Khartoum : une frappe de drone attribuée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) a tué au moins 14 personnes

DAKAR, 28 MAI 2026 (JVFE)–Quatorze personnes, principalement des femmes, ont été tuées le 25 mai 2026 lors d’une frappe de drone attribuée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR). Bien que l’information soit rapportée depuis Khartoum, l’attaque a ciblé la localité d’Al-Tina, située dans le Nord-Darfour à la frontière avec le Tchad. 

Le bombardement a directement visé un rassemblement de femmes qui vendaient de la nourriture et du thé sur le marché d’Al-Tina.

La ville d’Al-Tina constitue un point de passage stratégique pour les milliers de réfugiés soudanais fuyant vers le Tchad. Elle reste l’une des rares enclaves contrôlées par les Forces jointes (alliées à l’armée régulière) dans une région du Darfour largement dominée par les FSR. 

L’utilisation massive de drones armés au Soudan est devenue la principale cause de mortalité civile dans le conflit opposant l’armée régulière aux Forces de soutien rapide (FSR). Selon les données publiées par l’ONU (Organisation des Nations Unies), ces appareils concentrent désormais plus de 80 % des morts civiles liées directement aux affrontements, transformant radicalement le paysage de cette guerre. 

C’est le bilan humain recensé sur les quatre premiers mois de l’année 2026 à cause des seules frappes de drones.

Les engins survolent constamment les villes. Les populations locales vivent sous la menace permanente de frappes imprévisibles.

Fin mai 2026, une attaque de drone attribuée aux paramilitaires des FSR a coûté la vie à au moins 14 personnes à la frontière soudano-tchadienne. 

Un tournant technologique et tactique

Les deux camps importent ou assemblent des drones commerciaux modifiés pour transporter des explosifs.

Initialement utilisés pour la reconnaissance, ils servent désormais d’artillerie aérienne low-cost.

Ces attaques ciblent des zones résidentielles et des marchés sans aucune distinction, aggravant la crise humanitaire majeure du pays

Intensification de la guerre des drones 

Cette attaque s’inscrit dans une utilisation de plus en plus massive des drones par les deux camps rivaux au Soudan. Rien qu’entre janvier et avril 2026, l’ONU a recensé au moins 880 civils tués par des frappes de drones à travers le pays, aggravant une crise humanitaire déjà marquée par des risques imminents de famine.

Une frappe de drone attribuée aux paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) au Soudan à la frontière avec le Tchad, a indiqué mardi à l’AFP un responsable local.

Elle a visé « un groupe de femmes vendant de la nourriture et du thé au marché d’Al-Tina », a précisé un rescapé interrogé par l’AFP via téléphone satellite dans ce pays en guerre où les communications sont difficiles, la plupart des victimes sont des femmes.

Les attaques meurtrières contre des cibles civiles, notamment les marchés, sont fréquentes dans le conflit qui oppose l’armée soudanaise aux FSR depuis avril 2023, et qui a fait des dizaines de milliers de morts.

Il n’existe aucun bilan confirmé du conflit, mais les travailleurs humanitaires avancent des estimations dépassant 200 000 morts.

Le responsable local, s’exprimant sous couvert d’anonymat pour sa sécurité, a précisé que les autorités « travaillaient à recenser les victimes ».

Située à l’extrême ouest du Darfour, la ville d’Al-Tina est régulièrement attaquée par les Forces de soutien rapide depuis le début de l’année. Selon un rapport de l’ONU, la ville est menacée de famine et des milliers d’habitants ont fui vers le Tchad.

Les paramilitaires ont renforcé l’an dernier leur emprise sur le Darfour, mais les Forces conjointes, une coalition de groupes qui combattent aux côtés de l’armée contre les FSR, maintiennent certaines de leurs positions près de la frontière, notamment à Al-Tina.

Les drones sont devenus des armes de plus en plus importantes dans ce conflit, permettant aux deux camps de procéder à des frappes à travers le pays tout en maintenant leurs troupes, décimées, loin des lignes de front.

Entre janvier et avril, au moins 880 civils ont été tués par de telles frappes, d’après les Nations unies.  

Entrée dans sa quatrième année, cette guerre, qui a déplacé des millions de personnes, a engendré ce que l’ONU qualifie de pire crise humanitaire au monde.

Dans le seul État du Darfour-Nord, où se trouve Al-Tina, 1,7 million de personnes ont été déplacées et des centaines de milliers sont au bord de la famine.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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