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Les marchés financiers de ce jeudi 16 juillet 2026 s’orientent vers la prudence et des prises de bénéfices.
DAKAR, 16 juillet 2026 (JVFE)—Les indices mondiaux subissent le contrecoup d’une lourde correction sur le secteur de la tech asiatique et de vives tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Grandes tendances des indices
- Wall Street : Ouvertures attendues en baisse en raison de prises de bénéfices massives.
- Nasdaq et S&P 500 : Le secteur des semi-conducteurs plie sous l’effet de ventes généralisées.
- Bourse de Paris : Le CAC 40 montre des signes d’instabilité en milieu de journée.
- Bourse de Londres : Le FTSE fait preuve de volatilité malgré le retour d’une timide croissance au Royaume-Uni.
Entreprises et opérations majeures
- TSMC : La correction du géant des puces concentre tous les regards et pèse l’ensemble de la tech mondiale.
- Vinci Energies : Lancement d’une Offre Publique d’Achat (OPA) spectaculaire sur All for One à 67,50 € en Allemagne. Celle-ci intègre une prime proche de 100 %.
- Publicis : Les investisseurs saluent la publication de solides résultats semestriels.
- Stellantis : Les volumes progressent avec des ventes en hausse de 3,8 % sur le marché européen (EU30) au premier semestre.
- JCDecaux : Le cours grimpe, porté par la note positive d’un analyste.
- SpaceX : Fait marquant sur la cote américaine où le titre glisse sous son cours d’introduction d’origine.
Macroéconomie et matières premières
Inflation : Au Maroc, le HCP prévoit une légère remontée de l’inflation à 1,1 % pour le deuxième trimestre, portée par l’énergie.
Moyen-Orient : Les frappes militaires soutiennent la fermeté des cours du pétrole brut.
Pétrole : Le baril de Brent s’établit solidement autour des 84 $.
Or : La valeur refuge s’échange à des sommets historiques proches des 4 030 $ l’once.

Les bourses américaines marquent une pause technique et consolident après deux jours de net rebond, les investisseurs digérant une vague de résultats d’entreprises majeurs et l’évolution des perspectives monétaires de la Réserve fédérale.
📊 Comportement des indices et macroéconomie
- Stagnation des contrats : Les contrats à terme sur le S&P 500 et le Dow Jones affichent une variation quasi nulle, tandis que le Nasdaq 100 recule légèrement de 0,21%.
- Indicateurs clés attendus : Les marchés restent suspendus à la publication des chiffres des ventes au détail et des demandes d’allocations chômage pour jauger la trajectoire économique américaine.
- Spéculations sur la Fed : Selon l’outil CME FedWatch, la probabilité d’une hausse des taux de 25 points de base lors de la prochaine réunion monétaire est désormais évaluée à 10,2%, l’accalmie sur l’inflation ayant rassuré les opérateurs malgré les avertissements de certains gouverneurs. [
🏢 Faits marquants du côté des entreprises
- Uber lance une méga OPA : Le géant de la tech a officialisé une offre d’acquisition d’envergure sur son rival allemand Delivery Hero pour une valeur nette de 14,8 milliards de dollars (41,50 euros par action en numéraire), une opération soutenue à l’unanimité par le conseil de la cible.
- Prises de bénéfices sur l’IA et les puces : Le secteur technologique subit des ajustements, matérialisés par le repli de TSMC et de fortes baisses récentes pour Western Digital (-8,78%).
- Pression sur l’aérien : United Airlines recule de plus de 2% en raison de la flambée continue des prix du pétrole brut, qui alourdit ses coûts de carburant de près de 6 milliards de dollars sur l’année.
- Saison des résultats en cours : Après les publications trimestrielles solides des grandes banques comme JPMorgan, BlackRock et Citigroup plus tôt cette semaine, l’attention se porte sur UnitedHealth avant l’ouverture et sur les chiffres de Netflix attendus juste après la clôture du marché.
La prochaine décision de la Réserve fédérale (Fed) sera annoncée le mercredi 29 juillet 2026, à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire (FOMC).
🎯 Les scénarios et anticipations de taux
- Le statu quo privilégié : Le consensus table massivement sur un maintien du taux directeur dans sa fourchette actuelle de 3,50% à 3,75%, un niveau inchangé depuis le début de l’année.
- L’effet “Kevin Warsh” : Pour sa deuxième réunion depuis sa confirmation au Sénat, le nouveau président de la Fed devrait conserver un ton ferme (hawkish). Lors de son audition au Congrès, il a réaffirmé sa tolérance zéro face à l’inflation.
- Le spectre d’une hausse : Bien que la baisse de l’inflation en juin (à 3,5 % sur un an) ait rassuré la rue, la Fed a révisé ses projections d’inflation à la hausse à 3,6 % pour fin 2026 en raison du choc énergétique au Moyen-Orient. Près de la moitié des membres du panel envisagent au moins une hausse de taux d’ici la fin de l’année.
