
DAKAR, 29 MAI 2026 (JVFE)–Le Président de la Transition du Mali, le Général d’Armée Assimi Goïta, maintient des relations stratégiques et régulières avec les différentes communautés et cultes religieux du pays, les utilisant comme un pilier pour consolider l’unité nationale et la cohésion sociale.
Le Général Assimi Goïta a célébré la fête de l’Aïd el-Kébir au palais présidentiel de Koulouba aux côtés de la communauté musulmane.
La présidence met en avant des moments de prière partagés dans la sobriété pour marquer la proximité de l’État avec les citoyens.
Le gouvernement, à travers le ministère des Affaires religieuses, maintient des audiences régulières avec les fortes délégations du Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM) pour aborder les enjeux nationaux.

Dialogue et messages envers la communauté chrétienne
À l’occasion des fêtes de Pâques, le Chef de l’État a adressé un message présidentiel fort aux millions de Maliens chrétiens.
Ce geste inhabituel s’inscrit dans une volonté politique de transformer les célébrations chrétiennes en leviers d’unification pour le pays. La présidence perpétue la tradition républicaine de recevoir les vœux des leaders chrétiens, catholiques comme protestants, afin de saluer l’entente interreligieuse.
Enjeux politiques et laïcité
- Équilibre républicain : Bien que la population soit majoritairement musulmane, le président s’efforce d’intégrer toutes les confessions (catholiques, protestants et musulmans) dans les concertations nationales.
- Débats passés sur la laïcité : Les relations avec les cultes restent toutefois marquées par la vigilance de l’exécutif face aux influences politiques de certains leaders religieux, notamment depuis les débats entourant le maintien de la laïcité dans les réformes constitutionnelles
Le gouvernement de transition a adopté un avant-projet de loi qui, entre autres, encadre strictement les lieux de culte et interdit l’installation d’espaces de prière dans les services publics (hors prisons, casernes et hôpitaux).
À la suite de ce projet, plusieurs personnalités, dont des leaders religieux critiques face à ces mesures, ont été arrêtées par les autorités.
Le gouvernement a régulièrement mis à contribution l’ensemble des forces vives, y compris les leaders religieux, les exhortant à soutenir l’effort de guerre, l’unité nationale et à décrier l’extrémisme au sein de leurs communautés.

Le Mali dispose de projets d’encadrement des cultes visant à moderniser les textes coloniaux obsolètes.
Un important projet de loi, poussé par le Ministère des Affaires Religieuses (MARCC), vise à mieux réglementer les associations religieuses et leurs financements tout en garantissant la liberté de culte au sein de l’État laïque
Les règles actuelles reposent sur des textes datant de 1959 et 1961.
Le nouveau cadre ambitionne de combler ce vide juridique.
Le projet de loi facilite l’enregistrement des associations et permet une meilleure supervision des exigences administratives par les autorités compétentes.
Le Ministère implique activement les leaders et les confessions religieuses (notamment le Haut Conseil Islamique du Mali) pour préserver la cohésion sociale et la paix.
Défis actuels :
Le texte a fait l’objet de vifs débats, notamment quant à l’équilibre délicat entre la liberté de culte garantie par la Constitution et les mesures visant à préserver la neutralité de l’espace public malien. La régulation des extrémismes religieux et l’immixtion des leaders religieux dans la sphère politique restent des enjeux centraux dans le pays
Le gouvernement malien avance activement sur l’encadrement des pratiques cultuelles, notamment via les travaux menés par le Ministère des Affaires Religieuses, du Culte et des Coutumes sous la direction du Dr Mahamadou Koné.
Un décret a instauré un comité ad hoc rattaché à la Primature pour réguler et prévenir les dérives dans l’espace religieux. Il vise à freiner les discours de haine et l’intolérance diffusés dans les prêches ou sur les réseaux sociaux.
Des réunions régulières du cadre de concertation national réunissent l’État, le Haut Conseil Islamique et les autres confessions afin de maintenir l’ordre public et la paix sociale.
La révision des relations État-cultes touche aussi l’éducation, marquée par la suppression progressive des subventions publiques accordées à l’enseignement privé confessionnel.
Le gouvernement de transition au Mali cherche à équilibrer la préservation de l’ordre public avec le respect des traditions religieuses dominantes du pays
Réactions aux prêches radicaux et à la laïcité
- Le Comité de Réflexion (Décret d’avril 2026) : L’État a officiellement chargé ce comité de concevoir des mécanismes pour éradiquer l’intolérance religieuse sur les réseaux sociaux et dans les lieux de culte. L’objectif principal est de sanctionner les discours haineux sans braquer les organisations musulmanes majeures.
- Le débat autour de la Laïcité : La laïcité reste un point de friction majeur au Mali. Des organisations influentes, comme la Ligue des imams (Limama), ont fermement milité pour le retrait du mot “laïcité” des textes fondamentaux, arguant qu’il s’agit d’un héritage colonial inadapté à une population majoritairement musulmane.
- Position des autorités : Bien que la Constitution maintienne le principe de laïcité, les ministres successifs des Affaires Religieuses naviguent prudemment pour cohabiter avec les puissants leaders confessionnels (soufis et wahhabites) qui agissent souvent comme régulateurs sociaux et politiques.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
