’affaire opposant Ousmane Sonko à Mame Mbaye Niang est un dossier de diffamation qui a marqué la scène politique sénégalaise. Initialement clos par une condamnation définitive, le dossier connaît un rebondissement majeur début 2026 avec une procédure de révision.
Pour rappel, l’affaire a débuté lorsque Ousmane Sonko a accusé Mame Mbaye Niang, alors ministre, d’avoir été épinglé dans un rapport de l’Inspection Générale d’État (IGE) ou de l’IGF concernant la gestion du PRODAC (Programme des Domaines Agricoles Communautaires).
Du coup,l’affaire PRODAC a éclaté fin 2022 lorsque Ousmane Sonko a accusé Mame Mbaye Niang, alors ministre, de malversations basées sur un rapport d’inspection. Sonko a d’abord cité l’IGE, puis l’IGF, concernant une gestion controversée de 29 milliards de FCFA. Mame Mbaye Niang a nié l’existence de ce rapport et a porté plainte pour diffamation.
- Le début de l’affaire (Novembre 2022) : Ousmane Sonko affirme détenir un rapport de l’Inspection Générale d’État (IGE) épinglant Mame Mbaye Niang pour des détournements présumés de 29 milliards de FCFA dans la gestion du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (PRODAC).
- La riposte et le “lapsus” : Mame Mbaye Niang dément formellement l’existence de ce rapport et poursuit Sonko pour diffamation, injures publiques et faux. Lors de l’enquête, Sonko évoque un “lapsus” et parle plutôt d’un rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF).
- Controverses sur le rapport : L’IGF déclare dans un premier temps qu’aucun rapport ne met directement en cause le ministre, mais mentionne plutôt des enquêtes sur le contrat avec l’entreprise Green 2000.
- Procès et Condamnation (2023) : Sonko est condamné en diffamation à deux mois avec sursis et 200 millions de F CFA de dommages et intérêts.
- Révision de l’affaire (2025-2026) : Ousmane Sonko, devenu Premier ministre, initie une procédure de révision, s’appuyant sur l’apparition d’un nouveau document. En janvier 2026, la défense de Mame Mbaye Niang dépose une plainte pour “faux, usage de faux et tentative d’escroquerie au jugement”, alléguant que le document produit par Sonko est un faux.
L’affaire porte sur le versement de fonds à un prestataire israélien et l’éventuelle responsabilité du ministre de tutelle de l’époque.
- Verdict initial : Ousmane Sonko a été condamné en appel à 6 mois de prison avec sursis et 200 millions de FCFA de dommages et intérêts.
- Conséquence politique : Cette condamnation, confirmée par la Cour suprême en janvier 2024, avait entraîné son inéligibilité pour l’élection présidentielle de 2024.
Développements récents (2025 – 2026)
Depuis fin 2025, la défense d’Ousmane Sonko a entrepris des démarches pour rouvrir le dossier :
- Demande de révision : En décembre 2025, une requête en révision a été déposée, invoquant un “fait nouveau”.
- Bataille judiciaire actuelle : En février 2026, le dossier a été renvoyé à plusieurs reprises devant les tribunaux. Le procureur général a examiné les failles potentielles de la procédure de révision.
- Situation au 3 avril 2026 : La bataille juridique entre dans une phase décisive concernant la validité de cette révision de procès. La Cour suprême a récemment rejeté un rabat d’arrêt, mais de nouvelles saisines sont en cours pour contester les décisions précédentes.
Mame Mbaye Niang, de son côté, continue de nier l’existence de tout rapport l’incriminant et maintient sa position face aux nouvelles requêtes de la partie adverse.
Ousmane Sonko par le canal de ses avocats a demandé une révision du procès contre Mame Mbaye Niang à la cour suprême. Les conseils de Ousmane Sonko ont invoqué un « fait nouveau ».
Le « fait nouveau » : La défense invoque de nouveaux éléments, notamment liés au rapport du PRODAC (Programme de domaine agricole communautaire) et à une prétendue “mutation frauduleuse” du dossier, arguant qu’il s’agit d’une correction d’une “erreur judiciaire”.
Cette procédure vise à annuler la condamnation définitive (six mois de prison avec sursis et 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts) prononcée dans l’affaire de diffamation, après le rejet de leurs précédents recours par la Cour suprême en 2024 et 2025.
Les avocats de Mame Mbaye Niang ont rejeté cette demande, estimant que l’affaire est définitivement close.
Cette démarche s’inscrit dans un nouveau chapitre de la bataille judiciaire entre Ousmane Sonko et Mame Mbaye Niang qui a rebondi début 2026.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
