DAKAR, 28 JUIN 2026 (JVFE)—L’Assemblée nationale du Sénégal se réunit en séance plénière ce lundi 29 juin 2026 pour examiner la proposition de loi n°17/2026 portant révision de la Constitution. Ce texte majeur a été déposé par le groupe parlementaire Pastef les Patriotes.

Ousmane Sonko a été réélu à l’unanimité à la tête du parti Pastef, consolidant sa base militante face à la présidence.
:Après son éviction du gouvernement, Ousmane Sonko a pris la présidence de l’Assemblée nationale et a été réélu à l’unanimité à la tête du Pastef début juin.
Ousmane Sonko a pris ses distances avec la politique de l’exécutif, appelant à un recentrage des priorités et dénonçant une situation de cohabitation, le Pastef détenant la majorité absolue à l’Assemblée nationale
La proposition de loi vise principalement à modifier 29 articles de la charte fondamentale afin de rééquilibrer les institutions politiques :
- Création d’une Cour constitutionnelle dotée de 9 membres avec un mandat non renouvelable, en remplacement du Conseil constitutionnel actuel.
- Fin du cumul des fonctions pour interdire au président de la République de diriger un parti politique ou une coalition.
- Renforcement des pouvoirs législatifs donnant à l’Assemblée nationale la capacité de voter des résolutions et d’auditionner des personnalités publiques.
- Encadrement de la transition électorale en limitant les décisions stratégiques et financières de l’État entre le jour du scrutin présidentiel et la proclamation des résultats
Un contexte politique tendu
Le 22 mai, le président Bassirou Diomaye Faye a signé le décret mettant fin aux fonctions d’Ousmane Sonko en tant que Premier ministre, entraînant la dissolution du gouvernement.
Un nouveau gouvernement de 30 membres a été formé, dirigé par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô. Le Pastef boycotte cette équipe, qu’il qualifie de sans assise politique, bien que plusieurs personnalités de l’ancienne coalition aient été reconduites ou nommées.
Cette session s’ouvre au milieu de vifs débats nationaux :
Des collectifs comme Aar Sunu Constitution se mobilisent pour exiger des réformes plus inclusives et éviter des crises constitutionnelles
Le gouvernement a exprimé des réserves. Il invite les parlementaires à reporter l’examen au profit d’une concertation plus large avec la société civile et l’opposition.
Face à la presse, ce samedi, le Collectif AAR SUNU CONSTITUTION appelle à un grand rassemblement le même jour devant l’hémicycle pour dire non à la réforme.
Le collectif AAR SUNU CONSTITUTION a appelé à un rassemblement devant l’hémicycle ce lundi pour contester l’adoption du texte.
Le nouveau président de l’hémicycle a averti qu’il n’accorderait aucun « chèque en blanc » à l’exécutif et n’exclut pas de voter une motion de censure si les orientations de l’État l’exigent

Le rappel de ce processus législatif est exact, rigoureux et tout à fait conforme aux règles constitutionnelles sénégalaises (principalement encadrées par l’article 103 de la Constitution).
Le texte de la Proposition de loi n°17/2026 portant révision de la Constitution suit scrupuleusement ces étapes clés.
JVFE vous donne une synthèse claire et structurée du fonctionnement de cette procédure :
L’Adoption par l’Assemblée nationale
- Examen en plénière : Prévu ce lundi 29 juin 2026 à l’Assemblée nationale du Sénégal.
- Condition de vote : Le projet ou la proposition doit être voté à la majorité simple des suffrages exprimés par les députés présents.
L’Approbation (Validation définitive)
Le texte adopté ne peut plus être modifié. C’est l’intégralité de cette mouture qui est soumise au choix final du Président de la République. Le Chef de l’État dispose alors d’un pouvoir discrétionnaire pour choisir l’une des deux voies suivantes :
- La voie du Référendum :
- Le texte est directement soumis au vote du peuple sénégalais.
- La révision est définitivement adoptée si elle obtient la majorité absolue (plus de 50%) des suffrages exprimés.
- La voie Parlementaire :
- Le Président de la République décide de soumettre le texte directement au Parlement réuni en Congrès.
- Dans ce cas, le texte doit impérativement recueillir la majorité qualifiée des trois cinquièmes (3/5) des suffrages exprimés pour être validé.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
