DAKAR,27 Avril 2026(JVFE)-Deux poids lourds de la politique israélienne ont annoncé dimanche qu’ils allaient unir leurs forces aux prochaines élections dans l’espoir de renverser le premier ministre Benyamin Nétanyahou, qui est en poste depuis longtemps.
Naftali Bennett et Yaïr Lapid ont occupé le poste de premier ministre à tour de rôle dans le cadre d’un accord de rotation conclu au sein du gouvernement de coalition qu’ils ont formé en 2021. Ils prévoient désormais de fusionner les deux partis en une seule formation dirigée par M. Bennett.
« Cette initiative vise à unir le bloc, à mettre fin aux divisions internes et à concentrer tous les efforts sur la victoire aux prochaines élections, qui sont cruciales », a déclaré le parti Yesh Atid de M. Lapid dans un communiqué.
MM. Bennett et Lapid ont prévu une conférence de presse conjointe plus tard dans la journée de dimanche.
L’accord de coalition de 2021 a mis fin à 12 ans de règne de M. Nétanyahou. M. Bennett a occupé le poste de premier ministre pendant la première année, jusqu’à ce que la coalition se fracture. M. Lapid a ensuite occupé le poste de premier ministre par intérim pendant les six derniers mois, jusqu’à ce que de nouvelles élections ramènent M. Nétanyahou au pouvoir.
Depuis, M. Lapid occupe le poste de chef de l’opposition israélienne, tandis que M. Bennett a pris une pause de la vie politique.
Les deux hommes ont des divergences idéologiques. M. Bennett est un juif orthodoxe aux opinions intransigeantes envers les Palestiniens, tandis que M. Lapid est laïc et considéré comme plus modéré. Ils ont tout de même entretenu une relation de travail étroite pendant leur coalition de courte durée.
Leur alliance vise à unir une opposition fragmentée qui semble avoir peu de points communs au-delà de l’hostilité partagée envers M. Nétanyahou.
L’ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l’opposition Yaïr Lapid (qui est aussi un ancien Premier ministre) devraient annoncer officiellement, dimanche soir, lors d’une conférence de presse à Tel Aviv, la fusion de leurs deux partis sous la direction du premier baptisé « BeYahad » (« Ensemble » en hébreu).
« L’ancien Premier ministre Naftali Bennett et l’ancien Premier ministre Yaïr Lapid annonceront la première étape du processus de guérison de l’État d’Israël : la fusion du parti Yesh Atid et du parti Bennett 2026 en un parti unifié dirigé par l’ancien Premier ministre Naftali Bennett », a indiqué le bureau de Bennett dans un communiqué.
« Cette initiative unifie le ‘bloc réformateur’, met fin aux luttes intestines et permet de consacrer tous les efforts à une victoire décisive lors des prochaines élections et de mener Israël vers les réformes nécessaires », a ajouté le bureau de Bennett.
Selon un récent sondage du journal Maariv, le parti de Bennett est au coude à coude avec le Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, avec 24 sièges à la Knesset, tandis que Yesh Atid en obtient 7.
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Bennett, qui a précédemment déclaré que son approche consistait à faire avancer les dossiers faisant l’objet d’un consensus politique, aurait été en contact avec Lapid et le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, pour discuter de la formation potentielle d’un nouveau parti commun appelé « Nouvel Israël ».
Samedi soir, Matan Kahana, un ancien député qui a démissionné de la Knesset l’an dernier pour rejoindre le parti Yashar d’Eisenkot, l’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, a déclaré qu’il resterait membre de Yashar, alors que des rumeurs laissaient entendre qu’il pourrait faire défection pour rejoindre le parti de Bennett.

