DAKAR, 1er JUIN 2026 (JVFE)–Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale du Sénégal le 26 mai 2026, devenant le deuxième personnage de l’État après son départ de la primature.
Ce repositionnement stratégique, opéré par une majorité parlementaire, réorganise le paysage politique sénégalais à l’approche de l’échéance du 6 juin 2026 concernant l’immunité de l’Assemblée.
Ousmane Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale sénégalaise avec 132 voix sur 165, quelques jours après avoir été limogé de son poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye.
Il prépare également le premier congrès ordinaire de son parti, Pastef-Les Patriotes.
Élection à la présidence de l’Assemblée nationale
Quatre jours après son départ surprise de la primature le 23 mai 2026, Ousmane Sonko a fait son retour au premier plan institutionnel en devenant le perchoir de l’Assemblée nationale. Il est désormais le deuxième personnage de l’État sénégalais.
Congrès du Pastef
Ousmane Sonko, président du parti PASTEF-Les Patriotes, prépare activement le premier congrès ordinaire de sa formation politique.
Parti PASTEF créé en 2014 « sans moyens financiers » ni « relais d’influence » Ousmane Sonko,
PROS rappelle des mobilisations populaires de 2021-2024 qu’il présente comme « l’une des périodes les plus intenses de l’histoire récente » du Sénégal jusqu’au congrès de juin 2026, qu’il veut voir marquer le passage « d’un mouvement de rupture à un parti pleinement organisé ».
Au cours de cet événement, le parti au pouvoir doit dévoiler ses nouvelles ambitions pour l’avenir du Sénégal..
Le premier congrès ordinaire de PASTEF–Les Patriotes se tiendra le samedi 6 juin 2026 au CICAD de Diamniadio, marquant un tournant idéologique et structurel majeur pour le parti au pouvoir. À cette occasion, son leader Ousmane Sonko a publié une longue tribune servant de feuille de route pour formaliser le passage d’un mouvement de rupture à un parti de gouvernement solide.
Les détails du Congrès
Le samedi 6 juin 2026 au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio.
Élire le président du parti et adopter les grandes orientations politiques et institutionnelles pour les six prochaines années.
Structurer la doctrine de la « souveraineté nationale » autour de la gestion des ressources naturelles, de l’économie, de la monnaie et de l’éducation.
Un contexte institutionnel stratégique
L’organisation de ce congrès coïncide avec une date charnière pour le calendrier politique national. Le 6 juin 2026 marque également la fin de la période constitutionnelle d’insaisissabilité de l’Assemblée nationale. Ayant été récemment élu au perchoir de l’hémicycle, Ousmane Sonko consolide l’assise politique de sa formation alors que s’ouvre la possibilité légale d’une dissolution de l’Assemblée par le pouvoir exécutif.

Il s’agit d’une vision stratégique initiale qui entourait le calendrier politique sénégalais de l’année 2024.
Cependant, l’évolution récente des événements en mai 2026 a profondément redéfini ce scénario, inversant les rôles institutionnels décrits.
La réalité du nouveau paysage politique en juin 2026
Ousmane Sonko n’est plus Premier ministre ; il a été limogé de la primature par le président Bassirou Diomaye Faye.
Ousmane Sonko a pris la tête de l’Assemblée nationale en étant élu au perchoir avec une majorité de 132 voix sur 165.
Le parti PASTEF-Les Patriotes organise son premier congrès ordinaire à la date symbolique du 6 juin 2026 au CICAD de Diamniadio.
Le 6 juin 2026 marque toujours la fin de la période d’insaisissabilité de l’Assemblée nationale, mais c’est désormais Ousmane Sonko qui dirige ce pouvoir législatif face à l’exécutif.
L’ordre du jour du premier congrès ordinaire de PASTEF–Les Patriotes s’articule autour de trois axes stratégiques majeurs pour transformer le mouvement en parti de gouvernement.
1. L’élection de la présidence du parti
- Renouvellement du leadership : Le congrès doit élire le président qui dirigera le parti pour les six prochaines années.
- Candidatures : Le processus électoral interne est supervisé par la Haute Autorité de Régulation du Parti (HARP), ouvrant la voie à une probable reconduction d’Ousmane Sonko à la tête de la formation.
2. L’adoption des grandes orientations politiques (Le “PROJET”)
- Doctrine de souveraineté : Validation de la feuille de route idéologique basée sur la « souveraineté nationale ».
- Secteurs clés : Définition des politiques prioritaires concernant la gestion des ressources naturelles, la monnaie, l’économie, l’agriculture et l’éducation.
3. L’institutionnalisation et la restructuration interne
- Fin du cumul des fonctions : Application stricte du règlement intérieur de Pastef qui interdit le cumul de postes de responsabilité au sein des instances du parti.
- Ancrage national : Structuration de nouvelles instances pour encadrer durablement les militants après 12 ans d’existence du mouvement.
Notre analyse met en lumière la doctrine constitutionnelle historique du PASTEF .
Elle se heurte toutefois à une réalité politique complexe en ce mois de juin 2026.
Les contradictions face à la crise de l’exécutif
- Sanctuarisation vs opportunisme : Limiter la dissolution protège le législatif [1]. Pourtant, le parti a longtemps perçu l’échéance du 6 juin 2026 comme une arme nécessaire pour renverser une majorité adverse [1].
- Hyperprésidentialisme inversé : Ousmane Sonko préside désormais l’Assemblée nationale après son limogeage de la primature. L’équilibre des pouvoirs ne se joue plus entre deux institutions, mais entre deux hommes : le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.
- Le piège de la dissolution : Si le PASTEF restreint le droit de dissolution du Chef de l’État, il protège la présidence actuelle d’Ousmane Sonko au perchoir. En revanche, cela l’empêcherait de provoquer de nouvelles législatives si l’exécutif décidait de bloquer le pays.
L’ordre du jour du congrès réajusté
Cette réforme de l’équilibre institutionnel sera au cœur des débats du congrès du 6 juin 2026. Les militants devront trancher entre :
- L’idéal d’origine : Inscrire la fin de la dissolution présidentielle dans la nouvelle charte du parti
- La Realpolitik : Conserver des leviers de pression face à un pouvoir exécutif devenu rival.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
