Macky Sall : ses ambitions diplomatiques internationales et des controverses judiciaires au niveau national

DAKAR,21 avril 2026(JVFE)-La candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU, bien qu’officielle, fait face à des obstacles majeurs : l’absence de soutien de l’Union africaine et, surtout, le manque de soutien officiel du nouveau gouvernement sénégalais. Malgré son profil d’homme d’État expérimenté et une audition prévue, ses chances réelles sont jugées précaires sans l’unité africaine.

L’ancien chef d’État est officiellement candidat pour succéder à António Guterres à la tête de l’Organisation des Nations unies .

Macky Sall doit passer son “grand oral” devant les États membres de l’ONU le mardi 22 avril 2026 .

Sa candidature est officiellement portée par le Burundi (président en exercice de l’Union africaine) et bénéficie du soutien de plusieurs puissances comme la France, la Chine et la Russie .

L’Union africaine (UA) a refusé de lui apporter son soutien officiel en raison d’une minorité de blocage de 20 pays, dont le Sénégal, qui s’opposent à sa candidature .

Ambitions diplomatiques : Un revers à l’Union Africaine

Bien que sa candidature au poste de Secrétaire général de l’ONU (pour succéder à António Guterres fin 2026) soit officiellement portée par le Burundi , elle fait face à une opposition frontale :

Fin mars 2026, l’UA a refusé d’apporter son soutien officiel à Macky Sall suite au blocage d’une vingtaine d’États membres . Ce refus consacre un changement de doctrine où le “passé démocratique” des dirigeants pèse désormais lourdement dans les choix diplomatiques .

 Le gouvernement sénégalais s’est officiellement désolidarisé de cette candidature le 27 mars 2026, affirmant n’avoir jamais donné son parrainage, une condition pourtant jugée cruciale pour la légitimité d’un candidat aux Nations unies .

Malgré ce blocage, ses partisans affirment qu’il conserve le ralliement de 41 États africains à titre individuel .

Controverses judiciaires : L’ombre de la “dette cachée”

Au niveau national, l’ancien président, qui réside toujours au Maroc, reste la cible de graves accusations :

Un rapport de la Cour des comptes et des audits du gouvernement actuel font état d’une “dette cachée” de près de 7 milliards de dollars accumulée entre 2018 et 2023 . Macky Sall rejette catégoriquement ces allégations, les qualifiant de “non-sens” lors d’interventions internationales .

Procédures devant la Haute Cour de Justice :

  • Une proposition de résolution pour le poursuivre pour “haute trahison” liée à cette gestion financière a été déposée à l’Assemblée nationale en avril 2025 .
    • Parallèlement, la justice sénégalaise a déjà activé des poursuites contre plusieurs de ses anciens ministres.

Début mars 2026, l’Assemblée nationale a examiné un projet de loi visant à ratifier une convention de transfert de prisonniers avec le Maroc, une démarche perçue par certains observateurs comme un préparatif à son éventuel rapatriement judiciaire.

Défis judiciaires et politiques au Sénégal

Bien qu’il réside actuellement au Maroc, Macky Sall reste au cœur de vives polémiques au Sénégal :

Le gouvernement actuel et le FMI l’accusent d’avoir sous-estimé la dette publique sénégalaise de près de 7 milliards de dollars entre 2019 et 2024 .

 Un projet de résolution pour le traduire devant la Haute Cour de Justice pour “haute trahison” a été déposé à l’Assemblée nationale en 2025, bien qu’il ait été initialement rejeté pour vice de forme .

En décembre 2024, il a lui-même déposé plainte contre X pour faux relevés bancaires, contestant l’existence d’un compte à Singapour qui lui était attribué .

Macky Sall reste actif sur la scène mondiale à travers divers forums  :

Il continue d’exercer son rôle d’envoyé spécial pour le Pacte de Paris pour la planète et les peuples (4P), poste auquel il avait été nommé par Emmanuel Macron.

Participation au Bridge Alliance Summit à Abou Dhabi en décembre 2025 sur le thème du digital et de l’IA.

Intervention au “Beyond Profit Forum” en Arabie saoudite fin 2025.

Ce lundi 20 avril 2026, l’ancien président sénégalais Macky Sall s’est exprimé aux États-Unis sur les événements tragiques survenus au Sénégal entre 2021 et 2024 . Actuellement en campagne pour le poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU), il a été interpellé par des membres de la société civile sur sa gestion de ces crises politiques.

L’ex-chef de l’exécutif sénégalais a été interpellé sur les évènements politiques tragiques intervenus au Sénégal entre 2021 et 2024

Macky Sall a affirmé avoir fait face à une violence grave utilisée à des fins de conquête du pouvoir . Il a justifié l’intervention des forces de l’ordre par l’obligation de l’État de défendre les citoyens et les institutions face à des “actions terroristes” .

Il a listé les saccages de maisons de citoyens, de sièges de presse, de chantiers publics (TER, BRT) et l’incendie de l’Université de Dakar pour illustrer la menace contre la République .

Cette prise de parole intervient alors que l’ancien chef d’État cherche à succéder à António Guterres . Cependant, sa candidature suscite de vives contestations, notamment de la part du Collectif des familles des martyrs et du Collectif des victimes de Macky Sall, qui exigent justice et s’opposent à ce qu’il dirige l’ONU .

