DAKAR, 15 MAI 2026 (JVFE)–L’ancien garde des Sceaux, le professeur Ismaïla Madior Fall, a officiellement saisi la Cour de justice de la CEDEAO par l’intermédiaire de son avocat, Me Ciré Clédor Ly, pour contester les poursuites engagées contre lui au Sénégal.
Accusé de corruption présumée portant sur un montant de 50 millions de francs CFA dans le cadre de l’attribution d’un marché public foncier, l’ancien ministre de la Justice mène une contre-attaque judiciaire internationale majeure axée sur plusieurs points stratégiques :
Les axes majeurs de la riposte judiciaire
- Saisine de la Cour de la CEDEAO : La défense a déposé un recours devant la justice communautaire de la CEDEAO afin de faire constater la violation de ses droits fondamentaux et d’obtenir l’arrêt des procédures nationales en contradiction avec la Constitution et plusieurs instruments internationaux.
- Demande de suspension des poursuites : Une requête urgente a été introduite visant à geler immédiatement la procédure pénale menée devant la Haute Cour de Justice du Sénégal.
- Crimination d’Ousmane Diagne : La riposte vise directement les décisions initiées par l’actuel ministre de la Justice, Ousmane Diagne, dénonçant une procédure jugée politique ou biaisée.
- Contestation des accusations de fond : Le professeur Ismaïla Madior Fall maintient avoir « refusé diplomatiquement » cet argent et invoque le témoignage de sa successeure, Me Aïssata Tall Sall, pour prouver son innocence.
La qualité d ‘agir ou d’organe de poursuite
Sur le fond, la défense met en cause l’action de l’Ancien Ministre de la Justice Ousmane Diagne, estimant que la lettre du prédécesseur de Yassine Fall, datée d’avril 2025 saisissant l’Assemblée nationale pour la « mise en accusation » est « dépourvue de base légale ».
Le ministre n’a pas la « qualité d’organe de poursuite devant » une juridiction spéciale.
Rappel du contexte de l’affaire
- L’origine des accusations : Le promoteur immobilier Cheikh Guèye affirme lui avoir remis un acompte en espèces de 50 millions de FCFA (sur un total exigé de 250 millions de FCFA) pour l’obtention d’un marché lié au centre de surveillance électronique de Pikine-Guédiawaye.
- Les mesures restrictives : Suite à son inculpation par la Commission d’instruction, l’ancien garde des Sceaux avait été placé sous surveillance par bracelet électronique avec assignation à résidence.
- Rebondissement parallèle : Le principal accusateur, l’entrepreneur Cheikh Guèye, a lui-même été arrêté et placé sous mandat de dépôt pour avoir tenté de corrompre le magistrat instructeur en vue d’obtenir un non-lieu dans ce même dossier.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
