Plusieurs experts et responsables locaux montent au créneau pour dénoncer les coupes budgétaires massives imposées par le gouvernement de Benjamin Netanyahu

DAKAR,20 MARS 2026(JVFE)-À la mi-mars 2026, plusieurs experts et responsables locaux montent au créneau pour dénoncer les coupes budgétaires massives imposées par le gouvernement de Benjamin Netanyahu. Ces mesures d’austérité, justifiées par l’exécutif par les coûts exorbitants de la guerre, touchent des secteurs jugés vitaux pour la résilience du pays.

Des responsables des conseils régionaux, notamment dans le nord d’Israël et aux abords de la bande de Gaza, luttent activement contre ces réductions de budget. Ils estiment que ces coupes affaiblissent les infrastructures de sécurité et les services de base au moment où les populations locales sont les plus vulnérables. 

Bien que le gouvernement affirme vouloir préserver l’équilibre, des experts alertent sur le fait que la priorité absolue donnée à la défense se fait au détriment des dépenses sociales, aggravant les inégalités. 

L’économie israélienne subit une contraction marquée du PIB (en recul de 3,5 % à l’été 2025) en raison de la mobilisation massive des réservistes et de la chute des investissements. Les experts critiquent un manque de préparation économique face à une guerre prolongée. 

Le vote du budget 2026 à la Knesset reste extrêmement tendu. Outre les critiques sur l’austérité, le gouvernement fait face à la colère des partis orthodoxes concernant l’enrôlement militaire, ce qui fragilise la coalition lors des débats budgétaires. 

Ces critiques s’inscrivent dans un contexte plus large où le Premier ministre est également affaibli par des mandats d’arrêt internationaux et des rapports pointant des dépenses jugées excessives par ailleurs. 

Selon le Centre Berl Katznelson, les coupes dans la santé, l’éducation et la science auraient pu être évitées en cessant d’allouer des milliards de fonds de coalition aux écoles haredim.

La décision du gouvernement, en pleine guerre, d’augmenter sensiblement les fonds alloués aux priorités de la coalition tout en réduisant de 3 % les budgets de l’ensemble des ministères risque de nuire à la santé publique, à l’éducation et à d’autres services essentiels, ont averti plusieurs experts interrogés par The Times of Israel.

Selon la décision adoptée la semaine dernière d’augmenter les dépenses de défense de 28 milliards de shekels dans le contexte de la guerre avec la République islamique d’Iran, des coupes de 84,3 millions de shekels seront opérées au ministère des Affaires sociales, de 66,6 millions au ministère de la Santé et de 65,8 millions dans le budget de l’Éducation. Elles incluent également une réduction de 55 millions de shekels dans les budgets consacrés à la science, à la culture et au sport.

Ces coupes ont immédiatement suscité des objections de la part des communautés vivant le long des frontières avec le Liban et Gaza, qui contestent la réaffectation d’environ 150 millions de shekels « destinés à restaurer et à renforcer les zones de première ligne de l’État d’Israël ».

Elles ont également provoqué l’inquiétude d’experts de premier plan en santé publique, dont le professeur Hagai Levine, président de l’Association israélienne des médecins de santé publique.

« La guerre porte un coup sévère à la santé publique, provoquant de graves perturbations dans la prestation des services médicaux, et nécessitera un plan de relance sanitaire. C’est pourquoi il faut augmenter le budget, et non le réduire de manière générale », a déclaré Levine au Times of Israel.

Le conflit actuel avec le régime iranien s’ajoute à « deux années de guerre difficile marquées par un épuisement grave du personnel, des dégâts matériels dans des établissements comme l’hôpital Soroka, une pénurie chronique de main-d’œuvre qualifiée et de faibles dépenses publiques », a-t-il ajouté, affirmant que de nouvelles coupes « sont préjudiciables à la santé et aux vies humaines ».

Levine a dit craindre que les programmes de prévention essentiels soient particulièrement visés.

Nadav Davidovitch, directeur du programme de politique de santé du Centre Taub, a abondé dans ce sens, estimant que ces coupes pourraient causer des « dommages considérables » aux programmes de promotion de la santé et à la mise en œuvre du plan « Tama 49 », destiné à moderniser et à étendre le système de santé publique israélien d’ici 2048.

Levine et Davidovitch avaient déjà averti que le système de santé israélien, mis à rude épreuve par la guerre, souffrait d’un manque de gouvernance, après la décision prise l’an dernier de nommer Haïm Katz, alors ministre du Tourisme, à la tête du ministère de la Santé, laissant ce dernier sans responsable à plein temps.

Plusieurs autres ministères sont aujourd’hui dirigés soit par Katz, soit par le ministre de la Justice Yariv Levin, suscitant des critiques de la part de l’opposition.

La décision d’imposer des coupes budgétaires généralisées est intervenue quelques jours seulement après l’approbation par le gouvernement d’une enveloppe de plus de 5 milliards de shekels issus des fonds discrétionnaires de la coalition, destinée aux institutions haredim, aux implantations en Cisjordanie et à d’autres priorités des partis dans le budget de l’État pour 2026.

Les fonds de la coalition sont des montants alloués dans le cadre du processus budgétaire sur la base d’accords conclus entre les partis lors des négociations de formation du gouvernement.

« Le gouvernement aurait pu éviter l’ensemble de ces coupes s’il avait renoncé aux fonds de la coalition », a déclaré Aviad Houminer-Rosenblum, directeur-adjoint du Centre Berl Katznelson, au Times of Israel.

 Ces trois dernières années, la science et la technologie israéliennes ont littéralement sauvé le pays », a-t-il déclaré. Or, les élèves israéliens obtiennent aujourd’hui « des résultats inférieurs à ceux de presque tous les pays de l’OCDE dans les matières fondamentales », la moitié d’entre eux étant même à la traîne par rapport à « de nombreux pays du tiers-monde ».

« Lorsque ces enfants atteindront l’âge adulte et constitueront la majorité de la population, ils ne seront pas en mesure de maintenir une économie digne d’un pays développé ni de soutenir l’armée de premier plan nécessaire à la défense d’Israël. C’est un problème existentiel vers lequel Israël se dirige, les yeux grands ouverts », a-t-il averti.

« On pourrait penser que le rôle d’un gouvernement est d’assurer l’avenir de ses enfants et petits-enfants, mais ce que nous voyons, c’est un gouvernement qui non seulement néglige son système éducatif, mais réduit en outre les dépenses consacrées à l’éducation et à la santé. »

Il a déploré que cela se produise alors même que le gouvernement consacre des millions aux ultra-orthodoxes pour des raisons de coalition.

« Ce sont ces mêmes Haredim qui privent leurs enfants des connaissances en mathématiques, en sciences, en technologie, en anglais et autres dont ils auront besoin pour assurer leur propre avenir, sans parler de celui du pays », a-t-il déclaré. Il a dénoncé « un cynisme gouvernemental extrême et une étroitesse d’esprit flagrante ».

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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