DAKAR, 1ER AOUT 2026 (JVFE)—Une intensification majeure des tensions géopolitiques est caractérisée par des discussions stratégiques américano-israéliennes contre l’Iran, des violences persistantes en Cisjordanie et les préparatifs militaires de l’Arabie saoudite face aux Houthis.
Lors de leur rencontre à la Maison Blanche, le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont exploré l’option d’un blocus terrestre total contre l’Iran.
Isoler complètement Téhéran en asphyxiant ses flux d’importation et d’exportation. Cela permet d’exercer une pression maximale par des moyens physiques et environnementaux.
Ce projet nécessite de couper les voies terrestres via les sept pays frontaliers de l’Iran. Plusieurs d’entre eux ne sont pas alignés sur la politique de Washington.
Le plan de paix américain : Cet accord s’inscrit dans la deuxième phase d’une feuille de route supervisée par les États-Unis via un « Conseil de paix ». La première phase s’était achevée par la libération réciproque des otages et de prisonniers.
Le succès de l’accord sur le désarmement du Hamas, conclu sous l’égide des Etats-Unis en vue d’une fin des hostilités entre Israël et le mouvement islamiste palestinien, dépendra de la pleine implication de « toutes les parties », a jugé vendredi la cheffe de la diplomatie de l’UE.

« Vérifier le respect des engagements par le Hamas constituera un défi de taille. Israël devra in fine se retirer de Gaza », a-t-elle ajouté, en rappelant ce qu’implique ce plan de paix souhaité par Washington.
« De nombreux éléments doivent se mettre en place pour que cela fonctionne. Le succès dépend de l’engagement total de toutes les parties », a estimé Kaja Kallas dans un message sur X.
Le mouvement islamiste a confirmé avoir accepté l’accord « concernant la question des armes » afin de soulager la population civile. Il prévoit de transférer la gestion de l’arsenal au Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), une structure de technocrates palestiniens.
Le gouvernement de Benyamin Netanyahou est resté officiellement silencieux, tandis qu’une source politique a martelé qu’aucun retrait militaire n’aurait lieu avant un désarmement réel et vérifié. Les membres de l’extrême droite israélienne, à l’image d’Itamar Ben Gvir, ont immédiatement qualifié cet accord d’« inacceptable ».
L’Union européenne s’est dite prête à appuyer les étapes suivantes, notamment le déploiement d’une Force internationale de stabilisation pour veiller à la transition sécuritaire sur le terrain.
L’entrée en scène de l’Arabie saoudite aux côtés des États-Unis pour bombarder des milices pro-iraniennes en Irak marque un tournant historique et une escalade majeure dans la guerre régionale. Menées conjointement par l’US Air Force et l’aviation saoudienne, ces frappes nocturnes ont plongé le Moyen-Orient en « territoire inconnu » en brisant la posture de prudence que Riyad observait jusqu’ici.
Le bilan et le ciblage des frappes
- Les cibles : Les avions de combat ont visé plusieurs sites logistiques, des centres de commandement et des dépôts d’armes de la coalition du Hachd al-Chaabi (factions chiites pro-Iran intégrées aux forces armées irakiennes). Les provinces de Bagdad, Ninive (Mossoul, Bartalla), Kirkouk et Bassorah ont été touchées.
- Le bilan humain : L’attaque a fait au moins 20 morts et 32 blessés parmi les miliciens irakiens. Le gouvernement iranien a également confirmé la mort de quatre conseillers des Gardiens de la révolution (CGRI) présents en Irak.
Les raisons du basculement saoudien
L’implication directe du royaume saoudien s’explique par deux facteurs critiques :
- La riposte aux drones : Riyad invoque la légitime défense après avoir subi une trentaine d’attaques de drones ces derniers jours visant ses infrastructures énergétiques. Bien que les milices irakiennes nient toute responsabilité, Washington et Riyad imputent ces lancements au territoire irakien sous l’impulsion de l’Iran.