- 📉 Impact attendu sur les marchés financiers
| Scénario pour le 29 juillet | Probabilité | Impact sur les Actions & Obligations | Impact sur les Devises (Dollar) |
| Maintien (3,50-3,75%) + Discours ferme | Élevée | Consolidation des actions tech, stabilité des rendements obligataires. | Haussier (USD-positif) : L’euro et la livre pourraient s’affaiblir. |
| Hausse surprise (+25 pb) | Faible à court terme | Correction brutale sur les indices (S&P 500/Nasdaq) ; flambée des taux obligataires. | Très Haussier : Forte appréciation du Dollar américain. |
| Baisse des taux | Quasi nulle en 2026 | Euphorie sur les marchés d’actions, soulagement pour le secteur immobilier. | Baissier (USD-négatif). |
🛠️ Ce qui fera bouger les lignes d’ici là
La Fed a insisté sur le fait qu’elle guidera sa politique uniquement selon les données macroéconomiques. Les investisseurs scruteront donc de très près les prochaines données de l’emploi ainsi que l’évolution des prix du baril de pétrole (Brent) avant les annonces officielles du 29 juillet à 14h00 (heure de Washington).

Lors de la dernière séance boursière de cette mi-juillet 2026, l’indice S&P 500 a progressé de 0,38 % pour clôturer à 7 543,89 points, soutenu par des chiffres de l’inflation modérés et une orientation globalement positive à Wall Street.
Les chiffres clés de la séance
- Clôture du S&P 500 : 7 543,89 points (+0,38 %).
- Nasdaq Composite : 26 107,01 points (+0,90 %).
- Dow Jones : 52 508,66 points (+0,02 %).
Les faits marquants à retenir
Faibles volumes : Le volume d’échanges (16,38 milliards d’actions) est resté inférieur à la moyenne des vingt dernières séances (21,66 milliards).
Dynamique macroéconomique positive : La tendance haussière a été soutenue par une baisse inattendue de 0,3 % de l’indice des prix à la production (PPI) de juin, apaisant les craintes inflationnistes.
Performance sectorielle : Le secteur technologique a mené la hausse, tandis que la santé a sous-performé.
Chute d’IBM : L’action IBM a chuté de 25,2 % suite à un avertissement sur son chiffre d’affaires.
Sentiment de marché : Sur le NYSE, le nombre de titres en hausse a largement dépassé celui des baisses.

La Bourse de Paris évolue en légère baisse ce jeudi 16 juillet 2026, le CAC 40 reculant de 0,62 % autour des 8 330 points à la mi-journée. Le marché parisien est freiné par le net repli mondial du secteur de la tech et des semi-conducteurs, ainsi que par la persistance des risques géopolitiques au Moyen-Orient.
Moteurs macroéconomiques du jour
- Secousses sur la tech et l’IA : Dans le sillage des places asiatiques, les investisseurs s’interrogent sur la pérennité des valorisations liées à l’intelligence artificielle.
- Tensions géopolitiques : Les incertitudes autour du détroit d’Ormuz soutiennent les cours du pétrole brut (Brent à 84,20 $), alimentant la prudence face à l’inflation.
- Espoir sur les taux américains : Des indicateurs de prix plus modérés aux États-Unis entretiennent l’espoir d’un assouplissement de la Fed, ce qui stabilise en partie les indices.
Faits marquants des entreprises (Microéconomie)
📈 Les valeurs en hausse
- Publicis (+1,92 % à 90,36 €) : Le géant publicitaire prend la tête du CAC 40 après avoir publié de solides résultats semestriels et relevé son objectif de croissance organique annuelle
- JCDecaux (+5 % à 22,40 €) : Le groupe de communication extérieure est fortement recherché suite à une recommandation positive de JP Morgan.
- Sodexo (+0,57 % à 53 €) : Le groupe profite de l’annonce d’un contrat mondial majeur pour assurer la restauration sur l’ensemble des sites de Meta.
📉 Les valeurs en baisse
- Soitec (-7,21 % à 90,60 €) & STMicroelectronics (-3,58 % à 56,77 €) : Les valeurs françaises des semi-conducteurs corrigent lourdement, pénalisées par les doutes globaux sur la rentabilité à court terme de la tech.
- Infrastructures électriques : Les entreprises exposées aux centres de données reculent par ricochet, notamment Schneider Electric (-1,68 %) et Legrand (-2,31 %).
- TOTALENERGIES (-1,94 % à 69,27 €) : Le titre sous-performe la tendance malgré la fermeté des prix du pétrole.
Actualité réglementaire et financière
Étude de l’AMF : L’Autorité des marchés financiers a publié ce matin une analyse de long terme (2007-2025) soulignant une concentration accrue de la cote parisienne autour de ses grandes valeurs et s’inquiétant de l’attrition du nombre de PME cotées face à la concurrence des financements privés.

La Bourse de Londres a évolué en légère baisse ce 16 juillet 2026, le FTSE 100 cédant 0,13 % à 10 492,88 points en cours de séance. Les investisseurs ont été tiraillés entre de solides indicateurs économiques locaux et le regain des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Évolution de l’indice principal
- FTSE 100 : -0,13 % à 10 492,88 points.
- Tendance globale : Pressions géopolitiques liées au détroit d’Hormuz surclassant les bonnes nouvelles macroéconomiques.
Faits macroéconomiques marquants
- Croissance du PIB : L’économie britannique montre des signes de reprise avec une hausse de 0,1 % du PIB réel en mai (portée par une croissance de 0,3 % des services), après une contraction le mois précédent.
- Balance commerciale : Le déficit commercial du Royaume-Uni s’est réduit à 19,5 milliards de livres sterling, grâce à un bond de 4,5 % des exportations.
- Climat politique : Les marchés surveillent de près la transition vers le futur Premier ministre Andy Burnham, attendu pour nommer Shabana Mahmood aux Finances afin de maintenir une rigueur budgétaire.