Le Premier ministre Yair Lapid, à droite, et le Premier ministre suppléant Naftali Bennett lors d’une réunion du cabinet, au bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 31 juillet 2022.
Kahana a auparavant été député du parti Yamina de Bennett, puis ministre dans son gouvernement. Il a plaidé en faveur d’une fusion entre Eisenkot et Bennett. Il n’a pas encore répondu à une demande de commentaire concernant l’annonce de la fusion entre Bennett et Lapid.
Il est encore possible que le chef du parti Yashar, rejoigne BeYahad, a déclaré au Times of Israel une source de l’opposition bien informée.
« L’accord a été finalisé samedi soir. La porte est définitivement ouverte à Gadi Eisenkot. C’est quelqu’un de bien. Il pourrait jouer un rôle central dans cette initiative et c’est lui qui a appelé à la fusion des trois partis. Il en a été un fervent défenseur, nous espérons donc vivement qu’il se joindra à nous. Mais cette initiative est en soi majeure, importante et bouleversante pour le système politique israélien », a indiqué la source.
Interrogée sur les récents sondages indiquant qu’une liste unifiée d’Eisenkot, Lapid et Bennett deviendrait la plus grande faction à la Knesset, même si cela ne changerait pas de manière significative la taille respective des deux principaux blocs rivaux, la source a répondu qu’elle pensait toutefois qu’une liste unifiée serait plus forte que la somme de ses parties.

L’ancien chef d’état-major de l’armée israélienne, Gadi Eisenkot, lors d’une visite au kibboutz Yiftah, près de la frontière israélienne avec le Liban, le 9 mars 2026. (Crédit : Ayal Margolin/Flash90)
« Cela crée un sentiment d’espoir. Cela donne aux gens quelque chose en quoi croire. Cela nous permet de concentrer toutes nos ressources et notre attention sur la victoire aux élections plutôt que sur les primaires au sein du bloc. Cela crée une vague d’espoir et de positivité qui, nous l’espérons, fera avancer les choses. C’est ce qui s’est passé en Hongrie. Au final, les sondages étaient très éloignés de la réalité », a affirmé la source.
La semaine dernière, la chaîne N12 a rapporté que Lapid, Bennett et Eisenkot avaient eu des contacts en vue de la formation d’un nouveau parti commun appelé « Nouvel Israël ».
Selon ce reportage non sourcé, des représentants des trois hommes auraient discuté d’une fusion en vue des prochaines élections, prévues en octobre, dans l’espoir de présenter un front uni contre Netanyahu.
Eisenkot, qui dirige le parti Yashar et a été chef d’état-major de l’armée israélienne, aurait proposé pour la première fois une fusion en janvier avec Bennett et Lapid, qui ont tous deux courtisé l’ancien commandant de l’armée pour leurs propres partis.
Les dirigeants des partis d’opposition ont salué la fusion, tandis que les membres de la coalition Netanyahu ont dénoncé cette initiative, estimant qu’elle vise à faire entrer le parti islamiste Raam de Mansour Abbas dans les sphères du pouvoir.
S’exprimant lors d’un événement dimanche soir, Eisenkot, a déclaré « Bennett et Lapid sont mes alliés », ajoutant qu’il les félicitait pour leur décision de fusionner leurs partis.
« Nous partageons le même objectif : remporter les élections décisives qui nous attendent », a affirmé Eisenkot.
« Le seul objectif qui m’importe, et je l’ai dit à tous les deux ce soir, c’est la victoire d’une coalition sioniste et responsable sur le plan national – une coalition d’espoir dans le cadre de l’élection la plus cruciale qu’Israël ait connue depuis sa création, et j’espère que ce sera l’objectif de tous les partenaires », a-t-il déclaré.

Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar, prenant la parole lors du lancement d’un livre de Yoav Limor et Oren Nahari, à Herzliya, dans le centre d’Israël, le 26 avril 2026. (Crédit : Tal Gal/Flash90)
Il a toutefois semblé suggérer que cette union pourrait ne pas être en mesure d’attirer les votes de la droite.
« Pour que cette victoire se concrétise, nous devons remporter davantage de voix – c’est là notre seul critère. Toute union doit être jugée à l’aune de cela. »
« Je salue toute unification au sein du bloc », a écrit sur le réseau social X le chef du parti Les Démocrates, Yaïr Golan, affirmant que son parti « constituera l’épine dorsale démocratique et libérale solide du prochain gouvernement ».
Le chef d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a souhaité du succès à la nouvelle liste commune et a déclaré : « Nous devons nous rappeler que l’objectif est de remplacer le gouvernement du 7-Octobre. »

