DAKAR, 13 MAI 2026 (JVFE)–En ce 13 mai 2026, l’actualité de l’État de droit en Afrique est marquée par des développements judiciaires, des enjeux de gouvernance et des réformes numériques, notamment en Afrique australe, de l’Ouest et de l’Est.
Voici les principaux points :
- Afrique du Sud : Pression judiciaire et politique sur le Président Ramaphosa. Le 13 mai 2026, l’actualité est dominée par les retombées d’une décision de la Cour constitutionnelle sud-africaine concernant le scandale « Phala Phala » (détournement de fonds présumé). La Democratic Alliance (DA) presse le Parlement de mettre en place une procédure de destitution, insistant sur le fait que le président doit répondre de ses actes devant la justice, malgré la résilience de sa coalition au pouvoir.
- Mauritanie : Lutte contre la cybercriminalité. Le 13 mai 2026, la Mauritanie renforce ses capacités juridiques et judiciaires face à l’augmentation de la cybercriminalité. Une formation est dispensée aux acteurs de la justice (juges, avocats, forces de l’ordre) pour mieux appliquer le droit numérique et protéger les preuves électroniques, en droite ligne avec les engagements de l’Union africaine.
- Soudan du Sud : Crise de la nationalité et apatridie. Des rapports du 13 mai 2026 font état de la situation préoccupante de milliers de personnes apatrides au Soudan du Sud, le HCR soulignant les lacunes dans l’enregistrement des citoyens après l’indépendance, ce qui prive de nombreuses personnes de leurs droits fondamentaux.
- Gabon : Préoccupations sur les libertés numériques. Des ONG expriment le 13 mai 2026 leur inquiétude face à la répression des réseaux sociaux et à la gestion opaque de l’économie par le régime de transition, malgré les promesses de rupture avec l’ère Bongo.
- Droit des ONG au Kenya. Les ONG opèrent sous pression en ce 13 mai 2026, date limite imposée par le gouvernement pour se conformer aux nouvelles réglementations strictes sur les organismes d’intérêt public (PBO), sous peine de perdre leur statut juridique.
- Justice migratoire. Lors du sommet « Africa Forward » à Nairobi, des voix s’élèvent pour demander que les migrants soient traités dans le respect de l’État de droit, s’opposant à la « justice de la jungle » et aux expulsions forcées, en rappelant les valeurs africaines de solidarité.
- Justice pénale internationale. Des audiences de la Cour pénale internationale (CPI) se tiennent le 13 mai 2026, concernant des affaires de crimes de guerre en Libye.
Ces événements illustrent une lutte continue pour la consolidation de l’État de droit, marquée par des avancées dans la régulation numérique, mais aussi des défis persistants concernant la responsabilité politique, la justice administrative et les droits des citoyens.
Parce que animer et faire vivre la communauté des juristes est dans son ADN, le Village de la Justice s’est naturellement associé depuis 2025 à l’évènement Choiseul [Futur du droit], un palmarès qui distingue 40 personnalités de moins de 40 ans au sein de la sphère juridique. Nous vous avons dévoilé le cru 2026.
Pour prolonger l’évènement, nous avons décidé de vous présenter de plus près certaines de ces personnalités, regroupées autour de thèmes qui sont chers à la Rédaction du Village de la Justice.
Le Palmarès Choiseul Futur du droit 2026 confirme l’implication croissante des jeunes professionnels du droit au cœur de l’action publique. Cette deuxième édition du classement mené par l’Institut Choiseul, en partenariat avec le média Village de la Justice, met en lumière 40 talents de moins de 40 ans qui redéfinissent les cadres normatifs, politiques et institutionnels en France.
Les axes clés du rôle des juristes dans la vie publique en 2026
Le palmarès valorise des profils stratégiques, à l’image de Clément Bergère-Mestrinaro, Directeur adjoint du cabinet du garde des Sceaux. Ces professionnels maintiennent la boussole de l’intérêt général face aux réformes politiques.
Pour l’État, la règle juridique est désormais traitée comme une variable stratégique équivalente à la finance ou la technologie. Les juristes sont les architectes de cette résilience publique.
Les lauréats participent directement à la transformation des institutions pour rendre le droit plus lisible et efficace pour le justiciable.
Pascal Lorot, président de l’institut, souligne qu’aucun lauréat de 2025 ne figure dans l’édition 2026. Ce renouvellement total montre la vitesse à laquelle les profils juridiques émergent pour répondre aux urgences démocratiques et technologiques.
En Afrique, la dynamique de l’Institut Choiseul s’exprime à travers un classement distinct : le Choiseul 100 Africa. Ce palmarès ne se concentre pas uniquement sur le droit, mais intègre les profils juridiques de haut niveau parmi les 200 jeunes dirigeants de moins de 40 ans qui transforment le continent.
Le rôle des juristes africains dans la vie publique et économique
Les experts en droit des affaires et du commerce international jouent un rôle politique majeur. Ils structurent les règles de la Zone de libre-échange continentale africaine pour bâtir une souveraineté économique globale.
Les avocats d’affaires et juristes d’institutions s’imposent dans les partenariats public-privé (PPP). Ils sécurisent les grands chantiers d’infrastructures et de transition énergétique face aux acteurs internationaux.
Face à l’essor de la Fintech et de l’IA, les profils juridiques africains conseillent directement les gouvernements. Ils rédigent les réglementations sur la cybersécurité et la protection des données personnelles.