  • Contestations locales et internationales :
    • À New York, des manifestations ont été annoncées devant le siège des Nations Unies pour dénoncer son bilan .
    • Au Sénégal, une marche a récemment réuni des centaines de personnes à Dakar pour dénoncer l’impunité liée à la loi d’amnistie de mars 2024 .
    • Sur le plan diplomatique, le gouvernement sénégalais actuel s’est désolidarisé de sa candidature, précisant ne pas l’avoir formellement approuvée .

«J’ai, pendant 12 ans, fait face à des défis, dont cette violence qui est apparue de façon très grave au Sénégal. Les gens ont voulu, profitant d’une situation particulière, utiliser la violence pour arriver au pouvoir. Ce que je ne pouvais pas accepter en tant que président de la République, parce que j’ai prêté serment de défendre les institutions de la République, de défendre la démocratie», a-t-il expliqué.

L’ancien président a conclu en précisant que, selon lui, la paix a été restaurée et que les dossiers judiciaires ont suivi leur cours normal 

Macky Sall, a défendu l’idée de  l’obligation de l’Etat à défendre ses citoyens, de lister : «Ils ont brûlé des maisons de citoyens, ciblé des sièges d’organes de presse qu’on a saccagés, menacé des juges, menacé des hommes politiques, des ministres, brûlé leur maison, détruit les chantiers du train express national, les chantiers du BRT, brûlé l’Université de Dakar.» et «la survie de la République était engagée». L’État du Sénégal a donc fait face à cette violence, «a ramené la paix et les dossiers ont été confiés  à la justice», ajoute-t-il.

Concernant la  loi d’Amnistie , Macky Sall  a fait savoir que n’étant pas candidat, il ne voulait pas laisser derrière lui un pays détruit. «Il faut pouvoir pardonner. C’est ça le sens de la loi d’amnistie qui a été votée contre la volonté de mon camp. Mais j’ai agi comme chef d’État en regardant seulement la volonté du pays. Quel était l’intérêt du Sénégal ? Ce n’était certainement pas de laisser des gens en prison, de laisser un pays en feu et de partir», dit-il.

Et la loi d’amnistie a permis, indique Macky Sall, d’effacer tout ce qui s’est passé, de libérer tous ceux qui étaient en prison. Et l’élection présidentielle a clos ce chapitre, puisque le peuple sénégalais a tranché aux urnes en donnant le pouvoir au régime de Pastef.

«Ils ont participé aux élections et ils ont gagné démocratiquement. Donc c’était le choix et la volonté des Sénégalais de leur donner le pouvoir. C’est la voix royale. C’est le peuple qui donne, ce n’est pas par la rue qu’on va acquérir le pouvoir. Et le Sénégal a montré la solidité de ses institutions, la démocratie et le modèle sénégalais a prévalu. Voilà ce qui s’est passé», a-t-il conclu.

À New York, ce 20 avril 2026, le Président Macky Sall n’a pas mâché ses mots face aux ONG et à la société civile. Face à ce qu’il considère comme une campagne de dénigrement orchestrée par les nouvelles autorités au sujet des morts enregistrés entre 2021 et 2024, il a choisi de répondre frontalement.

Son message est clair : assez de bruit, place à la vérité. Et pour y parvenir, il lance un défi sans détour — abroger la loi d’amnistie. Une démarche qui, selon lui, permettrait enfin d’établir les responsabilités réelles. Alors, pourquoi hésiter, alors que le parti PASTEF dispose d’une majorité confortable à l’Assemblée nationale ?

Pour Macky Sall, cette réticence soulève une question fondamentale : y a-t-il une volonté réelle de faire toute la lumière sur ces événements, ou préfère-t-on entretenir une narration politique ?

Dans le même temps, sa stature internationale continue de se renforcer. Portée par une diaspora africaine mobilisée et engagée, sa candidature suscite un élan notable. Pour ses soutiens, une évidence s’impose : Macky Sall a l’expérience, la vision et l’envergure nécessaires pour diriger l’Organisation des Nations Unies.

Il faut lui reconnaître cette grandeur d’avoir sauvé le Sénégal.

Voici une analyse détaillée de la situation au 21 avril 2026 :

Le gouvernement actuel du Sénégal ne soutient pas sa candidature, le plaçant dans une position « inconfortable ».

L’Union africaine n’a pas validé sa candidature, ce qui complique sa position de prétendant “africain”.

Des doutes persistent sur le respect des procédures de désignation au sein de l’UA.

Profil et Audition (Points forts) :

Expérience : Salué pour son parcours, il est perçu par certains comme un candidat de taille.

Il est l’un des candidats auditionnés par les membres de l’ONU, avec une vision présentée fin avril.

Les chances de succès :

Pour être élu, il faut 9 voix sur 15 au Conseil de sécurité et aucun véto des membres permanents.

Le processus est hautement politique, et sans le soutien de son propre pays et un consensus africain, sa marge de manœuvre est très réduite. 

La candidature de Macky Sall, initialement perçue comme ambitieuse pour l’Afrique, se trouve dans une zone de turbulences, affaiblit par le manque de cohésion nationale et continentale. 

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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