DAKAR, 08 février 2026(JVFE)-Lors de la deuxième journée du salon SeaFood4Africa 2026 à Dakhla (5 février 2026), le panel « Aquaculture africaine, de la vision à l’action » a marqué une étape clé dans le passage de la stratégie à l’industrialisation du secteur.
Placé sous le Haut Patronage de SA MAJESTE LE ROI MOHAMMED VI et porté par la Vision Royale pour la coopération Sud-Sud, ce forum a été l’occasion de dialoguer entre experts nationaux et internationaux dans le cadre d’un cycle de conférences dont les thématiques sont alignées avec les priorités de la collectivité halieutique continentale notamment la durabilité de l’Océan, l’utilisation durable des ressources marines vivantes, le développement d’une aquaculture inclusive, la construction d’une industrie halieutique moderne, l’innovation, la digitalisation, la sécurité alimentaire et la résilience face aux changements climatiques pour l’émergence d’une économie bleue continentale.
Responsables publics, acteurs privés et institutions régionales ont confronté leurs stratégies, expériences de terrain et ambitions respectives en matière d’aquaculture.
Il est à signaler que des ministres chargés de la pêche maritime et de l’aquaculture d’Etats membres de la COMHAFAT ont également participé à la cérémonie inaugurale de ce Forum sur invitation de la FENIP.
Pour rappel, la FENIP est une organisation professionnelle marocaine créée le 21 novembre 1996. Elle regroupe des associations de professionnels de l’industrie de la pêche qui englobent +300 entreprises de transformation et de valorisation des produits de la mer opérant dans les six branches d’activités du secteur halieutique et industriel marocain.
Du Maroc au Ghana, du Sénégal à l’UEMOA, une même conviction a émergé : l’Afrique ne manque ni de ressources ni d’idées, mais doit désormais accélérer la mise en œuvre pour faire de ce secteur un véritable levier de souveraineté alimentaire et de croissance à la seconde édition du Forum international « SEAFOOD4AFRICA »
Voici les points saillants abordés par les experts et officiels présents :
- Maturité Stratégique : Les intervenants ont souligné que l’Afrique ne manque plus de ressources ni de visions, mais doit désormais se concentrer sur le « comment faire » pour transformer l’aquaculture en un levier réel de souveraineté alimentaire.
- Cap Industriel : L’accent a été mis sur la nécessité de franchir le cap de la production artisanale vers une échelle industrielle pour répondre aux défis climatiques et économiques.
- Coopération Sud-Sud : Le forum, porté par la vision marocaine de coopération continentale, a servi de plateforme pour harmoniser les stratégies entre des pays comme le Maroc, le Ghana et le Sénégal.
- Rôle de l’ANDA : L’Agence Nationale pour le Développement de l’Aquaculture (ANDA) a activement participé pour partager l’expérience marocaine en tant que hub de l’économie bleue.
Une Afrique qui réfléchit moins à « ce qu’il faut faire » qu’à « comment le faire, maintenant ».
Les intervenants ont partagé une conviction commune : l’aquaculture africaine est entrée dans une phase de maturité stratégique, mais doit encore franchir le cap industriel pour répondre aux enjeux alimentaires, économiques et climatiques du continent.
Le marché comme moteur de transformation Pour Majida Maarouf, directrice générale de l’Agence nationale pour le développement de l’aquaculture (ANDA), le principal blocage n’est plus technologique. Selon elle, les solutions existent, mais les stratégies restent fragmentées et les chaînes de valeur insuffisamment intégrées. Tant que l’Afrique continuera à exporter des matières premières pour réimporter des produits transformés, l’aquaculture restera marginale. Elle voit dans la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), à l’horizon 2030, un levier majeur pour structurer le commerce intra-africain, encourager la transformation locale et renforcer la sécurité alimentaire. «C’est le commerce qui va développer l’aquaculture», a-t-elle insisté, appelant à penser le secteur à l’échelle continentale.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

