DAKAR, 02 février 2026(JVFE)-Le Bénin a procédé, vendredi 30 janvier 2026, au retrait du bataillon d’infanterie mécanisé de l’armée nigériane déployé sur la base militaire de Togbin depuis décembre, à la suite de la tentative de coup d’État avortée du 7 décembre 2025. Cette mission, menée dans le cadre de la coopération régionale et sous l’égide de la CEDEAO, visait à appuyer les forces béninoises dans la sécurisation des institutions et des populations.
Le Bénin a acté, vendredi 30 janvier 2026, le retrait du bataillon d’infanterie mécanisé de l’armée nigériane stationné depuis décembre sur la base militaire de Togbin, en périphérie de Cotonou.
Pour rappel,des militaires avaient annoncé, ce dimanche 7 décembre, avoir démis Patrice Talon de ses fonctions de président de la République du Bénin.
Dans une déclaration lue sur la télévision nationale à l’aube, ils invoquent une série de griefs : « dégradation de la situation sécuritaire au nord du pays », « attribution des marchés publics sans transparence », « vote de lois crisogènes », « exclusion totale d’acteurs politiques aux idées jugées contraires à la gouvernance de M. Patrice Talon », ainsi que la « dégradation des conditions de vie des militaires et des enseignants ».
Le mouvement était conduit par une structure nouvellement créée, le Comité militaire pour la refondation, présidé par le Lieutenant-colonel Pascal Tigri.
L’instance affirme avoir suspendu la constitution adoptée en novembre dernier, ordonné la fermeture immédiate des frontières et placé l’armée à la tête des affaires de l’État.
« Quant aux vaillantes populations, l’armée les invite à vaquer librement à leurs occupations dans la paix et la tranquillité. À la communauté internationale, le Comité militaire pour la refondation rassure que les engagements internationaux du Bénin ainsi que les droits humains seront respectés », indique la déclaration diffusée en boucle sur la télévision nationale au moment où nous mettons en ligne.
Selon nos informations de source sécuritaire, le coup d’état avorté était parti du camp militaire de Ouidah.
Le groupe de sous-officiers et d’officiers à l’origine du soulèvement aurait à sa tête le lieutenant-colonel Tigri, officier d’infanterie, commandant des forces spéciales, un noyau rejoint plus tard par des éléments de la garde nationale stationnés à Cotonou. Les putschistes ont réussi à prendre contrôle de la télévision et de la radio avant d’en être délogés par des éléments loyalistes de la garde républicaine.
Le président Patrice Talon n’était pas au palais mais retranché dans son domicile. Il n’y était pas seul : des éléments de la Garde républicaine, restés fidèles, encerclaient la maison et assuraient la protection de sa famille.
Autour de cette résidence, les tensions se sont matérialisées en feu nourri.
Des échanges de coups de feu ont eu lieu et, au cours de ces accrochages, un char appartenant aux mutins a été touché et endommagé. C’est un détail militaire, mais politiquement lourd : cela signifie qu’on ne s’est pas contenté de négocier ou de manœuvrer – il y a eu confrontation directe entre les deux camps.
Du reste, le malaise est profond. Le noyau de la tentative de renversement ne vient pas d’une unité marginale, mais des forces spéciales,un corps pourtant créé et mis en place par le régime Talon. La logique du putsch n’était pas la « démission » mais la destitution du président : c’est bien le renversement du pouvoir en place qui est visé, et non une simple pression pour obtenir des concessions.
Ce contingent avait été déployé à la suite de la tentative de coup d’État avortée du 7 décembre 2025, dans un contexte de fortes tensions sécuritaires.
Une cérémonie officielle de fin de mission s’est tenue en présence des autorités militaires et diplomatiques des deux pays. À cette occasion, le chef d’état-major général des Forces armées béninoises, le général de corps d’armée Fructueux Gbaguidi, a salué l’engagement et le professionnalisme des soldats nigérians, exprimant la reconnaissance des autorités béninoises pour le soutien apporté durant cette période jugée sensible.
Selon l’état-major béninois, l’intervention nigériane avait été sollicitée par le président Patrice Talon auprès de son homologue Bola Ahmed Tinubu, dans le cadre des mécanismes de solidarité régionale portés par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). La mission consistait à appuyer les forces béninoises dans la sécurisation des institutions républicaines et la protection des populations.
Le contingent, composé d’environ 200 militaires, avait opéré aux côtés de la Garde républicaine et des unités de l’armée béninoise. Les autorités estiment que ce dispositif conjoint a contribué à contenir les risques de déstabilisation et à rétablir un climat de sécurité après les événements de décembre. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs hauts responsables militaires béninois, dont le commandant de la Garde républicaine et le chef d’état-major de la Garde nationale, ainsi que de l’ambassadeur du Nigeria au Bénin, Olukayode Olugbenga Aluko.
Pour Cotonou, ce désengagement marque la fin d’une mission ponctuelle, tout en mettant en avant la solidité de la coopération militaire entre les deux pays voisins. Les autorités béninoises ont également rappelé l’importance du rôle de la CEDEAO dans la prévention des crises et le maintien de la stabilité en Afrique de l’Ouest, dans un contexte régional marqué par des fragilités sécuritaires persistantes.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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