- L’asphyxie des voies maritimes : Cette intervention survient alors que les rebelles Houthis du Yémen (soutenus par l’Iran) imposent un blocus naval partiel en mer Rouge contre les pétroliers saoudiens, tandis que Téhéran verrouille à nouveau le détroit d’Ormuz. L’Arabie saoudite s’est ainsi résolue à agir militairement pour desserrer l’étau iranien.
Les réactions politiques et diplomatiques
- Irak : Le Conseil national de sécurité irakien a fustigé une « violation flagrante de sa souveraineté nationale ». Le Premier ministre irakien a immédiatement annulé sa visite diplomatique officielle prévue à Riyad. Bagdad exige des preuves que les attaques de drones contre l’Arabie saoudite provenaient bien de son sol.
- États-Unis : Le président Donald Trump a durci le ton après l’interception de missiles iraniens ayant visé des bases américaines en Jordanie. Il a promis de « frapper très fort » Téhéran (« Ils vont prendre une raclée »), tout en poursuivant parallèlement des dynamiques de négociations complexes en coulisses.
- Iran : Téhéran a fermement condamné l’agression et les milices pro-iraniennes en Irak ont d’ores et déjà menacé de lancer des représailles inévitables visant les intérêts américains et les infrastructures saoudiennes.
Un impact économique immédiat
Les marchés financiers ont immédiatement réagi à cette extension du conflit à la péninsule arabique. Après une courte période de répit, le prix du baril de pétrole Brent a bondi de près de 4 % pour s’échanger au-dessus de 87 dollars, reflétant la crainte des marchés quant à une fermeture prolongée et structurelle des routes d’approvisionnement en hydrocarbures de la région.
Les analystes s’accordent à dire que le passage d’une guerre de procuration (via des milices) à des affrontements directs impliquant l’Arabie saoudite, l’Irak, l’Iran et les États-Unis fait entrer le conflit dans une phase d’imprévisibilité totale
🏹 Violences en Cisjordanie (Secteur de Tell)
La région de Naplouse reste un foyer d’affrontements aigus entre résidents palestiniens et colons israéliens. [
Un jeune Palestinien a été blessé par balle à l’abdomen dans le quartier d’al-Junaid. Le tir est survenu lors d’une marche de colons commémorant la mort de deux Israéliens tués la semaine précédente à Tell.
Le Premier ministre israélien a répliqué aux pertes israéliennes à Tell en promettant la création de nouvelles colonies dans le secteur. Les tensions se traduisent par des incursions locales répétées et des vagues d’arrestations par l’armée israélienne.
⚓ Offensive saoudienne imminente contre les Houthis
La trêve de quatre ans entre Riyad et les rebelles yéménites s’est effondrée en juillet, ouvrant la voie à une confrontation directe d’envergure.
L’Arabie saoudite se prépare à une offensive militaire majeure contre les Houthis, par voie maritime et peut-être aussi terrestre, dans le centre du Yémen, selon des sources yéménites, afin de briser l’étau qui bloque ses exportations de pétrole via le sud de la mer Rouge.
Les forces saoudiennes se retirent de l’est du Yémen, ce qui pourrait annoncer une offensive terrestre. Parallèlement, Riyad s’efforce de constituer une coalition navale pour protéger la navigation contre les attaques houthies en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Le ministère saoudien de la Défense a déclaré jeudi que 14 États, dont la Turquie, le Pakistan, l’Égypte, le Soudan et Djibouti, avaient publié une déclaration commune soutenant une coalition multinationale de défense maritime.
Les Houthis ont décrété un blocus naval contre l’Arabie saoudite en mer Rouge. Ils ont concrétisé cette menace en attaquant deux pétroliers saoudiens.
Selon des sources yéménites , l’Arabie saoudite prépare une offensive massive, à la fois navale et terrestre. Des mouvements de troupes indiquent une concentration de forces pour reprendre le gouvernorat central d’al-Bayda. Riyad entend défendre ses infrastructures économiques tout en cherchant à dissocier ce conflit d’une guerre ouverte avec l’Iran.
