Présidentielle 2026 au Bénin : 8 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes ,les résultats attendus au plus tard mercredi 

DAKAR,13 avril 2026(JVFE)-L’élection présidentielle de 2026 au Bénin s’est tenue ce dimanche 12 avril 2026 . Ce scrutin marque un tournant politique majeur car il doit désigner le successeur du président sortant Patrice Talon, qui ne peut plus se représenter après deux mandats constitutionnels .

Près de 8 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes ce dimanche 12 avril pour choisir un successeur à Patrice Talon. Deux candidats sont en lice, le dauphin du président et ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni et, face à lui, Paul Hounkpè, de l’opposition dite modérée et ex-ministre de la Culture.  Les bureaux de vote sont fermés depuis 16 H, le dépouillement est terminé.

Candidats en lice

Seules deux candidatures ont été définitivement retenues pour ce scrutin  :

  • Romuald Wadagni : Ministre de l’Économie et des Finances et candidat désigné de la majorité présidentielle, il fait figure de grand favori .Il fait équipe avec Mariam Chabi Talata, la vice-présidente sortante .
  • Paul Hounkpè : Représentant la Force Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), considéré comme l’opposition dite “modérée” . Son programme est intitulé “Rebâtir ensemble la fierté” .

Le principal parti d’opposition, Les Démocrates, n’a pas pu participer à ce scrutin faute d’avoir obtenu le nombre de parrainages nécessaires .

Déroulement et enjeux

  • Participation : Près de 8 millions d’électeurs étaient attendus aux urnes . Cependant, les premières observations font état d’une participation relativement faible .
  • Contexte sécuritaire : Le pays reste marqué par une tentative de coup d’État déjouée le 7 décembre précédent, soulignant les défis de stabilité dans la région .
  • Calendrier électoral :
    • Proclamation des résultats : Attendue d’ici le mercredi 15 avril 2026 au plus tard .
    • Second tour (si nécessaire) : Prévu pour le 10 mai 2026 .
    • Passation de pouvoir : Le mandat de Patrice Talon prendra officiellement fin le 23 mai 2026 .

Ce scrutin a été précédé d’élections législatives et locales organisées le 11 janvier 2026, formant une séquence électorale complète pour le pays 

C’est dans une ambiance populaire que la candidate à la Vice-présidence, Mariam Chabi Talata, a fait son entrée dans son centre de vote ce dimanche 12 avril à l’École primaire publique de Guéma-Nabissou, à Parakou pour accomplir son devoir civique. Accueillie par des applaudissements nourris, elle a saisi l’occasion pour exhorter les citoyens à se mobiliser massivement autour du vote, qu’elle présente comme un levier essentiel de transformation sociale.

Dès les premières heures de la matinée électorale, le centre de vote de l’École primaire publique (Epp) de Guéma-Nabissou, dans le 3e arrondissement de Parakou, a connu une affluence remarquable. C’est dans cette atmosphère que Mariam Chabi Talata, candidate à la Vice-présidence et colistière du candidat Romuald Wadagni, a fait son entrée sous les applaudissements des populations venues nombreuses accomplir leur devoir citoyen. Souriante et visiblement satisfaite de l’engouement observé, elle a pris le temps de saluer les électeurs présents avant de se soumettre aux formalités de vote. À sa sortie des urnes, la candidate n’a pas caché sa joie face à la mobilisation constatée dans son centre. « Je suis arrivée dans mon centre de vote, et j’ai vu les populations alignées pour le vote. Ça m’a réjouie, parce que depuis un certain temps, les Béninois se désintéressaient du vote », a-t-elle confié. Pour Mariam Chabi Talata, cette affluence est le signe que les campagnes de sensibilisation menées ces dernières semaines ont porté leurs fruits. Elle estime que les citoyens prennent progressivement conscience du rôle déterminant du vote dans la gestion des affaires publiques. « Je crois que les sensibilisations ont porté leurs fruits. Chaque Béninois comprend que c’est par son vote qu’il peut résoudre ses problèmes, les problèmes du quotidien », a-t-elle souligné. Insistant sur l’importance de la participation citoyenne, la candidate a rappelé que s’abstenir de voter revient à se priver du pouvoir de choisir ses dirigeants. « Si vous ne sortez pas, vous n’allez pas désigner ceux qui vont vous diriger. Comment trouverez-vous des solutions aux problèmes qui sont les vôtres ? », s’est-elle interrogée, invitant implicitement à une prise de responsabilité collective.