Mouvements majeurs des actions (FTSE 100)
| Plus fortes hausses | Performance | Plus fortes baisses | Performance |
| ICG PLC | +5,53 % | Anglo American PLC | -3,35 % |
| St. James’s Place PLC | +4,29 % | Airtel Africa PLC | -3,26 % |
| Barratt Redrow PLC | +4,28 % | Fresnillo PLC | -3,08 % |
Actualités des entreprises phares
Barratt Redrow : S’est distingué à la hausse grâce à l’annonce d’un nouveau plan de rachat d’actions.
Frasers Group : Le titre a lourdement chuté en raison de l’absence de prévisions financières pour l’exercice 2027, liée aux incertitudes sur les rachats en cours d’Hugo Boss et d’Accent Group.
Ocado Group : A maintenu ses perspectives de flux de trésorerie positif malgré des résultats semestriels sous-jacents plus faibles.
Crest Nicholson : A ajusté son objectif de bénéfice d’exploitation pour 2026 dans le bas de sa fourchette initiale (5 à 15 millions de livres) à cause d’une demande immobilière atone.

La séance de la Bourse du Nigeria (Nigerian Exchange – NGX) du 16 juillet 2026 s’est distinguée par une dynamique contrastée, marquée par un repli de son indice principal malgré une augmentation notable de la richesse globale du marché. Ce mouvement s’explique par un fort engouement pour le secteur bancaire, atténué par des prises de bénéfices sectorielles, au moment même où l’inflation nationale affiche un net recul à 15,91 %.
Voici les faits marquants de cette journée boursière :
Évolution des indices et capitalisation
- Recul de l’ASI : L’indice de référence NGX All-Share Index (ASI) a enregistré une légère baisse de 0,21 %, clôturant la session à 242 366,75 points.
- Hausse de la capitalisation : Paradoxalement, la capitalisation boursière totale a progressé de 0,25 % (soit un gain de 390,32 milliards de nairas), pour s’établir à 156,24 billions de nairas. Cette augmentation s’explique principalement par l’admission de nouvelles actions sur la cote de la bourse.
- Rendement annuel robuste : Malgré cette légère correction journalière, le rendement annuel depuis le début de l’année (Year-to-Date) reste exceptionnel, se maintenant autour de 55,8 %. Le marché nigérian figure ainsi parmi les places boursières les plus performantes au monde en 2026.
Top Performances (Gainers & Losers)
La session a mis en avant une rotation claire des portefeuilles, favorisant le secteur financier au détriment des biens de consommation et industriels .
- Les plus fortes hausses : Le secteur financier a porté le marché, mené par le géant First HoldCo Plc qui a bondi de 10 %. Il a été suivi par d’autres valeurs clés comme Thomas Wyatt Nigeria Plc (+9,29 %) et Transnational Corporation (Transcorp) (+6,2 %).
- Les plus fortes baisses : Les actions industrielles et de grande consommation ont pesé sur l’indice. Des entreprises telles que Trans-Nationwide Express, International Breweries Plc et HMC Allied Plc ont figuré parmi les principaux perdants de la journée.
Activité et volumes échangés
L’activité globale a connu un ralentissement technique par rapport à la session précédente :
- Un total de 476,34 millions de titres a changé de mains.
- La valeur globale des transactions s’est élevée à 29,62 milliards de nairas, répartie en 40 992 transactions.
- First HoldCo Plc a de nouveau écrasé le marché en termes d’activité, représentant à lui seul 16,55 % du volume total négocié au cours de la journée.]
Contexte Macroéconomique
Cette séance s’est déroulée en parallèle de la publication des dernières données macroéconomiques du pays. Le Bureau National des Statistiques (NBS) a annoncé une contraction de l’inflation à 15,91 % en juin 2026, une nouvelle majeure qui alimente la confiance des investisseurs institutionnels quant à une stabilisation durable de l’économie réelle à l’aube du second semestre.

Une étape historique pour la finance durable africaine : l’introduction officielle, le vendredi 10 juillet 2026, des obligations durables de la SENELEC à la Bourse de Luxembourg (LuxSE) et sur la plateforme Luxembourg Green Exchange (LGX).
Vendredi dernier, à l’occasion d’une cérémonie spéciale de sonnerie de la cloche (« Ring the Bell ») organisée à la Bourse de Luxembourg (Luxembourg Stock Exchange – LuxSE), les dirigeants de la Société nationale d’électricité du Sénégal (SENELEC) et de la Bourse de Luxembourg se sont réunis pour célébrer l’admission des obligations liées au développement durable (Sustainability-Linked Bonds – SLBs) de SENELEC, d’un montant de 108 milliards de FCFA (environ 164 millions d’euros), à la Bourse de Luxembourg ainsi que leur référencement sur la plateforme Luxembourg Green Exchange (LGX).
La SENELEC est la société nationale sénégalaise chargée de la production, du transport, de la distribution et de la commercialisation de l’électricité. Elle fournit de l’électricité à près de 80 % de la population sénégalaise et joue un rôle central dans la stratégie nationale visant à assurer l’accès universel à l’électricité et à porter la part des énergies renouvelables à 40 % du mix énergétique national d’ici 2030.
Cette opération combine une structure d’obligations liées au développement durable avec une composante d’affectation des fonds à des projets verts. Environ 52,5 % des ressources mobilisées seront consacrées à des projets éligibles dans les domaines des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique, conformément au cadre de durabilité de la SENELEC.
