Nigéria : une directive du président Bola Ahmed Tinubu , les dispositions de la loi électorale et démission de trois ministres de l’administration

DAKAR, 1ER AVRIL 2026(JVFE)-À l’approche des élections de 2026, trois ministres ont démissionné de l’administration du président Bola Tinubu, anticipant une directive présidentielle stricte exigeant la démission des personnes nommées politiquement ambitieuses qui convoitent le poste de gouverneur.

Adelabu Adelabu, ministre de l’Énergie, est le dernier en date à avoir démissionné mardi soir afin de se consacrer à sa candidature au poste de gouverneur de l’État d’Oyo en 2027. Son départ porte à trois le nombre total de ministres ayant quitté leurs fonctions, après Yusuf Tuggar, ministre des Affaires étrangères, et Yusuf Sununu, ministre d’État aux Affaires humanitaires.

Ces départs de personnalités importantes surviennent juste après l’expiration de l’échéance du 31 mars 2026 fixée par le Président. Selon les informations recueillies par BusinessDay, le paysage politique évolue rapidement, ces anciens ministres se préparant aux primaires des partis. Tuggar ambitionne le poste de gouverneur de l’État de Bauchi, visant à succéder au gouverneur sortant Bala Mohammed, du Parti démocratique populaire (PDP), dont les deux mandats s’achèvent en mai 2027.

La démission de Yusuf Tuggar, ministre nigérian des Affaires étrangères, a été confirmée le 30 mars 2026. Ce départ s’inscrit dans le cadre d’une directive présidentielle stricte liée aux ambitions électorales pour les scrutins de 2027.

Il occupait ce poste depuis sa nomination par le président Bola Tinubu en août 2023.

L’ancien chef de la diplomatie nigériane, Yusuf Maitama Tuggar, a annoncé lundi sur Facebook sa démission du gouvernement, soumise au Secrétaire du Gouvernement de la Fédération conformément à une directive présidentielle sur les candidatures aux élections de 2027.

Yusuf Tuggar, a officiellement démissionné de ses fonctions le 30 mars 2026 ,a-t-il annoncé dans un post publié sur Facebook, en conformité avec une directive du président Bola Ahmed Tinubu et les dispositions de la loi électorale.

Sa démission est motivée par sa volonté de se préparer pour les prochaines échéances électorales, notamment les élections générales de 2027 au Nigeria.

Des sources indiquent qu’il quitte le gouvernement pour viser un poste politique plus stratégique au sein de l’appareil d’État.

Ce mouvement intervient alors que le paysage politique nigérian commence à se restructurer en vue du prochain cycle électoral.

Il occupait ce poste depuis sa nomination par le président Bola Tinubu en août 2023.

Dans sa publication consultée par APA, Tuggar a indiqué avoir remis sa lettre de démission au Bureau du Secrétaire du Gouvernement de la Fédération, marquant la fin d’un chapitre de service consacré au renforcement des partenariats internationaux, à l’approfondissement de l’engagement diplomatique et à une politique étrangère centrée sur les citoyens.

Il a exprimé sa profonde gratitude au président Tinubu pour la confiance et l’opportunité de servir sous l’« Agenda Renewed Hope » et de contribuer à l’avancement de la politique étrangère nigériane à travers la doctrine « 4D ». Tuggar a également remercié le personnel du ministère et les partenaires internationaux pour leur soutien et leur collaboration.

La démission intervient dans le cadre d’une directive présidentielle exigeant des ministres et autres responsables politiques souhaitant briguer des mandats électifs de quitter leurs fonctions avant les élections générales de 2027.

Le ministre envisage de poursuivre une carrière politique, notamment dans la course à la gouvernance de l’État de Bauchi, où il entend solliciter l’investiture de son parti.

Pour rappel, la Commission électorale nationale indépendante (INEC) du Nigeria avait annoncé jeudi 26 février un réaménagement du calendrier électoral. Initialement prévue le 20 février 2027, la présidentielle se tiendra le 16 janvier 2027. Les élections des gouverneurs d’État, quant à elles, sont désormais fixées au 6 février 2027, alors qu’elles étaient auparavant programmées en mars 2027.

Cette décision intervient après des critiques du Sénat et de certaines communautés musulmanes, liées au chevauchement entre le scrutin et le mois sacré du Ramadan. Le Sénat nigérian avait engagé des démarches afin que les élections générales prévues en 2027 ne coïncident pas avec cette période.

Selon les parlementaires, cette initiative vise à renforcer l’inclusivité du processus électoral, à assurer une participation pleine et entière des fidèles musulmans et à éviter que les obligations religieuses ne perturbent l’exercice du devoir civique. L’islam représente en effet une part importante de la population nigériane, avec plus de 105 millions de fidèles en 2024.

« La bonne tenue des prochaines élections demeure une responsabilité collective. La Commission appelle l’ensemble des acteurs concernés à coopérer afin de garantir des élections pacifiques, crédibles et inclusives, reflétant la volonté souveraine du peuple nigérian », a souligné Mallam Mohammed Kudu Haruna, commissaire national et président du comité de l’information et de l’éducation des électeurs, dans le communiqué.

Le Nigeria fait actuellement face à une croissance modérée et à une inflation élevée qui pèse sur le pouvoir d’achat des ménages. Celle-ci a dépassé en moyenne 30 % en 2024. Le chômage reste également élevé, avec 61 % de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté en 2025, selon des estimations de la Banque mondiale.

Les élections de 2027 auront lieu dans un contexte où les citoyens attendent des candidats des solutions concrètes pour améliorer leur quotidien et relancer l’investissement. Si le président actuel, Bola Tinubu, n’a pas encore officiellement annoncé sa candidature, son parti, All Progressives Congress (APC), l’a déjà désigné comme candidat potentiel.  

1. La directive du président Bola Ahmed Tinubu 

Le président Tinubu a ordonné à tous les membres de son cabinet et aux responsables politiques nommés (conseillers spéciaux, directeurs d’agences, etc.) souhaitant se présenter aux élections générales de 2027 de démissionner de leurs fonctions actuelles au plus tard le 31 mars 2026

L’objectif de cette mesure est de :

  • Garantir une totale transparence et éviter l’utilisation des ressources de l’État à des fins électorales.
  • Assurer une distinction claire entre la gouvernance et les activités de campagne.
  • Créer un environnement équitable pour tous les aspirants politiques. 

2. Dispositions de la Loi Électorale 

Cette directive présidentielle s’appuie sur l’article 88(1) de la Loi électorale de 2026

  • Interdiction de cumul : Selon cette loi, tout titulaire d’une charge publique nommée doit démissionner avant de pouvoir participer aux primaires des partis politiques ou d’être nominé comme candidat.
  • Calendrier de l’INEC : La Commission électorale nationale indépendante (INEC) a fixé les primaires des partis entre le 23 avril et le 30 mai 2026. Les démissions devaient donc intervenir avant cette période pour être en conformité avec la loi. 

3. Raison de la démission de Yusuf Tuggar

L’ancien chef de la diplomatie a quitté son poste pour se consacrer à son ambition politique de devenir gouverneur de l’État de Bauchi (Nord-Est du Nigéria) lors des élections de 2027. 

  • Il a officiellement soumis sa lettre de démission le lundi 30 mars 2026, exprimant sa gratitude au président Tinubu pour l’opportunité d’avoir servi sous l’agenda “Renewed Hope”.
  • Sa démission a été suivie par celle d’autres membres du gouvernement, comme le ministre d’État aux Affaires humanitaires, Yusuf Sununu, également candidat à des fonctions électives. 

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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