DAKAR, 14 JUIN 2026 (JVFE)—Les manifestations en Albanie ont mis en lumière les mégaprojets impulsés par Jared Kushner dans le pays, mais la famille du président accumule également des investissements et des controverses dans d’autres parties du continent après le retour du républicain à la Maison Blanche.
En petite Albanie, plus de cent mille personnes ont envahi les rues contre un complexe hôtelier de luxe écocidaire prévu par le gendre de Trump, Jared Kushner, et ses partenaires milliardaires qataris.

Un manifestant lors des manifestations à Tirana contre deux mégaprojets de Jared Kushner en Albanie, le 12 juin.Photo : Florion Goga (REUTERS)
Une île inhabitée et une péninsule aux plages d’une beauté exceptionnelle. Une région paradisiaque et largement préservée. Le soutien des autorités locales et d’investisseurs milliardaires. Sur le papier, la stratégie de Jared Kushner, l’époux d’Ivanka Trump , visant à promouvoir deux destinations de luxe exclusives sur la côte albanaise semblait infaillible…
Les manifestations de masse en Albanie contre les mégaprojets touristiques de Jared Kushner ont atteint une ampleur historique, menaçant de faire dérailler une stratégie d’investissement estimée à plus de 5 ou 6 milliards de dollars. Porté par la société d’investissement Affinity Partners, le plan prévoyait de transformer deux joyaux naturels de la côte adriatique en complexes ultra-luxueux : l’île inhabitée de Sazan, une ancienne base militaire stratégique, et la péninsule de Zvërnec, située au cœur de la zone humide protégée de Vjosa-Narta.
Cependant, ce projet jugé infaillible s’est heurté à une contestation populaire inédite baptisée la « révolution des flamants roses ». Ce mouvement citoyen s’est transformé en une crise politique majeure pour le gouvernement albanais.
Les piliers de la contestation populaire
Ce soulèvement citoyen repose sur trois revendications majeures :
Les militants et les scientifiques dénoncent la destruction planifiée d’écosystèmes uniques, zones d’accueil cruciales pour les flamants roses, les phoques moines et la nidification des tortues marines.
Sous le slogan historique « L’Albanie n’est pas à vendre », les manifestants fustigent l’absence totale de rapports publics d’impact environnemental et la privatisation de biens publics.
La colère s’est rapidement élargie en un rejet global de la corruption systémique, exigeant la démission immédiate du Premier ministre Edi Rama, au pouvoir depuis 2013.
Un dossier sous haute tension politique et juridique
Bien que le gouvernement continue de défendre les projets en les qualifiant de leviers économiques majeurs pour le pays, la situation s’est fortement complexifiée. L’agence nationale anticorruption d’Albanie (SPAK) a officiellement ouvert une enquête sur les irrégularités entourant les procédures d’autorisation et les modifications de lois environnementales faites au profit d’acteurs privés.
Par ailleurs, cette crise jette une ombre sur les ambitions internationales de l’Albanie. Les autorités de l’Union européenne ont averti que le contournement des réglementations de protection de la nature contredit frontalement les critères d’adhésion exigés. Cela pourrait lourdement compromettre l’objectif de Tirana d’intégrer le bloc européen.
Regards de la communauté sur la crise
La mobilisation citoyenne suscite de vives réactions parmi les observateurs internationaux et les acteurs locaux, soulignant la dimension éthique et globale du conflit .
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