La composante liée au développement durable repose également sur des indicateurs clés de performance (KPI) et des objectifs de performance en matière de durabilité (SPT) clairement définis, notamment la réduction des pertes sur le réseau de transport et l’amélioration de l’accès à l’électricité. Cette double structure contribue aux objectifs plus larges de transition énergétique du Sénégal, tout en démontrant la capacité des marchés de capitaux à financer des infrastructures durables en Afrique.
« Cette opération de titrisation constitue une innovation majeure. Sa cotation à la Bourse de Luxembourg et son référencement sur la plateforme LGX représentent une étape importante pour la SENELEC et pour les marchés financiers africains. Elle traduit notre volonté de diversifier durablement nos sources de financement, d’optimiser la gestion de nos créances et de renforcer notre capacité à mobiliser des financements à moyen et long terme dans des conditions compétitives et transparentes. Notre objectif est d’accélérer la transformation du secteur énergétique sénégalais, d’étendre l’accès universel à l’électricité et de soutenir nos ambitions en matière de transition énergétique et de développement durable. Cette opération reflète également la confiance des investisseurs dans la résilience de notre modèle économique ainsi que dans la Vision Sénégal 2050, qui vise à bâtir un avenir énergétique plus inclusif et plus résilient », a déclaré Papa Toby Gaye, Directeur général de la SENELEC.
Structurées sous la forme d’une opération de titularisation adossée à des créances de factures d’électricité échues, ces obligations constituent les premiers titres émis par la société nationale d’électricité du Sénégal à être admis sur la Securities Official List de LuxSE (LuxSE SOL) et référencés sur LGX. Cette opération renforce l’engagement de la SENELEC en faveur de l’accélération de la transition énergétique du Sénégal, tout en élargissant son accès aux marchés internationaux de capitaux grâce à des financements en monnaie locale.
« Nous sommes heureux d’accueillir SENELEC à LuxSE et sur LGX avec cette première émission d’obligations liées au développement durable. Cette transaction démontre comment les marchés de capitaux durables peuvent soutenir la transition énergétique en Afrique en mettant en relation des émetteurs ambitieux et des investisseurs internationaux. Nous sommes fiers d’accompagner la SENELEC dans la réalisation de ses objectifs de durabilité et dans ses efforts visant à élargir l’accès à une électricité fiable, abordable et plus propre au Sénégal », a déclaré Julie Becker, Directrice
Renforcer la coopération transfrontalière
La cérémonie « Ring the Bell » s’est également déroulée en présence de Dr Edoh Kossi AMENOUNVE, Directeur Général de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM), la bourse régionale commune aux huit États membres de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), ainsi que de Jean-Philippe Aithnard, Directeur général adjoint de BOAD Titrisation, institution ayant accompagné la structuration du véhicule de titrisation ayant permis cette émission.
« L’admission des titres de la SENELEC à la Bourse de Luxembourg et leur référencement sur LGX confèrent une visibilité internationale à une opération qui constitue une étape majeure pour les marchés de capitaux africains. En tant que première opération de titrisation en Afrique combinant une composante d’obligation verte et une composante d’obligation liée au développement durable, elle démontre que des solutions de financement sophistiquées en monnaie locale peuvent être alignées sur des objectifs environnementaux et sociaux mesurables. En sa qualité d’arrangeur et de société de gestion, BOAD Titrisation est fière d’avoir contribué à la structuration d’un instrument qui soutient la transition énergétique du Sénégal tout en ouvrant de nouvelles perspectives pour la finance durable à travers le continent », a déclaré Adji Sokhna M’Baye, Directrice générale de BOAD Titrisation.
Les obligations liées au développement durable de la SENELEC constituent une nouvelle double cotation entre la Bourse de Luxembourg et la BRVM, dans le prolongement du protocole d’accord (MoU) signé entre les deux places boursières en 2022. À travers ce partenariat, LuxSE et la BRVM s’engagent à promouvoir la finance durable en Afrique de l’Ouest en facilitant les doubles cotations, en soutenant le développement des marchés financiers et en favorisant le partage des connaissances.
« La double cotation des obligations liées au développement durable de la SENELEC à la BRVM et à la Bourse de Luxembourg va bien au-delà d’une simple opération de marché. Elle constitue un signal fort de la confiance croissante accordée aux marchés financiers africains et de la capacité de notre région à proposer des solutions de financement innovantes répondant aux meilleurs standards internationaux. Cette réussite confirme la transformation de la BRVM en une place financière connectée à l’international, où l’épargne régionale et les capitaux mondiaux convergent pour financer des infrastructures durables et une croissance inclusive. La BRVM et la Bourse de Luxembourg ouvrent ensemble de nouvelles perspectives permettant aux émetteurs africains d’accéder aux investisseurs internationaux tout en renforçant le développement de la finance durable au bénéfice de nos économies », a déclaré Dr Edoh Kossi AMENOUNVE, Directeur Général de la BRVM.
Voici une analyse synthétique JVFE des éléments clés et des mécanismes financiers de cette opération majeure.
Objectifs financiers et stratégiques
- Montant mobilisé : 108 milliards de FCFA (environ 164 millions d’euros).
- Structure de l’opération : Une titrisation innovante adossée à des créances de factures d’électricité échues. C’est une première absolue pour un service public sur le continent africain
- Double cotation : Les titres bénéficient d’une double cotation à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) et à la LuxSE. Cela permet d’attirer des capitaux internationaux tout en maintenant un financement en monnaie locale. [
Allocation des fonds et engagements écologiques
L’émission combine des critères d’obligations vertes (Green Bonds) et d’obligations liées au développement durable (Sustainability-Linked Bonds – SLBs).
