DAKAR,03 AVRIL 2026(JVFE)-À l’occasion de l’an 1 de la Révolution Progressiste Populaire (RPP), le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a accordé un entretien à la presse nationale et internationale. Durant cet échange de plus de deux heures, le chef de l’État a dressé un bilan sans concession de sa gouvernance, axé sur la reconquête territoriale, l’indépendance militaire et une refondation économique.
Le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, a marqué le 1er avril 2026 le premier anniversaire de la Révolution Progressiste Populaire (RPP) par un discours réaffirmant une stratégie de souveraineté totale pour le Burkina Faso.
Le premier volet de cet entretien a été consacré à la sécurité. Le Capitaine Traoré a affirmé que l’armée burkinabè a désormais repris l’initiative de la manœuvre face aux groupes terroristes. Il a notamment cité la reconquête de localités comme Pétoli au nord, ou encore Nadiagou à l’est, des zones autrefois sanctuarisées par l’ennemi.
Le gouvernement affirme désormais contrôler environ 74 % du territoire national (contre ~71 % fin 2024).
L’année 2026 est placée sous le signe d’une montée en puissance continue de l’armée et des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) pour atteindre les frontières.
Le Président appelle à l’esprit révolutionnaire en insistant sur la nécessité de fabriquer les armes et équipements militaires localement pour ne plus dépendre des Lancement d’un plan massif de 64 milliards de dollars visant à restructurer l’économie et favoriser une croissance inclusive.
Décision de construire des centrales nationales pour garantir l’autonomie en électricité.
Poursuite de l’appropriation et du contrôle accru des ressources minières par l’État.
- Discours de dignité : Ibrahim Traoré a vigoureusement déclaré que « l’Africain n’est pas un sous-homme » et a appelé à la fin des comportements hérités de l’époque coloniale.
- Production de consommation : Appel aux citoyens à consommer burkinabè (chaussures, vêtements, lunettes) et à soutenir l’artisanat local pour couper les liens de dépendance avec les « impérialistes ».
- Infrastructures : Modernisation via des constructions en hauteur, le développement de l’internet universitaire et la création de centres médicaux communaux.
La grande rupture réside toutefois dans la méthode. Le Burkina Faso a mis fin aux formations militaires dispensées par des puissances occidentales. « Aujourd’hui, tout est endogène », a martelé le président, précisant que ce sont désormais des Burkinabè qui conçoivent les tactiques et forment les hommes en fonction des réalités du terrain.
Cette montée en puissance s’accompagne d’une baisse significative du nombre de Personnes déplacées internes (PDI), passé de deux millions à moins d’un million grâce aux réinstallations en cours.
Sur le plan économique, le Burkina Faso a atteint des sommets historiques en mobilisant plus de 2 300 milliards de FCFA de ressources propres en 2025. Cette performance est attribuée aux réformes courageuses menées au sein des régies financières et à une lutte acharnée contre la corruption, illustrée par la médiatisation des « caméras KORAG ».
Le Capitaine Traoré a également détaillé son ambition industrielle sous le slogan « Mon assiette, ma fierté ». L’objectif est clair à savoir produire, transformer et consommer localement. Le pays investit massivement dans la production de blé pour ne plus importer de farine, ainsi que dans la transformation du coton burkinabè.
Pour garantir sa souveraineté financière face aux blocages internationaux, l’État constitue désormais des réserves d’or stratégiques, utilisées comme valeur de change.
Le Président a réitéré son rejet catégorique de la démocratie occidentale, qu’il juge inadaptée et meurtrière pour les peuples africains, citant le chaos libyen comme exemple. Il prône un modèle burkinabè où la chefferie coutumière retrouve un rôle central de médiation sociale et de justice de proximité, tout en étant strictement détachée des jeux politiques partisans.
En outre, une nouvelle loi sur les libertés religieuses vise à réguler les prêches pour empêcher l’endoctrinement extrémiste. « Il faut que nous ayons un document unique et que partout on puisse prêcher la même chose » pour désamorcer le discours terroriste, a-t-il expliqué.
Au niveau confédéral, la priorité de la présidence du Burkina au sein de l’AES est la mise en place d’une force armée puissante et autonome, capable d’intervenir partout dans l’espace sahélien. Le Capitaine Traoré a également appelé à une intégration réelle pour supprimer les tracasseries administratives aux frontières.
Concernant les relations internationales, le président a salué le Togo comme un « pays frère » pour son soutien durant les crises. Quant à la Russie, il a précisé qu’elle est un partenaire stratégique pour l’équipement, mais a insisté sur le fait qu’aucun soldat étranger ne combat sur le sol burkinabè. « Ce sont les soldats burkinabè qui se battent et qui reconquièrent nos terres », a-t-il déclaré.
Le Capitaine Traoré a lancé un appel vibrant à la jeunesse africaine, l’exhortant à délaisser les futilités des réseaux sociaux pour se consacrer à la science et à la technique. « Tout le monde a un cerveau. Croyons en nous, c’est possible », a-t-il lancé, plaidant pour une véritable « décolonisation mentale » indispensable au développement de l’Afrique.
Cette posture s’inscrit dans la continuité de la rupture avec les partenaires traditionnels (France, CEDEAO) au profit de nouvelles alliances avec la Russie, la Chine, la Turquie, et au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
