
DAKAR, 20 MAI 2026 (JVFE)—L’affaire a pris une tournure majeure à la suite de révélations précises au sein du groupe des 22 suspects initiaux.
Matar Ndiaga Seck (parfois cité sous le nom de Matar Ndiaga Seck) a été nommément désigné par l’un des principaux suspects déjà écroués, Ahmadou Lamine Dia. Ce dernier a détaillé aux enquêteurs la nature de leurs relations.
Le suspect a fait l’objet d’une interdiction de sortie du territoire et d’un avis de recherche. La Division des Investigations Criminelles (DIC) l’a finalement intercepté à Dakar alors qu’il s’apprêtait à embarquer dans un vol à destination de La Mecque.
La Division des investigations criminelles (Dic) a mené des recherches qui ont permis de localiser le domicile du comptable à Keur Massar, dans la Cité Petrosen. Ndiaga Seck y a été cueilli peu avant 14 heures alors qu’il était en pleins préparatifs en vue de son départ pour la Mecque. Son voyage était toutefois déjà compromis, l’homme étant sous le coup d’une opposition de sortie du territoire. Après avoir été sommairement identifié, comme le veut l’usage au siège de la Dic, il a été transféré à Linguère pour être interrogé.
Les policiers ont saisi et rassemblé des éléments à caractère pornographique (photos/vidéos) partagés au sein de ce réseau basé dans le Djoloff.
Dans le système juridique sénégalais, ce mécanisme s’active lorsqu’un juge d’instruction ne peut pas mener lui-même tous les actes d’enquête.
Une délégation judiciaire émise par le juge du premier cabinet d’instruction de Louga.
Ndiaga Seck, un comptable de 51 ans, a été arrêté et placé en garde à vue vendredi dernier au commissariat de Linguère.
Ndiaga Seck a été emporté par le témoignage de Ahmadou Lamine Dia, 49 ans, se disant agent de la Cse. Précédemment accablé par ses présumés partenaires (Amadou Niang, Allé Daff et Mbaba Gningue), Dia avait, lors de son audition sous le régime de la garde à vue, « vidé le contenu de son téléphone » et révélé ses penchants de « Yoss ».
Face aux enquêteurs, Ndiaga Seck a détaillé son « initiation » par un métis cap-verdien du nom de Rodriguez. Aussi, il a directement cité le comptable avec qui il affirme avoir eu « plusieurs rapports sexuels » à Dakar avant de le perdre de vue. Allant plus loin, il a exhibé de son appareil des « photos nues » ainsi qu’« une cinquantaine de messages sulfureux relevant de leurs discussions ». Dia a présenté le comptable comme un de ses « Oubi », c’est-à-dire la femme dans une relation homosexuelle.
Pire, Dia, testé positif au Vih, a également informé les enquêteurs avoir « contracté la maladie depuis 2013 » . Face à ce témoignage très détaillé et ces preuves matérielles, Libération indique qu’il appartient désormais à Ndiaga Seck « d’apporter des réponses à ces éléments techniques », d’autant plus que « l’exploitation de son téléphone est aussi envisagée »
Les mis en cause sont poursuivis pour plusieurs motifs graves :
- Association de malfaiteurs
- Harcèlement sexuel
- Incitation à la débauche
- Collecte et diffusion de données à caractère pornographique
- Mise en danger de la vie d’autrui
- Transmission volontaire du VIH/Sida
- Acte contre nature
Le juge d’instruction (ici, celui du premier cabinet de Louga) délègue par écrit une partie de ses pouvoirs à des officiers de police judiciaire (le commissariat de Linguère et la DIC).
Mandatés par le juge, les policiers obtiennent le droit de procéder à des perquisitions, des interpellations, des auditions et des saisies de preuves partout sur le territoire.
Une fois la garde à vue terminée et les procès-verbaux rédigés, la police doit obligatoirement “mettre à disposition” le suspect auprès du juge mandant, qui décidera de son placement sous mandat de dépôt ou de sa mise en examen.
Le comptable Ndiaga Seck a déjà été présenté au magistrat instructeur et placé sous mandat de dépôt à la prison de Louga le lundi 18 mai 2026.
📅 Le calendrier de présentation et situation actuelle
- Vendredi 15 mai 2026 : Interpellation de Ndiaga Seck à Dakar par la Division des Investigations Criminelles (DIC).
- Ce week-end : Transfert vers le commissariat urbain de Linguère pour audition par les enquêteurs et exploitation de son téléphone portable.
- Lundi 18 mai 2026 : Fin de sa garde à vue. Il a été déféré au parquet, puis présenté directement au juge d’instruction du tribunal de grande instance de Louga.
- Statut actuel : Le juge lui a notifié son inculpation et l’a envoyé directement en prison (mandat de dépôt), rejoignant ainsi les 22 autres suspects déjà écroués.
Les tests médicaux réalisés durant sa garde à vue ont écarté la transmission volontaire du VIH en ce qui le concerne spécifiquement, mais le dossier reste ouvert car au moins 17 autres personnes sont toujours recherchées.
Face au cumul des lourdes charges retenues dans ce dossier collectif, les mis en cause risquent de très lourdes sanctions correctionnelles et criminelles :
- Actes contre nature (Article 319 du Code pénal) : Un emprisonnement de 1 à 5 ans et une amende de 100 000 à 1 500 000 FCFA. La peine maximale est obligatoirement appliquée si l’acte implique un mineur.
- Association de malfaiteurs (Articles 238 à 240) : Un temps de réclusion criminelle pouvant aller de 5 à 10 ans de travaux forcés s’il est prouvé qu’un groupe s’est organisé pour attenter aux personnes ou aux propriétés.
- Diffusion d’images pornographiques et incitation à la débauche (Articles 318 et 324) : Des peines d’emprisonnement allant généralement de 1 à 3 ans accompagnées de fortes amendes pour la collecte, le stockage et le partage public de contenus obscènes.
- Harcèlement sexuel : Une peine de 6 mois à 3 ans de prison fermes.
Le juge d’instruction va maintenant poursuivre ses auditions approfondies en prison avant de décider du renvoi du groupe devant la Chambre criminelle ou le Tribunal correctionnel.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