- Énergies propres : 52,5 % des ressources seront directement injectés dans des projets d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique.
- Mix énergétique ciblé : Ce capital soutient l’ambition nationale d’atteindre 40 % d’énergies renouvelables d’ici 2030.
- Indicateurs de performance (KPI) : Le coût du financement est indexé sur des résultats concrets, incluant la réduction des pertes sur le réseau électrique et l’élargissement de l’accès à l’électricité à travers le pays.
Impact pour les marchés africains
Cette opération, arrangée avec le concours de BOAD Titrisation, démontre la maturité croissante des entreprises publiques africaines. Elle prouve qu’elles peuvent concevoir des architectures financières complexes, capables de séduire les investisseurs institutionnels mondiaux les plus exigeants en matière de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).
La séance boursière de la BRVM du jeudi 16 juillet 2026 s’est ouverte sous le signe de la confiance, portée par une forte dynamique d’achat sur plusieurs secteurs clés.
L’ouverture du marché du 16 juillet 2026
Le marché montre un franc enthousiasme des investisseurs dès le matin :
- BOA Burkina Faso (BOABF) s’envole à 7 335 FCFA, soit un bond de +7,47 %.
- AGL Côte d’Ivoire (SDSC) progresse fortement de +7,33 % à 2 710 FCFA.
- Uniwax (UNXC) s’apprécie également de +7,24 % à 1 780 FCFA.
- Sucrivoire (SCRC) affiche une belle hausse de +6,85 % à 3 900 FCFA.
- Ecobank Transnational Inc. (ETIT) progresse de +6,41 % à 83 FCFA.
Rappel de la clôture de la veille (15 juillet 2026)
Cette poussée fait suite à une séance du mercredi globalement haussière mais aux volumes mitigés :
- Indices : Le BRVM Composite avait gagné +0,37 % à 481,23 points et le BRVM 30 +0,53 % à 228,95 points.
- Capitalisation globale : Le marché des actions s’établissait à 18 538,3 milliards FCFA.
- Transactions : Une baisse des volumes échangés a été constatée, chutant à 2,969 milliards FCFA contre 3,906 milliards le jour précédent.
Opérations financières majeures du jour
- Détachement de dividende : C’est aujourd’hui, le 16 juillet, que l’action du FCTC SONATEL C-1 6,40 % 2023-2028 commence à côter ex-coupon. Le paiement de ses intérêts semestriels et son remboursement de capital partiel interviendront le 19 juillet.
- Assemblée Générale : La société SITAB (Société Ivoirienne de Tabacs) tient son Assemblée Générale Ordinaire ce matin à 9h00 à Abidjan pour valider son rapport annuel d’exercice.


La Bourse de Casablanca a entamé sa séance du jeudi 16 juillet 2026 dans le rouge, marquée par un léger repli de ses principaux indices à l’ouverture.
Évolution des indices à l’ouverture
- MASI (indice phare) : Recul de 0,29% pour s’établir à 17.830,47 points.
- MASI 20 (les 20 valeurs les plus liquides) : Cession de 0,45% à 1.318,07 points.
- MASI ESG (entreprises à haute notation durable) : Abandon de 0,14% à 1.270,96 points.
- MASI Mid and Small Cap : Légère progression à contre-courant de 0,04% à 1.781,71 points.
Rappel de la veille (Séance du 15 juillet 2026)
Ce début de journée fait suite à une séance de mercredi qui s’était pourtant redressée in extremis :
- Le MASI avait clôturé en hausse de 0,38% à 17.882,04 points.
- Le volume global des échanges avait atteint 142,90 millions de dirhams, porté principalement par le marché central.
- Les titres les plus actifs étaient alors Résidences Dar Saada (15,55 MDH) et Managem (15,38 MDH).
Sur le plan monétaire global en cette journée du 16 juillet, on note également une appréciation du dirham face au dollar américain. Vous pouvez suivre les actualités du marché en continu sur le portail de la Bourse de Casablanca.
Les marchés financiers & l’économie : les points clés de JVFE
- L’espoir d’un apaisement au Moyen-Orient a permis aux marchés de réduire la prime de risque.
- La Fed adopte une posture plus ferme face à une inflation persistante, tandis que l’économie américaine résiste mieux qu’attendu.
- La zone euro montre des signes d’essoufflement, confrontée à une croissance faible et à un retour des pressions inflationnistes qui pousse la BCE à durcir son discours.
- Les marchés actions ont été globalement bien orienté au cours du mois de Juin.
Les grandes actualités géopolitiques et les performances sur les marchés financiers
- Un accord de paix pour rassurer les marchés, vraiment ?
Se dirige-t-on vers la fin de la guerre qui oppose l’Iran aux États-Unis et à leurs alliés ? Un protocole d’accord a bien été signé entre les parties prenantes le 17 juin dernier.
Le texte s’articule autour de quatre piliers : la réouverture progressive du détroit d’Ormuz, un plan de reconstruction de l’Iran, l’engagement de Téhéran à ne pas se doter de l’arme nucléaire et un assouplissement des sanctions visant ses exportations pétrolières.
Il prévoit qu’un accord définitif devra être négocié dans un délai de 60 jours.
Sur le terrain, pourtant, la réalité est bien différente. Les tensions restent vives. Les Gardiens de la Révolution poursuivent leurs attaques de drones contre des navires transitant par le détroit d’Ormuz.
Washington n’est pas resté sans réponse. Les États-Unis ont mené une nouvelle série de frappes aériennes contre des infrastructures militaires iraniennes.
