Crise migratoire :le Parti populaire promeut une réforme de la loi sur l’immigration afin d’autoriser les « retours frontaliers » des immigrés à Ceuta et Melilla

AKAR, 16 juillet 2026 (JVFE)—Elle réagit à la décision de la Cour suprême selon laquelle la loi n’autorise pas le rejet immédiat et « brûlant » des migrants qui nagent par mer vers les deux villes autonomes.

Le Parti populaire promeut une réforme de la Loi organique sur les étrangers afin de permettre ce que l’on appelle familièrement les « retours chauds » des migrants arrivant en nageant et de manière irrégulière sur les côtes des deux villes autonomes de Ceuta et Melilla. C’est-à-dire des expulsions immédiates ou des « rejets à la frontière ».

Cette démarche vise à donner une couverture légale stricte aux forces de l’ordre face à l’augmentation de la pression migratoire dans ces deux enclaves espagnoles situées en Afrique du Nord.

Cela a été annoncé par la députée européenne et porte-parole de la zone d’immigration du parti de Feijóo, Alma Ezcurra, après avoir rencontré à Palma de Majorque des représentants de toutes les associations syndicales des forces et organismes de sécurité de l’État, à la fois la Garde civile et la Police nationale.

Les îles Baléares sont la région de l’Espagne et de la Méditerranée occidentale où le transit illégal des personnes arrivant par bateau et en provenance des côtes algériennes est en forte croissance. Plus de 7 000 personnes sont arrivées l’an dernier, battant tous les records depuis 2018.

C’est pour cette raison que le PP a décidé de présenter son initiative dans l’archipel baléarique, bien que la mesure proposée n’approuverait pas de retours immédiats ni dans les îles Baléares ni aux îles Canaries, car les arrivées se font en bateau et non par nage, comme dans les deux villes autonomes.

L’initiative du PP intervient après que  la Cour Suprême a statué la semaine dernière que la loi et son interprétation n’autorisent pas les migrants qui se rendent à la nage jusqu’aux côtes de Ceuta et Melilla d’être automatiquement expulsés.

Les forces de police n’ont aucune protection légale pour effectuer ce type de rejet à la frontière, privilégiant l’obligation de lancer un dossier de retour pour garantir les droits des migrants.

La Haute Cour a tranché cette affaire en analysant une plainte d’un migrant algérien intercepté et expulsé alors qu’il tentait de nager jusqu’à Ceuta, concluant après analyse et pesée de la loi que la chose appropriée à faire est d’appliquer la procédure de retour de l’article 58.3 de la Loi organique 4/2000, du 11 janvier, à ces personnes. sur les droits et libertés des étrangers en Espagne et leur intégration sociale.

En d’autres termes, les soi-disant retours chauds ne sont pas légaux pour les migrants qui n’essaient pas de franchir les clôtures délimitant les frontières mais sont interceptés en mer, dans l’intention de nager depuis un territoire transfrontalier.

« Nous proposons de réformer la Loi afin de protéger les Forces et Corps de Sécurité de l’État afin que ce retour puisse se faire à la frontière avec toute la légalité et toutes les garanties », expliqua Ezcurra, faisant spécifiquement référence à ces tentatives de nager jusqu’aux côtes espagnoles.

« C’est la position du Bureau du procureur de l’État et nous espérons que toutes les parties faisant partie des Chambres soutiendront cette initiative ». Une disposition spécifique à Ceuta et Melilla, autorisée en 2015 pour le problème de la clôture et qui serait étendue aux entrées par mer par nage.

L’initiative sera traitée sous forme de projet de loi au Congrès, sans savoir si le soutien possible qu’elle pourrait obtenir parmi d’autres formations, principalement des Junts.

Le politicien du PP a critiqué la gestion migratoire du gouvernement de Pedro Sánchez et a évoqué le cas des Baléares comme un exemple paradigmatique, dénonçant comment, dans des régions comme les îles Baléares, l’arrivée  d’immigrants irréguliers a été multipliée par dix depuis l’arrivée de Sánchez au Moncloa.

Face à ce scénario, il a souligné, en allusion à la récente controverse autour de l’article de l’ancien Premier ministre Mariano Rajoy, « Sánchez préfère se rendre en France pour inventer une crise diplomatique ».

Les objectifs de la proposition du Parti populaire

  • Légalisation des refoulements immédiats : Permettre l’expulsion directe des migrants vers le Maroc au moment où ils franchissent les clôtures, sans passer par une procédure administrative formelle.
  • Sécurité juridique de la police : Protéger légalement les agents de la Guardia Civil et de la police nationale contre d’éventuelles poursuites pour violation des droits humains.
  • Contrer l’assouplissement de la “Loi bâillon” : S’opposer aux tentatives des partis de gauche (PSOE, Podemos) visant à restreindre ou interdire ces pratiques de renvoi immédiat.

Le contexte frontalier de Ceuta et Melilla

  • Hausses massives des arrivées : Le centre d’accueil de Ceuta fait face à des niveaux de surpopulation critiques en raison d’une forte augmentation des flux migratoires déviés depuis d’autres routes.
  • Gestion des mineurs non accompagnés : Les enclaves manquent d’infrastructures adéquates, poussant la droite à réclamer des protocoles de renvoi plus rapides vers le pays d’origine ou une répartition obligatoire dans la péninsule.
  • Divergence politique nationale : Ce durcissement réclamé par le PP s’oppose radicalement à la politique globale du gouvernement socialiste de Pedro Sánchez, qui met parallèlement en œuvre de vastes vagues de régularisation des sans-papiers à l’échelle nationale.

Les controverses juridiques et humanitaires

  • Absence de garanties : Les ONG de défense des droits humains et l’ONU dénoncent ces pratiques qui empêchent l’examen individuel des situations et bloquent de fait l’accès aux demandes d’asile légitimes.
  • Droit international : Les opposants au projet pointent du doigt les risques majeurs de violation du principe de non-refoulement et de l’interdiction des expulsions collectives

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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