DAKAR, 1er JUIN 2026 (JVFE)–L’enquête sur le réseau de présumés homosexuels à Linguère et Louga connaît un coup d’accélérateur majeur à la suite de l’interpellation de l’acteur politique Ndiaga Seck, arrêté par la Division des investigations criminelles (DIC). Pour faire toute la lumière sur les ramifications de cette affaire, la justice sénégalaise s’appuie désormais sur l’expertise technique de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) afin d’analyser en profondeur les téléphones et données numériques des mis en cause.
L’enquête sur l’affaire Ndiaga Seck s’accélère avec l’exploitation des données numériques du prévenu par la Division spéciale de cybersécurité (DSC).
L’exploitation des données numériques au cœur du dossier
- L’analyse du téléphone : L’appareil de Ndiaga Seck a été placé sous scellés pour être officiellement transmis à la DSC afin d’en extraire l’historique complet.
- Preuves par SMS : Une exploitation préliminaire des données a révélé des messages intimes et explicites qui ont contraint le prévenu à revenir sur ses premières dénégations
- Traçabilité numérique : Les enquêteurs analysent les comptes de réseaux sociaux (notamment Facebook) pour retracer des années d’échanges et de rendez-vous fixés à Dakar, Dahra et sur la Petite-Côte.
L’examen du téléphone a permis aux enquêteurs d’identifier plusieurs de ses contacts et partenaires impliqués, dont un professionnel de la santé, tandis que les rumeurs pointant vers des célébrités ont été démenties.
Les derniers développements et révélations de cette affaire se structurent ainsi :
Le comptable et homme politique de 51 ans a été formellement inculpé pour « actes contre nature » et placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Louga.
Grâce au recoupement des informations et à l’exploitation des données, plusieurs autres suspects ont été interpellés à Linguère.
La DIC a élargi le champ de ses investigations et cible plus d’une quinzaine d’autres personnes identifiées à travers les listes de contacts et les aveux.
Les autorités judiciaires ont formellement démenti les rumeurs circulant sur les réseaux sociaux évoquant la présence de célébrités ou de personnalités publiques parmi les contacts du dossier..
- La DSC a terminé l’exploitation technique approfondie de l’appareil, confirmant la présence de messages compromettants après une première phase d’enquête menée au commissariat de Linguère.
- Les enquêteurs ont pu identifier plusieurs partenaires de Ndiaga Seck. Parmi les profils les plus en vue figure un professionnel de la santé.
- Les bruits de couloir et informations affirmant que l’exploitation du téléphone avait éclaboussé de nombreuses célébrités ont été formellement démentis par des sources judiciaires.
- Le mis en cause a été placé sous mandat de dépôt à Louga. Plusieurs arrestations ont d’ailleurs été enclenchées dans le cadre de ce réseau de présumés homosexuels, et de nouvelles interpellations sont attendues.
L’évolution des prochaines étapes judiciaires s’articule autour de l’exécution d’une délégation judiciaire émise par le juge d’instruction près le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Louga. Le dossier, qui implique déjà plus de 22 suspects, entre dans une phase technique et de convocations en cascade.
L’attente du rapport technique de la DSC
- Analyse des scellés : Le transfert formel et l’extraction des données du téléphone de Ndiaga Seck par la Division spéciale de cybersécurité (DSC) constituent la priorité absolue des enquêteurs.
- Preuves matérielles : Les conclusions de la DSC serviront à authentifier les SMS intimes (datant pour certains de 2010 à 2013) et à vérifier l’existence de fichiers compromettants.
Auditions de fond et confrontations devant le juge
- Interrogatoire de Ndiaga Seck : Actuellement placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Louga, le prévenu va être extrait de sa cellule pour être entendu sur le fond par le magistrat instructeur.
- Confrontation avec les co-inculpés : Des face-à-face judiciaires sont programmés, notamment avec le détenu Ahmadou Lamine Dia, dont les déclarations initiales ont déclenché l’arrestation de l’homme politique.
Convocations des personnes identifiées
- Une quinzaine de cibles : Suite aux aveux consignés dans les procès-verbaux et aux premiers numéros extraits, la Division des investigations criminelles (DIC) et le commissariat de Linguère disposent d’une liste de contacts.
- Mandats d’amener et de comparution : Le juge d’instruction s’apprête à émettre de nouvelles convocations officielles pour entendre ces personnes sous le statut de témoins ou de complices présumés.
Traitement des délits connexes
- Volet sanitaire et cybercriminalité : Les convocations et qualifications pénales retiennent des motifs lourds : association de malfaiteurs, actes contre nature, incitation à la débauche, mais aussi collecte illicite de données à caractère pornographique
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