Depuis, chaque camp accuse l’autre d’avoir rompu le cessez-le-feu le premier. Fidèle à sa rhétorique, Donald Trump a de nouveau affirmé que l’Iran « cessera d’exister » si le conflit armé devait de nouveau reprendre.
Interrogé par L’Agefi, Claudio Galimberti, chef économiste chez Rystad Energy, dit ne pas être surpris par ces nouveaux dérapages et relativise la portée de cet accord : « Un accord signé n’est pas un accord opérationnel, et le différend sur le séquençage – chaque partie insistant pour que l’autre fasse le premier pas – demeure la principale ligne de fracture, tandis que le Liban continue de représenter un facteur imprévisible que ni Washington ni Téhéran ne contrôlent pleinement. »
- Pétrole : l’heure du reflux sur les marchés ?
Les cours du pétrole ont pratiquement retrouvé leur niveau d’avant la crise, autour de 72 dollars le baril de brent. La signature du protocole de paix a contribué à desserrer l’étau qui pesait sur les prix de l’or noir, dissipant une partie de la prime de risque géopolitique intégrée par les marchés financiers.
La rapidité et l’ampleur de ce repli s’expliquent également par la capacité des principaux producteurs du Golfe à limiter les effets d’une éventuelle fermeture du détroit d’Ormuz. Des infrastructures alternatives ont permis de maintenir une partie des flux d’exportation. « L’augmentation de l’utilisation de l’oléoduc Est-Ouest saoudien, reliant les champs pétroliers du Golfe au port de Yanbu, sur la mer Rouge, ainsi que du pipeline reliant Abou Dhabi au terminal de Fujairah, a permis de compenser près d’un quart des volumes transitant habituellement par le détroit d’Ormuz », souligne Thomas Giudici, directeur de la gestion obligataire chez Auris Gestion.
À cela s’ajoute un autre facteur de stabilisation. Les exportations nettes de pétrole des États-Unis ont fortement progressé ces derniers mois, passant d’environ 5 à près de 9 millions de barils par jour, renforçant la capacité du marché à absorber un éventuel choc d’approvisionnement.
Enfin, la demande chinoise s’est révélée moins dynamique qu’attendu. Pékin a sensiblement réduit ses achats de brut, s’appuyant sur des stocks stratégiques constitués de longue date, tandis que sa dépendance énergétique continue de reculer sous l’effet de la montée en puissance du nucléaire, des énergies renouvelables et de la mobilité électrique.
- Les performances des marchés financiers
Les grandes places boursières avancent en ordre dispersé, oscillant au gré des événements géopolitiques et des espoirs d’apaisement entre l’Iran et les États-Unis.
Le S&P 500 abandonne 1,7 % sur le mois de juin, pénalisé par les incertitudes qui continuent de peser sur les marchés. Les valeurs technologiques souffrent également. Le Nasdaq perd quasiment 4 % sur la même période.
En Europe, les marchés affichent un visage plus rayonnant, même si les écarts demeurent marqués. L’Euro Stoxx 50 progresse de 4,5 %, tandis que le CAC 40 s’adjuge 2,8 %. Seule exception parmi les grands indices de la zone, le DAX allemand cède 0,1 %.
En Asie, les performances restent plus mesurées. Le Shanghai Composite avance de 0,9 %, tandis que le Nifty 50 indien gagne 2 %.
Du côté des marchés obligataires, les rendements souverains se sont détendus. Le taux de l’emprunt américain à dix ans est revenu à 4,36 %. Le mouvement est également perceptible en Europe, où le rendement du Bund allemand s’établit désormais à 2,88 %, contre 3,61 % pour l’OAT française.

- SpaceX, les chiffres fous d’une introduction en Bourse historique
75 milliards de dollars levés. Une valorisation de 1 750 milliards de dollars. Un prix d’introduction fixé à 135 dollars par action. Trois jours après son arrivée en Bourse, le titre s’envolait même jusqu’à 225 dollars. Les chiffres donnent le vertige. Avec cette introduction, SpaceX a signé la plus importante valorisation jamais enregistrée lors d’une IPO, dépassant le précédent record détenu par Saudi Aramco.
L’euphorie des premiers jours n’a toutefois pas résisté à l’épreuve du marché. Depuis son pic, l’action a nettement corrigé pour revenir autour de 154 dollars, un niveau désormais proche de son cours d’ouverture fixé à 150 dollars.
Cette baisse s’explique d’abord par les prises de bénéfices, un mouvement classique après une introduction d’une telle ampleur. Mais les investisseurs avancent également des motifs plus fondamentaux.
SpaceX a ainsi annoncé son intention de lever au moins 20 milliards de dollars afin de refinancer une partie de sa dette, dont plusieurs échéances importantes interviendront l’an prochain. Une opération qui pourrait peser sur le titre à court terme.
Autre point de vigilance : les critères extra-financiers. MSCI a attribué à SpaceX la note « CCC », le plus faible échelon de son échelle ESG, évoquant une « forte exposition aux risques et une incapacité à les gérer ». L’agence pointe également une gouvernance jugée particulièrement faible, avec une note de 3,2 sur 10. En cause, notamment, la structure du capital : Elon Musk détient plus de 82 % des droits de vote grâce à des actions assorties de dix droits de vote chacune, contre un seul pour les actions ordinaires.