Les Houthis , alliés de l’Iran et qui contrôlent Sanaa, la capitale du Yémen, ainsi qu’une grande partie de son littoral de la mer Rouge, ont annoncé le 20 juillet qu’ils mettaient en place un blocus contre les navires saoudiens, mais ils ont nié avoir l’intention d’imposer des droits de douane à tous les navires.
Le groupe affirme qu’il lèvera le blocus dès que l’Arabie saoudite lèvera le sien sur le Yémen, présentant le différend comme portant sur l’avenir du pays et non directement sur l’Iran.
L’Arabie saoudite est intervenue dans la guerre civile yéménite en 2015 pour soutenir le gouvernement yéménite reconnu par l’ONU face aux rebelles houthis.
Riyad a également demandé aux États-Unis et à un groupe de pays européens, dont l’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Italie, de rejoindre une coalition pour la mer Rouge.
L’UE dispose déjà d’une mission de protection navale, Aspides, opérant en mer Rouge, et on ignore encore si les Houthis mettent en place un blocus général ou un blocus dirigé uniquement contre l’Arabie saoudite.
Les forces houthies ont déclaré le 25 juillet avoir frappé des sites de transport pétrolier « sensibles » à l’intérieur de l’Arabie saoudite, reliant les champs pétrolifères de la province orientale à un centre d’exportation de la mer Rouge.
Si la route de la mer Rouge est fermée à la navigation saoudienne en plus du blocus du détroit d’Ormuz de l’autre côté de la péninsule arabique, les exportations de pétrole du royaume seront fortement compromises.
Avant la guerre Iran-Arabie saoudite, jusqu’à 80 % des exportations de pétrole brut saoudien transitaient par le détroit d’Ormuz. La mer Rouge a donc pris une importance accrue, plus de la moitié du pétrole saoudien étant désormais acheminée par voie terrestre jusqu’aux terminaux de chargement du port de Yanbu.
Des frappes saoudiennes en Irak, menées mercredi, ont fait au moins 20 morts en représailles à des attaques menées par des milices irakiennes contre ses installations pétrolières. Donald Trump a affirmé que ces attaques conjointes américano-saoudiennes avaient été menées avec l’accord du gouvernement irakien, une allégation que Bagdad n’a pas confirmée.
Le ministre saoudien de la Défense, le prince Khalid ben Salmane, a rencontré en urgence Donald Trump et J.D. Vance mercredi afin de discuter des prochaines étapes. Les Saoudiens tiennent à démontrer leur détermination à défendre leur pays et leur industrie, mais refusent d’intensifier le conflit avec l’Iran, arguant que les différends entre les États-Unis et l’Iran peuvent encore être réglés par la voie diplomatique.
Les mouvements de troupes à l’intérieur du Yémen visent à concentrer les forces en vue de ce qui pourrait être une attaque contre al-Bayda, un gouvernorat du centre-sud du Yémen conquis par les Houthis en 2020-2021, ont indiqué les sources.
Des combats ont éclaté ces deux dernières semaines entre les Houthis et l’Arabie saoudite, les Houthis lançant des attaques contre les installations de Saudi Aramco. Ces frappes en Arabie saoudite sont survenues quelques heures après des frappes aériennes saoudiennes visant des sites contrôlés par les Houthis dans le port d’Hodeïda et après l’attaque d’un troisième navire commercial saoudien en mer Rouge.
L’Arabie saoudite et les Houthis se disputent le contrôle du Yémen depuis plus d’une décennie et un statu quo fragile s’est effondré au cours du mois dernier.
Les tensions au Yémen s’apaiseraient si les États du Golfe et l’Iran parvenaient à un accord pour la réouverture du détroit d’Ormuz. Les pourparlers entre Oman et l’Iran se poursuivent, ce dernier exigeant que toute la navigation emprunte une voie maritime au nord, près de ses côtes.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
