Mauritanie : une place de choix dans les instances dirigeantes de la finance internationale et continentale

DAKAR,07 AVRIL 2026(JVFE)-La Mauritanie occupe actuellement une place de choix dans les instances dirigeantes de la finance internationale et continentale. Cette position stratégique est illustrée par la nomination et la présence de plusieurs personnalités mauritaniennes à des postes clés en avril 2026.

Plusieurs experts mauritaniens dirigent désormais des départements majeurs au sein des grandes institutions financières : 

  • Zeine Zeidane : Il a été nommé à la tête du Département Afrique du Fonds Monétaire International (FMI).
  • Ousmane Diagana : Il occupe le poste de Vice-président de la Banque Mondiale.
  • Dr Sidi Ould Tah : Il est une figure influente, notamment en tant que président de la Banque Arabe pour le Développement Économique en Afrique (BADEA)

Cette influence au sommet s’accompagne d’un renforcement des structures financières nationales et de la coopération régionale : 

  • Création de la Bourse de Mauritanie : Un partenariat a été signé avec la Bourse de Casablanca pour accélérer le lancement du marché financier mauritanien et intégrer les standards internationaux.

 Le pays bénéficie d’un financement récent de 89,3 millions de dollars pour soutenir ses programmes de résilience et de durabilité économique.

Le Conseil d’affaires Mauritanie-Sénégal renforce l’intégration économique entre les deux voisins, notamment dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures. 

Le pilotage de ces ambitions repose sur une équipe gouvernementale axée sur les réformes :

  • Sid’Ahmed Ould Bouh : Ministre de l’Économie et des Finances.
  • Gouvernement Ould Diay : L’actuel exécutif place la gestion budgétaire et l’activité financière au cœur de sa stratégie de développement.

En avril 2026, les institutions financières internationales accompagnent la Mauritanie à travers des projets structurants ciblant l’énergie, l’eau et l’efficacité publique.

1. Énergie et Souveraineté Industrielle

Le secteur de l’énergie est au cœur de la stratégie de croissance, soutenu par des investissements massifs :

Projet DREAM (Digitalizing Renewable Energy and Agriculture in Mauritania) : Soutenu par la Banque Mondiale, ce projet vise à positionner la Mauritanie comme leader des minéraux critiques et de l’hydrogène vert.

Couloir de Transmission Régional : La construction d’une ligne haute tension de 600 km entre Nouakchott et Kiffa est financée à hauteur de 124 millions d’euros par la Banque Européenne d’Investissement (BEI) pour désenclaver les zones rurales.

Centrale Hybride de 60 MW : Un accord de 300 millions USD prévoit la mise en service d’une centrale solaire et éolienne avec stockage d’ici septembre 2026.

Expansion de la SNIM : Le fleuron minier national poursuit sa modernisation avec l’appui de la Banque Africaine de Développement (BAD) pour un secteur plus durable.

2. Réformes Financières et Services Sociaux

L’accent est mis sur la transparence et l’inclusion :

Efficacité des Dépenses Publiques : La Banque Mondiale a approuvé 50 millions USD pour améliorer la gestion des ressources dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

Soutien Budgétaire du FMI : Un décaissement récent de 91 millions USD a été validé en janvier 2026 pour renforcer les réserves de change et la stabilité monétaire.

Économie Bleue et Inclusion : Un prêt de 20 millions d’euros de la BEI Global cible spécifiquement les PME dirigées par des femmes et des jeunes dans le secteur de la pêche.

3. Résilience Climatique et Accès à l’Eau

La lutte contre le changement climatique et l’accès aux services de base restent prioritaires :

Projet de Résilience dans le Sud : La Banque Africaine de Développement finance des infrastructures d’eau potable pour stabiliser les populations rurales et améliorer la santé.

Programme National de Décentralisation : Un programme intégré, en cours de préparation avec la Banque Mondiale, prévoit des investissements urbains (voiries, marchés, santé) pour stimuler l’emploi des jeunes localement.

La Mauritanie franchit des étapes décisives pour transformer son économie grâce à ses ressources énergétiques massives. Voici les détails sur les retombées et les projets en cours :

1. Grand Tortue Ahmeyim (GTA) : Le gaz comme moteur de croissance

Le projet GTA, partagé avec le Sénégal, est entré dans sa phase de production effective, marquant un tournant historique pour les finances publiques. 