États-Unis : Kevin Warsh imprime sa marque
Dans sa dernière note de conjoncture, l’OCDE dessine plusieurs trajectoires possibles pour l’économie mondiale. Dans le scénario le plus défavorable, la croissance pourrait tomber à 2 % cette année, après 3,4 % en 2025, avant de ralentir encore à 1,8 % en 2027.
Outre-Atlantique, la première économie mondiale affiche toutefois une résistance supérieure aux attentes. Au premier trimestre, le PIB américain a finalement progressé de 2,1 % en rythme annualisé, contre une première estimation de 1,6 %. Un net rebond après la croissance limitée à 0,5 % enregistrée au quatrième trimestre 2025.
Cette résilience n’efface toutefois pas les interrogations des investisseurs. Les tensions inflationnistes persistent et le changement de ton de la Réserve fédérale alimente les incertitudes sur la trajectoire des taux.
- Une économie qui tient le cap
En attendant les chiffres du deuxième trimestre, les indicateurs conjoncturels restent globalement solides, même si certains envoient des messages plus contrastés.
L’indice manufacturier de la Fed de New York s’est établi à 5,7 points en juin, en nette baisse par rapport aux 19,6 points enregistrés en mai. Un ralentissement qui traduit un essoufflement de l’activité industrielle, sans pour autant remettre en cause la dynamique générale.
Le marché du travail, lui, continue de surprendre favorablement. Les États-Unis ont créé 172 000 emplois en mai, soit près du double des anticipations, qui tablaient sur 85 000 créations. Le taux de chômage demeure stable à 4,3 %, après avoir progressivement remonté depuis son point bas de 3,4 % atteint en avril 2023.
En d’autres termes, l’emploi résiste. Malgré les tensions géopolitiques et une inflation qui continue d’éroder le pouvoir d’achat, les entreprises poursuivent leurs recrutements.
La confiance des ménages s’est également redressée. L’indice de l’Université du Michigan est remonté à 48,9 points en juin, contre 44,8 le mois précédent et un consensus fixé à 46,1 points. Le reflux des prix de l’essence en début de mois a offert un peu d’oxygène aux consommateurs.
Ce rebond ne doit toutefois pas masquer une tendance plus préoccupante. Le sentiment financier des ménages continue de se dégrader. Près de 43,6 % des Américains estiment aujourd’hui être dans une situation financière moins favorable qu’il y a un an, un record depuis janvier 2023 et le troisième mois consécutif de hausse. 36 % d’entre eux anticipent une nouvelle dégradation au cours des douze prochains mois.
Les pressions sur les prix, en particulier dans l’énergie, continuent de peser sur les budgets des ménages. Certes, les salaires progressent de 3,5 % sur un an, mais ce rythme demeure insuffisant pour compenser pleinement l’inflation.
- Une Fed plus ferme que prévu
Sur le front des prix, les derniers chiffres confirment que le combat contre l’inflation n’est pas encore terminé. L’indice PCE, principal baromètre suivi par la Réserve fédérale américaine, a progressé de 4,2 % sur un an en mai, apres 3.8% en avril .
Sa version sous-jacente (« core ») ressort à 3,4 %, contre 3,3 % le mois précédent.
La Fed anticipe désormais une inflation de 3,6 % à la fin de 2026, contre 2,7 % dans ses projections de mars. Une révision largement attribuée aux conséquences économiques du conflit avec l’Iran.
Cette réunion de juin était particulièrement attendue : elle marquait les premiers pas de Kevin Warsh à la présidence de la FED. Sans surprise, le comité de politique monétaire a laissé ses taux directeurs inchangés dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %. La décision a été prise à l’unanimité, sans la moindre dissension, y compris sur le communiqué final.
Le véritable changement est venu du ton employé.
Kevin Warsh a clairement choisi de remettre la lutte contre l’inflation au premier plan. Le communiqué ne fait plus référence à d’éventuelles baisses de taux cette année. Un signal qui n’a pas échappé aux marchés.
« Sur les 18 prévisions formulées, neuf participants considèrent désormais qu’une ou plusieurs hausses de taux seraient appropriées en 2026, alors que la médiane des projections de mars suggérait encore une baisse possible », souligne Florent Wabont, économiste chez Ecofi.
Autre évolution notable : la création de cinq groupes de travail chargés de réfléchir aux grandes orientations de la Fed. Les travaux porteront notamment sur la stratégie de communication – et en particulier l’utilisation du dot plot -, la gestion du bilan de la banque centrale, la qualité des données économiques, les gains de productivité liés à l’intelligence artificielle ainsi que les méthodes de mesure de l’inflation.
- Pour Kevin Warsh le changement c’est maintenant
Au-delà de ces chantiers, Kevin Warsh semble vouloir modifier en profondeur la manière dont la Fed dialogue avec les marchés. Il juge que la banque centrale est devenue trop prévisible à force de guider les investisseurs sur l’évolution future des taux. Son objectif est de redonner davantage de poids aux données économiques, quitte à laisser les marchés reconstruire eux-mêmes leurs anticipations.
Pour Bruno Jacquier, Head of Research chez Altitude IS, cette première réunion dépasse largement le simple statu quo monétaire : « Pour ses débuts, Warsh a endossé un rôle rassurant, soignant sa crédibilité anti-inflation et l’indépendance de l’institution. Mais derrière cette façade, il prépare méthodiquement le terrain. Les cinq groupes de travail, tout comme son abstention dans la grille et l’abandon de la forward guidance, sont autant de leviers destinés à justifier une prochaine baisse des taux directeurs, et non une hausse. La réaction des marchés a davantage correspondu à un choc de taux qu’à une crainte de récession. »
Ce premier rendez-vous laisse ainsi entrevoir une présidence différente : moins prévisible dans sa communication et plus exigeante sur la crédibilité de la banque centrale.