Les acteurs portuaires, de la pêche et de l’aquaculture ont été sensibilisés aux enjeux de l’économie bleue prospère à travers les rencontres itinérantes, tenue le 1er avril au port de pêche à Cotonou. Une mobilisation de l’initiative «Notre voix compte » en faveur, du développement du secteur, qui a permis aux acteurs d’exprimer leur soutien au duo candidat Wadagni-Talata.

Les acteurs portuaires, de la pêche et de l’aquaculture ont répondu présents aux rencontres itinérantes organisées dans le cadre de l’initiative citoyenne « Notre voix compte». Cette étape, tenue au port de pêche de Cotonou, mercredi 1er avril, fait partie d’une série d’activités visant à promouvoir la participation citoyenne et le développement économique à travers l’économie bleue.

Céline Houédanou, vice-présidente de l’Association Zondjèzonfon des femmes amazones du Bénin, a rappelé que cette initiative s’inscrit dans la continuité du mouvement « Ma voix compte » lancé en 2020. Selon elle, ce mouvement avait contribué à promouvoir la libre expression du vote et à améliorer le taux de participation lors de l’élection présidentielle de 2021. Elle a précisé que «Notre voix compte», né en 2025, vise désormais à renforcer la représentativité des jeunes, des femmes et de la diaspora, tout en soutenant des projets de développement pertinents pour le Bénin.

La présidente de l’Union des sociétés coopératives des femmes de la pêche du Bénin, Elisabeth Anani, a axé son intervention sur le contenu du projet de société défendu. Elle a mis en avant les implications directes de ce projet pour les acteurs du secteur maritime. «Ce projet de société contient des aspects sur l’économie bleue prospère…, cela touche directement les acteurs portuaires, les acteurs de la pêche et de l’aquaculture », a-t-elle expliqué. Elle a également insisté sur la nécessité d’une mobilisation élargie des acteurs, en particulier des femmes, considérées comme des relais essentiels au sein des communautés. La présidente de l’Union des sociétés coopératives des femmes de la pêche du Bénin promet un raz de marée au soir du scrutin du 12 avril 2026.

L’économie bleue à l’honneur

Intervenant à son tour, Ernest Tindo, coordonnateur national de l’initiative citoyenne « Notre voix compte », a présenté les grandes lignes du projet de société du duo Wadagni-Talata, avec un accent particulier sur l’économie bleue prospère. Il explique que l’économie bleue constitue un levier stratégique de développement, intégrant à la fois les dimensions économiques, sociales et environnementales. « C’est la mer qui détermine l’économie des territoires », a-t-il affirmé, tout en rappelant que la zone économique exclusive du Bénin représente une part importante du potentiel national. Ernest Tindo a également mis en lumière les défis du secteur, notamment les pertes liées aux activités illégales estimées à plusieurs centaines de millions chaque année. Cela nécessite, souligne-t-il une meilleure organisation du secteur afin de lutter efficacement contre les pertes économiques. Il a évoqué, à titre illustratif, la forte consommation annuelle de poisson au Bénin, estimée à environ 20 kg par habitant. Pour lui, la modernisation de la pêche et de l’aquaculture, ainsi que la sécurisation des ressources maritimes, constituent des priorités pour garantir la souveraineté alimentaire et améliorer les conditions de vie des acteurs du secteur. Pour lui, la valorisation de ce secteur passe par des réformes adaptées et une forte mobilisation des acteurs concernés.

Au terme des échanges, les participants ont été invités à s’approprier les différents axes du projet de société présenté, notamment celui relatif à l’économie bleue, car les attentes des acteurs portuaires et des communautés côtières restent importantes. Modernisation des infrastructures, amélioration des conditions de travail et valorisation des ressources halieutiques figurent aussi parmi les priorités.

L’initiative « Notre voix compte» met l’accent sur l’importance d’une forte implication des acteurs du secteur maritime et des populations, afin d’accompagner les initiatives visant le développement durable du Bénin. « Nous voulons que ce corps social se mobilise massivement… pour voter le 12 avril, mais aussi pour voter utile en votant le duo Wadagni-Talata », a fait savoir le coordonnateur national de l’initiative. A travers leur élan, ils entendent ainsi positionner durablement l’économie bleue comme un levier de croissance et de développement au Bénin, au bénéfice des communautés.

ors d’un meeting électrique dans l’Ouémé, ce vendredi 3 avril 2026, Romuald Wadagni a placé l’émancipation féminine au cœur de sa marche vers la présidence. Entre gratuité scolaire et révolution du micro-crédit, le candidat du projet « Plus Loin, Ensemble » veut transformer le potentiel des Béninoises en levier de croissance nationale.

