
DAKAR,18 avril 2026(JVFE)-Ce samedi 18 avril 2026, l’Iran a annoncé reprendre le « strict contrôle » du détroit d’Ormuz . Cette décision marque un revirement immédiat après l’annonce de réouverture faite seulement la veille par Téhéran .
L’armée américaine a annoncé mardi avoir empêché six navires de quitter les ports iraniens dans les 24 premières heures du blocus imposé par Washington à Téhéran. Experte en droit international de la mer et professeure à l’Université Laval, Kristin Bartenstein parle d’une tactique « licite », mais aussi d’un « acte de guerre ».
Donald Trump a évoqué mardi une possible reprise des discussions avec l’Iran cette semaine au Pakistan, tandis qu’Israël et le Liban ont convenu à Washington d’entamer des négociations directes, sur l’autre front de la guerre au Moyen-Orient.
Ce samedi 18 avril 2026, l’espoir d’une détente sur le marché mondial de l’énergie s’est évaporé en quelques heures. Alors que Téhéran annonçait hier la réouverture totale du détroit d’Ormuz, le régime vient d’ordonner son nouveau verrouillage immédiat.
Téhéran justifie ce verrouillage par le maintien du blocus naval américain sur ses propres ports . Le président Donald Trump a affirmé que ce blocus resterait « pleinement en vigueur » jusqu’à la conclusion totale des négociations sur le programme nucléaire .
Le gouvernement iranien qualifie la persistance des restrictions américaines d’acte de piraterie et de violation des termes liés au cessez-le-feu en vigueur au Liban .
Bien que le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ait d’abord déclaré le détroit « complètement ouvert » vendredi , le commandement militaire des Gardiens de la Révolution a rétabli les restrictions ce matin, ramenant la situation à son « état antérieur » de blocage .
: Le détroit d’Ormuz est le point de passage de près de 20 % du pétrole mondial . Cette nouvelle fermeture ravive les craintes d’une envolée des prix de l’énergie, qui avaient chuté de 10 % suite à l’éphémère annonce de réouverture .
La marine américaine continue d’intercepter les navires entrant ou sortant des zones côtières iraniennes . De son côté, l’Iran menace d’étendre ses actions de blocage à la mer Rouge si la pression américaine ne diminue pas .
Un paquebot de croisière, le Celestyal Discovery, a franchi la voie maritime sans passagers pour relier Dubaï à Mascate, une première depuis le début des hostilités le 28 février, selon la même source.
Avant la guerre, quelque 120 bâtiments franchissaient quotidiennement ce goulet, d’après le journal spécialisé Lloyd’s List.
21 navires bloqués
Après l’annonce par Téhéran de la réouverture du détroit vendredi, Donald Trump avait affirmé que le blocus américain des ports iraniens demeurerait “totalement en vigueur” jusqu’à la fin des négociations, et qu’il “continuerait” si aucun accord n’était atteint à l’issue des négociations.
“Depuis le début du blocus, 21 navires ont obtempéré aux directives des forces américaines leur ordonnant de faire demi-tour et de retourner en Iran”, a indiqué samedi sur X le commandement central américain.
En Iran, le journal conservateur Kayhan avait manifesté son hostilité au processus de détente, jugeant qu'”ouvrir l’artère vitale d’Ormuz avant d’avoir reçu des dédommagements, la levée totale des sanctions (…) donne à l’ennemi perfide la possibilité de reprendre des forces en plein milieu de la bataille”.
La reprise du trafic dans le détroit avait donné un coup de fouet aux marchés financiers et provoqué un fort repli des cours du pétrole, alors qu’un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitent habituellement par cette voie maritime.
Vendredi, M. Trump a déclaré à l’AFP qu’un accord de paix était “très proche” et affirmé que l’Iran avait accepté de remettre son uranium enrichi, un point clé des négociations alors que les Etats-Unis et Israël accusent la République islamique de vouloir se doter de la bombe atomique – ce qu’elle dément.
Mais Téhéran a nié avoir accepté le transfert de ces stocks de matière fissile.
Le chef de l’armée et le Premier ministre pakistanais ont annoncé samedi avoir bouclé des visites diplomatiques distinctes dans le cadre des efforts de paix, en Iran d’une part et en Arabie Saoudite, au Qatar et en Turquie d’autre part.
“Je quitte Antalya (Turquie) (…) avec une détermination renouvelée (…) à poursuivre notre étroite coopération visant à promouvoir le dialogue et la diplomatie pour une paix et une stabilité durables dans la région”, a tweeté le chef du gouvernement, Shehbaz Sharif.
Des pourparlers directs entre Iran et Etats-Unis, les premiers en personne à un tel niveau depuis la Révolution islamique de 1979, se sont tenus le 11 avril à Islamabad mais ont échoué. De nouvelles discussions pourraient avoir lieu au Pakistan dans les jours qui viennent.
Parmi les signes de retour à la normale, l’Iran a annoncé la réouverture partielle samedi de son espace aérien, fermé depuis l’offensive israélo-américaine contre son territoire le 28 février, ainsi que de plusieurs aéroports dont les deux les plus importants de Téhéran.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

