DAKAR, 13 MAI 2026 (JVFE)–La sortie officielle de la 17e promotion de l’École Nationale des Sous-Officiers d’Active (ENSOA) s’est déroulée le 12 mai 2026 au camp général Bila Zagré de Kamboinsé au Burkina Faso. Elle concrétise la vision de défense commune portée par les trois chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES).
Pour rappel, réunis à Ouagadougou, les chefs militaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger entendaient poser les bases d’une architecture sécuritaire conjointe, à l’heure où les trois pays cherchaient à affirmer leur souveraineté face aux menaces et aux ingérences extérieures.
Les états-majors de l’AES avancent vers une stratégie de défense commune
C’est dans un contexte régional marqué par une insécurité persistante et une volonté affirmée de rupture avec les anciennes alliances que les états-majors militaires des pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) se sont retrouvés, mardi 15 avril 2025 , à Ouagadougou.

Objectif : finaliser les contours d’une stratégie de défense commune, pensée comme pilier d’une souveraineté assumée.
À l’issue de cette réunion de haut niveau, les chefs militaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont réaffirmé leur ambition de bâtir une force conjointe, autonome, capable de répondre de manière coordonnée aux menaces transfrontalières. « Il nous revient de construire ensemble une réponse souveraine, coordonnée et solidaire », a déclaré le général Moussa Diallo, chef d’état-major des armées burkinabè. Ce dernier a insisté sur le caractère historique de la démarche, qu’il conçoit comme une rupture assumée avec les « solutions extérieures » jugées inefficaces.
Une doctrine sécuritaire en gestation
Cette réunion s’inscrit dans le prolongement des engagements pris lors des sommets de Niamey, en mars 2024, et de Bamako, en novembre de la même année. Elle marque, selon les participants, une étape décisive dans la structuration d’une doctrine sécuritaire commune, fondée sur l’interopérabilité des forces, la solidarité entre États membres et la confiance mutuelle.
Les travaux ont porté sur l’évaluation et la validation des plans relatifs au protocole additionnel de défense et de sécurité. Les modalités opérationnelles de la future force conjointe de l’AES ont également été abordées, signe d’une volonté d’accélérer sa mise en œuvre concrète.
Pour le général Diallo, cette initiative constitue bien plus qu’un simple outil militaire : elle incarne « une vision partagée de sécurité collective » et une étape vers une défense « commune, autonome et souveraine ».
Une rupture assumée avec les cadres sécuritaires antérieurs
Depuis leur retrait progressif des organisations régionales et de certaines coopérations occidentales, les trois États membres de l’AES multiplient les initiatives visant à construire une nouvelle architecture sécuritaire à l’échelle sahélienne. L’accent est mis sur la mutualisation des capacités et la réappropriation des priorités stratégiques.
En dépit des incertitudes liées aux capacités logistiques et à la pérennité financière de ce projet ambitieux, les chefs militaires réunis à Ouagadougou se disent résolus à doter la confédération d’un instrument de défense à la hauteur des défis.
La sortie de la 17e promotion marque une étape clé dans la matérialisation de la vision de défense commune portée par la Confédération des États du Sahel (AES). Cette promotion, baptisée « Sergent-chef Ouédraogo Kiswendsida Noël », est composée de 1 161 nouveaux sous-officiers (dont 21 femmes) prêts à renforcer les opérations de sécurisation.

Chiffres clés de la promotion
- 1 161 stagiaires ont officiellement reçu leurs galons de sergent.
- Le contingent comprend 21 femmes sous-officiers.
- La formation intensive sur le terrain a duré 17 mois.
- Le nom de baptême de la promotion est « Sergent-chef Ouédraogo Kiswendsida Noël », en hommage à un soldat tombé au front.
Une dimension sahélienne et internationale
Conformément à la dynamique d’intégration militaire de la Confédération de l’AES, cette promotion regroupe des militaires venus de plusieurs pays de la sous-région .
- Le Burkina Faso
- Le Mali
- Le Niger
- Le Togo, le Tchad et la Centrafrique
Ces nouveaux sergents, formés aux techniques de combat de localité et à l’aguerrissement commando, vont immédiatement intégrer les unités opérationnelles pour lutter contre le terrorisme au Sahel.
Une Promotion au Cœur de la Vision AES

Ces 1 161 nouveaux sergents ont suivi 17 mois de formation intensive au camp Bila Zagré de Kamboinsé, axée sur le commandement et le combat, pour devenir des « cadres de proximité ».
La promotion inclut des militaires issus des pays membres de l’AES (Burkina Faso, Mali, Niger), ainsi que du Togo, du Tchad et de la Centrafrique, illustrant la coopération sous-régionale.
Ces soldats sont formés pour lutter contre le terrorisme dans le cadre de la nouvelle stratégie de défense commune de l’AES, visant une autonomie opérationnelle.

La Vision des Chefs d’État de l’AES (2026)
La 17e promotion de l’ENSOA s’inscrit dans un contexte où les chefs d’État de l’AES — Ibrahim Traoré (Burkina Faso), Assimi Goïta (Mali) et Abdourahamane Tiani (Niger) — consolident la Confédération .
L’objectif est de monter en puissance une force unifiée de 15 000 hommes pour l’AES.
Les chefs d’état-major de l’AES, réunis à Ouagadougou en avril 2026, ont validé des stratégies communes pour sécuriser l’espace sahélien.
La défense est l’un des trois piliers fondamentaux (avec la diplomatie et le développement) de la Confédération, visant à « apporter des solutions africaines aux défis africains ». Cette nouvelle promotion de sous-officiers constitue ainsi la colonne vertébrale opérationnelle de la nouvelle doctrine de défense commune de l’AES.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

