Guerre en Ukraine : l’UE ne s’accorde pas sur de nouvelles sanctions contre la Russie,bloquées par la Hongrie

DAKAR, 24 février 2026(JVFE)-Ce 23 février 2026, le président Emmanuel Macron a appelé à une interdiction totale des services maritimes pour les exportations de pétrole russe. 

Emmanuel Macron a appelé l’Union européenne à “avancer” pour adopter un 20e paquet de sanctions contre la Russie, bloqué par la Hongrie. 

“Nous continuerons d’augmenter la pression sur la Russie. Nous devons avancer sur le 20e paquet de sanctions de l’Union européenne et des discussions se tiendront dans les prochains jours”, a-t-il dit au côté de son homologue finlandais, Alexander Stubb, alors que la guerre en Ukraine entre mardi dans sa cinquième année.

La Commission européenne a mis sur la table un nouvel ensemble de sanctions contre la Russie depuis son invasion de l’Ukraine le 24 février 2022, en vue d’une adoption par les ministres des Affaires étrangères avant mardi, date anniversaire de cette invasion.

Ce 20e paquet, présenté par Ursula von der Leyen, devrait cibler le secteur bancaire et l’énergie, avec une interdiction des services maritimes aux pétroliers russes.

A la veille du quatrième anniversaire de la guerre en Ukraine, le président de la République plaide pour l’adoption d’un 20e paquet de sanctions contre Moscou. Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, proche de Vladimir Poutine, a annoncé ce week-end son intention de bloquer cette adoption.

Les ambassadeurs de l’UE ne sont pas parvenus vendredi à un accord sur le 20e paquet de sanctions du bloc contre la Russie, une interdiction proposée des services maritimes pour les pétroliers russes restant l’obstacle principal alors qu’approche le 24 février, quatrième anniversaire de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par Moscou.

Mais le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, proche de Vladimir Poutine, a annoncé ce week-end son intention de bloquer cette adoption, tant que son pays n’aura pas obtenu la reprise des livraisons de pétrole russe via un oléoduc, actuellement endommagé et qui traverse l’Ukraine.

Emmanuel Macron a aussi affiché sa détermination à “mettre en œuvre le prêt [européen] de 90 milliards d’euros” en faveur de l’Ukraine dont le principe a été adopté en décembre par l’UE. Viktor Orban a assuré qu’il bloquerait également l’adoption de ce prêt, pour les mêmes raisons. “Les engagements politiques et la parole donnée au dernier Conseil européen seront tenus. Il ne peut en être autrement”, a martelé le chef de l’Etat.

Cette déclaration s’inscrit dans une volonté d’intensifier la pression sur Moscou, en ciblant particulièrement les mécanismes de contournement des sanctions : 

  • Lutte contre la “flotte fantôme” : Le président insiste sur une “coordination maximale” pour entraver ces centaines de navires aux structures opaques qui permettent à la Russie d’exporter son brut hors des radars occidentaux.
  • Impasse européenne : Cet appel intervient alors qu’un 20e paquet de sanctions est actuellement bloqué au sein de l’Union européenne, principalement en raison de l’opposition de la Hongrie, toujours dépendante des hydrocarbures russes.

Contexte de sécurité : Cette fermeté est renforcée par des rapports récents signalant la présence d’agents de sécurité russes à bord de certains navires de cette flotte à proximité des côtes européennes, soulevant des enjeux d’espionnage et de sécurité maritime. 

La cheffe de la politique étrangère de l’UE, Kaja Kallas, s’est dite confiante quant à l’adoption du paquet.

L’interdiction totale proposée des services maritimes remplacerait le plafonnement des prix du pétrole russe actuellement en vigueur par le G7, que Bruxelles considère comme inefficace pour réduire suffisamment les revenus énergétiques du Kremlin.

Dans le cadre de ce plan, les entreprises de l’UE se verraient interdire de fournir des services d’assurance, de transport maritime, bancaires ou autres aux navires transportant du pétrole brut russe, une mesure qui affecterait plus d’un tiers des exportations pétrolières russes actuellement transportées par des pétroliers occidentaux.uet de sanctions contre la Russie ».

Les négociations entre ambassadeurs devraient se poursuivre durant le week-end avant que les ministres des Affaires étrangères ne se réunissent à Bruxelles ce 23 février.

La Grèce et Malte, qui exploitent certaines des plus grandes flottes maritimes d’Europe, se sont opposées à cette proposition. Lors d’une réunion des ambassadeurs le 9 février, les deux pays ont averti que l’interdiction pourrait nuire à leurs industries maritimes et faire grimper les prix de l’énergie, et ont demandé des clarifications sur les dispositions connexes visant les ports étrangers qui traitent le pétrole russe. Le porte-parole du gouvernement maltais à Bruxelles a déclaré que le pays « participait aux discussions techniques pour s’assurer que le résultat final sera applicable ».

La Hongrie et la Slovaquie ont ajouté d’autres complications, utilisant leur droit de veto en raison de préoccupations concernant l’accès continu au pétrole russe via l’oléoduc Droujba et par la Croatie.

La Hongrie aurait également demandé le retrait de certaines personnalités russes des listes de sanctions.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dévoilé le 20e paquet de sanctions le 6 février, le décrivant comme un ensemble de mesures visant à contraindre la Russie « à s’engager sérieusement dans des discussions de paix ». Outre l’interdiction des services maritimes, le paquet prévoit l’inscription sur liste noire de 43 pétroliers supplémentaires de la flotte fantôme, portant le total de l’UE à 640, ainsi que la mise sous sanctions de 20 banques régionales russes supplémentaires.

De nouvelles restrictions à l’exportation d’une valeur supérieure à 360 millions d’euros couvrent des biens allant du caoutchouc aux services de cybersécurité, tandis que des interdictions d’importation d’une valeur de plus d’un demi-milliard d’euros visent les métaux, produits chimiques et minéraux critiques.

Ce paquet marquerait également la première utilisation de l’outil anti-contournement de l’UE, limitant les exportations de machines-outils et d’équipements radio vers le Kirghizistan en raison de préoccupations concernant les réexportations vers la Russie.

Le commissaire à l’Économie Valdis Dombrovskis a indiqué que l’UE ne « reculerait pas » devant l’adoption de l’interdiction maritime même sans le soutien total du G7, qualifiant un accord plus large de « condition préalable non absolue ». Kallas a présenté l’urgence en des termes sans équivoque : « Moscou n’est pas invincible. Son armée subit des pertes record et l’économie est sous forte pression. Mais Poutine ne mettra pas fin à cette guerre tant que les coûts ne dépasseront pas les bénéfices ».

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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