Zone euro : le ralentissement se confirme
L’économie européenne est-elle en train de perdre son élan ? Les perspectives se dégradent mois après mois. En zone euro, la croissance ne devrait pas dépasser 0,8 % en 2026. Un plafond déjà modeste, qui tomberait à 0,7 % pour les deux principales économies du continent, l’Allemagne et la France.
À Paris, le constat est encore plus sévère. La Banque de France a revu en nette baisse ses prévisions et n’anticipe plus qu’une croissance de 0,5 % pour l’économie française en 2026, soit 0,4 point de moins que dans ses projections de mars. Une perspective d’autant plus préoccupante que le déficit public dépasse désormais les 5 % du PIB.
- L’Espagne, locomotive du continent
Le premier trimestre a confirmé l’essoufflement de l’économie européenne. Eurostat a fortement révisé la croissance de la zone euro, désormais estimée à -0,2 % sur le trimestre, contre +0,1 % lors de la première publication.
Cette révision s’explique essentiellement par la méforme de l’Irlande. Le PIB du pays, d’abord estimé en baisse de 2 %, affiche finalement une contraction spectaculaire de 12 %, conséquence du brutal ralentissement de l’activité des multinationales installées sur son territoire. Leur production a chuté de 27 % par rapport au trimestre précédent. Sans cette contre-performance, la croissance de la zone euro aurait atteint 0,3 %.
Dans ce paysage morose, un pays continue de faire figure d’exception : l’Espagne.
L’économie espagnole enchaîne les bonnes surprises et affiche une vigueur qui contraste avec les difficultés rencontrées par la France et l’Allemagne. Fort de cette dynamique, le gouvernement espagnol a relevé ses prévisions et table désormais sur une croissance de 2,6 % en 2026.
- Une activité qui s’essouffle
Cette performance espagnole ne suffit toutefois pas à masquer le ralentissement général de la zone euro.
L’investissement recule de 3 % après plusieurs trimestres de redressement. La consommation des ménages ralentit également, avec une progression limitée à 0,2 % au premier trimestre, contre 0,4 % fin 2025. Toutes les grandes économies de la zone sont concernées, à l’exception de l’Italie.
Les enquêtes de conjoncture confirment ce tassement.
L’indice PMI composite ressort à 49,5 points en juin, légèrement au-dessus des attentes mais toujours sous le seuil des 50 points, synonyme de contraction de l’activité. Le secteur manufacturier montre lui aussi des signes d’essoufflement, son indice reculant de 50,1 à 50 points, son plus bas niveau depuis cinq mois.
Le moral des ménages, lui, ne s’améliore pas. L’indice de confiance des consommateurs reste stable à -17,7 points, tandis que le sentiment des investisseurs mesuré par Sentix remonte légèrement, à -13,4 points contre -16,4 en mai. Un mieux, certes, mais qui traduit davantage un ralentissement du pessimisme qu’un véritable retour de la confiance.
Phil Smith, directeur associé de l’économie chez S&P Global Market Intelligence, résume cette situation contrastée pour le journal Les Echos. « La bonne nouvelle est que les pressions inflationnistes ont commencé à s’atténuer, les coûts des intrants augmentant à leur rythme le plus lent depuis la période précédant immédiatement le début de la guerre au Moyen-Orient, même s’ils demeurent élevés au regard des standards historiques. La mauvaise nouvelle est que l’activité des entreprises a reculé pour le troisième mois consécutif, et au rythme le plus rapide de cette série, augmentant ainsi la probabilité que l’économie soit retombée en contraction au deuxième trimestre. »
- La BCE change de cap
L’inflation est venue compliquer un peu plus l’équation.
En mai, les prix à la consommation ont progressé de 3,2 % sur un an en zone euro, franchissant à nouveau le seuil des 3 % pour la première fois depuis plus de deux ans. Les tensions sur les marchés de l’énergie, alimentées par le conflit au Moyen-Orient, expliquent en grande partie cette remontée.
Mais le mouvement ne se limite pas à l’énergie. L’inflation sous-jacente atteint désormais 2,5 %, un niveau supérieur aux attentes des économistes. Les services, notamment les transports et les voyages organisés, enregistrent les plus fortes hausses, tandis que les prix de l’alimentation ralentissent progressivement.
Face à cette résurgence des tensions inflationnistes, la Banque centrale européenne a choisi d’agir.
Réuni en juin, le Conseil des gouverneurs a relevé son taux de dépôt de 25 points de base, à 2,25 %. Une première hausse depuis 2023. Le message envoyé par Francfort est limpide : la priorité redevient la maîtrise de l’inflation.
« Toutefois, compte tenu des récentes baisses des prix du pétrole et du gaz, nous pensons que cette hausse des taux restera ponctuelle. Si les hostilités devaient reprendre au Moyen-Orient, de nouveaux relèvements seraient en revanche probables », estime un analyste d’un grand établissement financier britannique.
Cette décision ne sera pas sans conséquences pour les potentiels investisseurs immobiliers.
Les taux des crédits immobiliers, déjà revenus autour de 3,4 % sur vingt ans en juin, pourraient repartir à la hausse si la BCE poursuivait son resserrement monétaire. Une nouvelle augmentation des taux directeurs, évoquée par certains observateurs dès le mois de septembre, alourdirait mécaniquement le coût du financement immobilier.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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