Ces leaders optimisent la gouvernance des ressources naturelles. Ils s’assurent que les contrats d’exploitation minière ou pétrolière maximisent les retombées financières pour les budgets des États africains.
Son parcours vu par l’Institut Choiseul.

Simon Bernard a longtemps voulu être journaliste, par curiosité et par intérêt pour les grands enjeux du monde contemporain. Le sport et la politique étaient ses terrains d’observation privilégiés. Avocat de formation, il a eu l’opportunité de servir dans le milieu politique à la suite de travaux consacrés à la fiscalité des géants du numérique. Il a ensuite exercé au cœur des institutions, au sein de commissions parlementaires et de cabinets ministériels, notamment au sein du cabinet d’une Première ministre, sur des sujets liés aux libertés publiques, à la régulation du numérique, à la sécurité, à la transition énergétique et à la gestion de crises. Il accompagne aujourd’hui des organisations confrontées à des environnements complexes et à des mutations réglementaires majeures, en mobilisant une approche à l’interface du droit, des enjeux contemporains, notamment en matière d’IA et de données, et de la décision publique.
L’interview express du Village de la Justice.
En quoi est-il important pour vous, au-delà de la reconnaissance personnelle, de figurer dans ce palmarès ?
S.B : « Au-delà de la reconnaissance personnelle, j’y vois la reconnaissance d’une manière différente d’exercer le métier d’avocat. Il ne s’agit plus de subir le droit, mais au contraire de l’envisager comme levier stratégique. Dans un contexte d’incertitudes économiques, technologiques et géopolitiques, cette approche me paraît essentielle. Les organisations doivent être accompagnées en ce sens au cœur de leurs décisions. Ce palmarès valorise cette pratique d’avocat stratège, notamment sur des sujets comme l’intelligence artificielle, la donnée ou dans des secteurs critiques, où le droit devient aussi un outil essentiel de souveraineté et de compétitivité. Ce palmarès traduit également une évolution du métier, plus ouvert à des profils variés, où la diversité des expériences peut compter autant, voire davantage qu’un parcours linéaire. »
Lorsque l’on évoque les « transformations du droit », que cela vous inspire-t-il, notamment au regard de votre fonction ?
S.B : « Ce que j’observe très concrètement, c’est que le droit change de dimension. Il ne se contente plus d’encadrer, il façonne les dynamiques économiques et politiques, avec en plus un degré d’incertitude et d’instabilité très important compte tenu du gros temps que traversent la France et une partie du monde. Dans ma pratique, cela m’amène à intervenir bien en amont, à l’interface du juridique, de la stratégie et du politique, sur des projets où tout est imbriqué. Que l’on parle d’intelligence artificielle, de données, d’énergie ou d’agroalimentaire, les enjeux sont systémiques et le droit y tient une place structurante. Mon rôle consiste alors à aider mes clients à lire cette complexité, à anticiper les mouvements et à transformer les contraintes en opportunités, que ce soit pour faire avancer un projet ou pour gérer des situations sensibles. »
Profils juridiques types du réseau Choiseul Africa
Le palmarès réunit des profils d’influence qui naviguent constamment entre le secteur privé et la décision publique :
- Les avocats associés des grands cabinets panafricains, experts en arbitrage international et en restructuration de dettes souveraines.
- Les directeurs juridiques de banques de développement ou de fonds souverains (ex. BIDC, BOAD, FONSIS).
- Les conseillers juridiques auprès des ministères de l’Économie ou de l’Énergie, qui pilotent les réformes sectorielles stratégiques.
Méthodologie de sélection du Choiseul 100 Africa
L’Institut Choiseul applique un processus rigoureux sur plusieurs mois pour identifier les leaders de demain :
- Critères d’éligibilité stricts : Les candidats doivent avoir 40 ans ou moins, posséder la nationalité de l’un des 54 États africains et exercer une activité économique majeure sur le continent.
- Évaluation multicritères : L’analyse repose sur le parcours académique, les réalisations professionnelles, l’influence sectorielle, la réputation et la part de contribution à la croissance de l’Afrique.
- Compétences relationnelles : Le jury évalue le leadership naturel, la vision stratégique et la capacité à fédérer des réseaux professionnels transfrontaliers.
- Équilibre géographique et de genre : La sélection finale veille à représenter équitablement les différentes régions du continent (Afrique de l’Ouest, Centrale, Orientale, Australe, Nord) et à promouvoir la parité.
Secteurs économiques portés par ces jeunes leaders
Les lauréats du réseau Choiseul Africa transforment l’économie du continent à travers quatre piliers stratégiques :
- Finance et FinTech : Ils dirigent la modernisation bancaire, conçoivent des solutions d’inclusion financière et pilotent des fonds de capital-investissement pour financer les PME locales.
- Énergie et Infrastructures : Ces dirigeants pilotent les projets de transition énergétique (solaire, éolien, hydrogène vert) et la construction de corridors logistiques interétatiques.
- Agrobusiness et Souveraineté alimentaire : Ils développent des chaînes de valeur industrielles pour transformer localement les matières premières agricoles et réduire la dépendance aux importations.
- Économie numérique et Télécoms : Ils investissent dans les infrastructures réseaux, la création de data centers locaux et le déploiement de services publics digitaux (E-Gouvernement).
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