Face à des milliers de militantes, de commerçantes et d’agricultrices de l’Ouémé, Romuald Wadagni empoigne le micro. Le ton n’est pas à la promesse électorale mielleuse, mais au constat clinique. « Sur la terre des Amazones, les femmes doivent être respectées », lance-t-il, déclenchant une clameur.

Wadagni prône la révolution du micro-crédit sans tracasseries administratives et le renforcement de l’Institut national de la femme, des lignes de son programme qui font du droit et de la protection des femmes un outil indispensable d’un développement équitable.

A Dangbo, une localité visitée, les femmes sont les poumons de l’économie locale. Elles cultivent, vendent et transforment leurs productions. Pourtant, elles restent les premières victimes de la précarité foncière et de la déscolarisation.

Devant la foule, le candidat égrène ses mesures. Mais le discours de la tribune tient-il la route face à l’épreuve du papier ? En confrontant les envolées de Dangbo au document officiel du projet Plus Loin, Ensemble, l’ambition se confirme. Wadagni propose un changement structurel.

Briser le mur de l’argent et du foncier

Pour le candidat, la libération de la femme béninoise passe d’abord par le portefeuille. Conscient que la « paperasse » est le premier obstacle entre les femmes et l’autonomie, Wadagni promet une refonte du micro-crédit.

L’objectif visé est de créer des montants revus à la hausse et une accessibilité garantie, même pour celles dépourvues de pièces d’identité complètes. Mais l’ambition ne s’arrête pas au crédit de proximité, le programme prévoit une attaque frontale contre les tabous économiques.

Romuald Wadagni envisage d’instaurer une garantie d’accès au foncier agricole pour les productrices et l’instauration de quotas de marchés publics réservés aux entreprises dirigées par des femmes. Une manière d’inciter l’État à « acheter féminin ».

Dans la foule, les têtes ont hoché : la paperasse est le premier mur qui sépare les femmes des banques classiques, en raison de l’asymétrie de l’information. L’autre moment de bascule du meeting fut l’annonce sur l’éducation.

« Les filles réussissent encore mieux que les garçons », a souligné le candidat, avant de dégainer sa mesure choc : la gratuité totale de l’enseignement secondaire pour toutes les filles. L’objectif est de former les futures dirigeantes du pays.

Pour garantir que cette mesure ne reste pas lettre morte, le projet s’attaque aux « freins invisibles », notamment la précarité menstruelle. La distribution gratuite de protections périodiques dans les collèges et lycées pour éviter le décrochage scolaire, une mesure encore rare sur l’échiquier politique africain.

Sur le plan de la santé, le candidat a promis un programme de nutrition renforcé pour les femmes enceintes et plus de spécialistes dans les hôpitaux. Le programme inclut le dépistage gratuit des cancers féminins dans l’assurance maladie et la création de crèches communautaires dans les nouveaux marchés pour alléger la charge de celles qui travaillent de l’aube au crépuscule.

Le candidat a prôné la « tolérance zéro » pour les Violences sexistes et sexuelles (VSS). L’Institut national de la femme (INF) verra ses moyens renforcés pour traquer l’impunité, tant dans l’espace public que dans l’intimité des foyers.

En quittant une tribune survoltée, l’impression laissée est celle d’une approche pragmatique. Pour Romuald Wadagni, les femmes ne sont pas un électorat à séduire par compassion, mais le principal verrou de croissance à faire sauter.

Le 15 avril 2026, les Béninoises diront si elles acceptent de signer ce pacte pour un déploiement du programme de Romuald Wadagni, qui veut libérer le potentiel des femmes, tant en zone rurale ou urbaine.

  Les électeurs béninois ont voté ce dimanche dans le cadre de l’élection présidentielle, mettant en lice notamment le duo composé de Romuald Wadagni et Paul Hounkpè.

Après avoir accompli son devoir civique à Bopa, sa commune d’origine, Paul Hounkpè s’est exprimé sur ses attentes à l’issue du scrutin. Tout en affichant sa confiance, le candidat a évoqué la possibilité d’une défaite, qu’il dit prêt à accepter à certaines conditions.

Il a ainsi insisté sur la nécessité d’un processus électoral transparent et équitable, condition essentielle, selon lui, pour valider les résultats proclamés. Le candidat a également souligné que d’éventuels incidents seront analysés afin d’en mesurer l’impact sur la crédibilité du vote.

Dans cette optique, Paul Hounkpè s’est dit disposé à féliciter son adversaire si les résultats reflètent fidèlement le choix des électeurs.

Cette prise de position intervient dans un contexte électoral particulièrement suivi, où la transparence du scrutin demeure un enjeu majeur pour la stabilité

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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