Niamey: le ministère nigérien de la Défense a confirmé qu’au moins onze soldats et deux civils ont été tués lors de la violente attaque perpétrée le 18 juin 2026 contre la zone de l’Aéroport international Diori Hamani

DAKAR, 18 JUIN 2026 (JVFE)—Le ministère nigérien de la Défense a confirmé qu’au moins onze soldats et deux civils ont été tués lors de la violente attaque perpétrée le 18 juin 2026 contre la zone de l’Aéroport international Diori Hamani de Niamey.

Après plusieurs heures de silence et d’incertitude, Niamey a officiellement pris la parole en fin d’après-midi ce 18 juin 2026, quelques heures après une attaque menée à l’aéroport international de la capitale du Niger. Le ministère nigérien de la Défense s’est exprimé dans un communiqué lu à la télévision nationale. Le bilan est lourd :

« Le bilan provisoire de cette tentative d’incursion perfide s’établit comme suit: côté amis, 13 martyrs dont 11 éléments des forces de défense et de sécurité et 2 civils, 4 blessés. Côté ennemis, 22 assaillants neutralisés, une vingtaine de suspects interpellés. »

Le ministère ajoute qu’une « vaste opération » de l’armée « est en cours » et  que l’aéroport international, « totalement sécurisé, demeure ouvert au trafic aérien ».

La zone de l’aéroport et les quartiers périphériques étaient bouclés, à la mi-journée, ce 18 juin 2026, tout comme les environs de la présidence et de la primature à Niamey. Des check points étaient visibles dans la capitale du Niger, ainsi que des fouilles et des contrôles d’identité. Toutes les unités de la capitale sont en alerte. 

Des explosions et des tirs ont été entendus à l’aube, vers 6h. Les tirs se sont poursuivis pendant plus de deux heures. Selon les premières informations, les assaillants ont visé l’entrée principale de l’aéroport international, du côté civil. 

Pour rappel ,fin janvier 2026, l’aéroport de Niamey ainsi que la base militaire attenante avaient déjà été pris pour cible durant plusieurs heures par une attaque d’ampleur revendiquée par la suite par le groupe État islamique

Elle avait été repoussée par les Forces armées nigériennes (FAN) et ses partenaires russes. Cette attaque avait fait, selon les autorités, quatre blessés et de nombreux dégâts matériels.

Le général Abdourahamane Tiani, chef du régime militaire issu du coup d’État du 26 juillet 2023, avait évoqué « une faille dans le dispositif » qui avait « permis l’attaque », dont « l’objectif était de détruire toutes les capacités aériennes » de l’armée du Niger. Abdourahamane Tiani s’en était alors pris à ceux qu’il appelait les « sponsors de ces mercenaires » : le président français Emmanuel Macron, le président béninois Patrice Talon – auquel a succédé Romuald Wadagni – et le président ivoirien Alassane Ouattara. « Nous les avons suffisamment écoutés aboyer. Qu’ils s’apprêtent, eux aussi, à leur tour, à nous écouter rugir », avait-il prévenu. L’identité des assaillants de ce 18 juin reste à confirmer, à ce stade.

Une opération de déguerpissement de plusieurs quartiers autour de l’aéroport a débuté au début du mois. Les autorités mettant en avant des raisons de sécurité.

Déroulement des événements

Les tirs nourris et les détonations ont débuté au milieu de la nuit et se sont poursuivis au cours de la matinée à l’entrée du site aéroportuaire.

L’armée nigérienne a réussi à repousser les assaillants. Elle a mené d’importantes opérations de ratissage dans les quartiers environnants comme la Route Tchanga.

Fait marquant, des civils locaux ont activement prêté main-forte aux militaires pour traquer et appréhender les suspects.

Un site hautement stratégique

Cette attaque marque le deuxième assaut majeur contre ce complexe sécuritaire en 2026, après un précédent événement survenu fin janvier. La zone touchée revêt une importance cruciale puisqu’elle abrite :

La Base aérienne 101 de l’armée de l’air nigérienne.

L’état-major de la Force unifiée de la Confédération des États du Sahel (AES).

Un important entrepôt de stockage de yellow cake (uranium concentré) appartenant à l’État nigérien.

Bien que l’action n’ait pas été immédiatement revendiquée, les autorités privilégient fortement la piste djihadiste, suspectant notamment le groupe État islamique au Sahel (EIS), déjà responsable de la précédente incursion de janvier. Les vols commerciaux ont été temporairement suspendus et le secteur reste lourdement militarisé

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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