Le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, s’adressant à l’assemblée plénière de la Knesset le 19 janvier 2026. (Crédit : Noam Moskowitz/Bureau du porte-parole de la Knesset)
Le chef du parti HaMilouïmnikim, Yoaz Hendel, a souhaité bonne chance à Bennett et à Lapid tout en exhortant « les partisans de la droite qui ont hésité jusqu’à aujourd’hui et s’opposent au gouvernement » à rejoindre son propre parti naissant, affirmant qu’il s’agit du seul véritable foyer pour la droite.
« ‘L’alliance fraternelle’ Bennett-Lapid est de retour pour vendre le pays au mouvement islamique », a déclaré le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.
« Bennett était un gauchiste radical et restera un gauchiste radical. »
Le gouvernement Bennett-Lapid, qui a été au pouvoir de 2021 à 2022, est entré dans l’histoire en incluant le parti islamiste Raam, dirigé Abbas, dans sa coalition hétéroclite de partis de droite, du centre et de gauche.
Cette coalition a marqué la première interruption du mandat de Premier ministre de Netanyahu depuis 2009, et de nombreux membres de la droite s’y sont fermement opposés et ont fait pression sur les députés du parti Yamina de Bennett pour qu’ils le quittent. IIs y sont parvenus au bout d’un an, lorsque les députés du parti ont renversé le gouvernement, déclenchant des élections qui ont ramené Netanyahu au pouvoir.
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a publié sur X une photo de Bennett et Lapid souriant aux côtés d’Abbas, en écrivant : « Je ne dis pas à la gauche comment répartir ses voix. [Voici] l’alliance des serviteurs d’Abbas. »
« La nouvelle alliance entre l’ancien Premier ministre Naftali Bennett et le chef de l’opposition Yaïr Lapid est une ‘fraternité de la haine’ », a déclaré le chef du parti Shas, Aryeh Deri, à la suite de l’annonce.
« Bennett, effrayé, s’allie à Lapid dans le but de rétablir le gouvernement destructeur de l’extrême-gauche et des Frères musulmans », a déclaré Deri dans un communiqué, faisant référence à leur gouvernement d’union nationale éphémère de 2021, qui regroupait des partis de gauche, du centre, de droite et islamistes.

Le chef du parti Shas, Aryeh Deri, sur les lieux d’un incendie criminel présumé dans une synagogue, à Jérusalem, le 8 juin 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
« Leur dénominateur commun est la haine de la tradition et du Second Israël – une attaque contre l’identité juive, les implantations et les érudits de la Torah », a-t-il poursuivi, utilisant un terme que certains appliquent aux séfarades, affirmant qu’ils ont été tenus à l’écart des centres du pouvoir politique et économique par une élite ashkénaze.
Le gouvernement éphémère de Bennett et Lapid a instauré un certain nombre de réformes religieuses, depuis abrogées grâce aux efforts du parti Shas, qui ont affaibli le contrôle des ultra-orthodoxes sur la bureaucratie religieuse et donné plus de poids aux courants plus libéraux de l’orthodoxie.
En mars 2025, Bennett avait déclaré lors d’une audience privée devant des étudiants américains que le prochain gouvernement qu’il dirigerait ne comporterait pas de partis arabes, contrairement à son gouvernement précédent. Il a affirmé que l’heure était venue pour les partis sionistes de diriger Israël.
Le chef de file du parti HaMahane HaMamlahti – Kakhol lavan, Benny Gantz, a quant à lui salué cette initiative, tout en déclarant que « le véritable lien » dont Israël a besoin est « celui qui unit tous les citoyens, sans exclusion ni haine ».
Selon Gantz, seul un « grand gouvernement d’union sioniste » excluant les extrémistes est en mesure de faire avancer le pays. Par le passé, il s’est déjà efforcé de favoriser la formation d’un gouvernement de large coalition. Contrairement aux autres partis d’opposition, il est également disposé à s’asseoir à la table des négociations avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