  • Production et Exportations : Après la première cargaison de gaz naturel liquéfié (GNL) livrée début 2025, le projet atteint désormais des records de production (environ 2,3 millions de tonnes par an pour la Phase 1).
  • Impact Budgétaire 2026 : Le budget de l’État mauritanien pour 2026 s’élève à 132,18 milliards MRU, soit une hausse de près de 11 % par rapport à l’année précédente, portée en partie par les recettes gazières.
  • Réinvestissement Stratégique : Les revenus du gaz sont centralisés dans le Fonds Souverain pour les Hydrocarbures afin de financer des infrastructures de base (santé, éducation) et de renforcer la capacité industrielle nationale.
  • Phase 2 en vue : Des études sont déjà en cours pour porter la capacité totale à près de 10 millions de tonnes par an d’ici la fin de la décennie. 

2. Hydrogène Vert : L’ambition d’un géant mondial

La Mauritanie se positionne pour devenir l’un des producteurs les plus compétitifs au monde grâce à son ensoleillement et ses vents exceptionnels. 

  • Projets Phares :
    • Projet AMAN (CWP Global) : Une ambition de 30 GW dont le développement par étapes est prévu à partir de 2029.
    • Projet NOUR (Chariot & TotalEnergies) : Évalué à plusieurs dizaines de milliards de dollars, il vise la production de masse d’hydrogène vert pour l’exportation vers l’Europe.
    • Megaton Moon (GreenGo Energy) : Ce nouveau projet prévoit 13 GW d’énergies renouvelables avec un lancement de la première phase horizon 2029.
  • Cadre Légal et Gouvernance : Le pays a promulgué un Code de l’Hydrogène Vert fin 2025 pour offrir une stabilité fiscale et juridique aux investisseurs internationaux.
  • Défis d’Infrastructures : Pour concrétiser ces ambitions, le gouvernement accélère la construction d’une ligne de transmission de 1 400 km entre Nouakchott et Nouadhibou ainsi que de nouvelles usines de dessalement. 

3. Perspectives : Vers une “Économie Bleue” et Durable

L’intégration de ces énergies ne sert pas qu’à l’export :

  • Décarbonation de la SNIM : L’utilisation de l’hydrogène vert est envisagée pour produire de l'”acier vert”, augmentant ainsi la valeur ajoutée du fer mauritanien sur le marché mondial.
  • Emplois Locaux : Plus de 3 000 personnes travaillent déjà directement sur les sites gaziers, et les nouveaux pôles de pêche (comme à Ndiago) bénéficient des infrastructures logistiques créées par ces projets énergétiques.

C’est un excellent choix, car la réussite de ces grands projets dépend de la capacité du pays à transformer cette rente en richesse réelle pour sa population.

1. Le Fonds National de Revenus des Hydrocarbures (FNRH)

Pour éviter le “syndrome hollandais” (dépendance excessive à une ressource), la Mauritanie a structuré la gestion de ses revenus gaziers :

  • Transparence totale : Les recettes de GTA sont versées sur un compte ouvert à la Banque de France. Les rapports trimestriels sont publics pour garantir une bonne gouvernance.
  • Équilibre budgétaire : Une partie des revenus finance directement le budget de l’État (écoles, routes), tandis que l’autre est épargnée pour les générations futures.
  • Investissements stratégiques : Le fonds sert de garantie pour attirer des investisseurs privés sur des projets de long terme comme l’hydrogène vert.

2. Opportunités pour les entreprises locales (Contenu Local)

La loi sur le “Local Content” adoptée récemment impose aux géants comme BP, Kosmos ou CWP Global de privilégier les acteurs mauritaniens :

  • Sous-traitance : Des besoins massifs existent en logistique, transport, maintenance industrielle, restauration (catering) et sécurité.
  • Formation technique : Le nouveau Centre de Formation aux Métiers du Pétrole et du Gaz à Nouakchott prépare les jeunes ingénieurs et techniciens aux standards internationaux.
  • Partenariats (Joint-Ventures) : Les PME locales s’allient à des groupes étrangers pour monter en compétence sur des technologies complexes (maintenance de plateformes offshore, dessalement).

3. Les pôles de développement régionaux

L’impact ne se limite plus à la capitale :

  • Nouadhibou : Devient le hub de l’hydrogène vert et de l’exportation de l’acier décarboné.
  • N’Diago (Sud) : Ce port stratégique, proche du champ GTA, se transforme en zone industrielle pour le gaz et la logistique maritime.
  • Rosso et la vallée : Bénéficient de l’énergie à bas coût pour moderniser l’agriculture (irrigation électrique).

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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