Les États-Unis ont bombardé l’Iran pour la septième nuit consécutive samedi et Téhéran a une nouvelle fois riposté en frappant des cibles en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn, tout en menaçant de passer à une « offensive totale »

DAKAR, 19 juillet 2026 (JVFE)—Les États-Unis ont lancé dimanche une nouvelle série de bombardements contre l’Iran, affirmant vouloir « punir » la mort de deux de leurs militaires lors de frappes iraniennes en Jordanie, entraînant à nouveau une riposte de Téhéran sur ses voisins du Golfe.

Les raids américains ont visé les positions du Corps des Gardiens de la Révolution islamique. Des frappes massives ont touché la province d’Hormozgan, détruisant un pont clé reliant Roudan à Bandar Abbas ainsi que des infrastructures énergétiques (usine de dessalement, transformateurs électriques). Téhéran accuse également Washington d’avoir ciblé la centrale nucléaire en construction de Darkhovin.

Le Commandement central américain (Centcom) a conclu ce dimanche 19 juillet 2026 sa huitième nuit consécutive de frappes contre l’Iran afin de punir la mort de deux de ses soldats. Commandés par le président Trump, ces bombardements visent à la fois à dégrader les capacités militaires des Gardiens de la Révolution et à sécuriser le détroit d’Ormuz.

L’escalade militaire au Moyen-Orient a franchi un seuil critique ce week-end. Les États-Unis ont bombardé l’Iran et le commandement militaire américain (CentCom) a étendu ses opérations à une huitième nuit consécutive de frappes, visant à « punir » Téhéran après la mort de deux soldats américains et la disparition d’un troisième lors d’une attaque en Jordanie. En réponse, l’Iran a intensifié ses frappes de missiles et de drones contre les infrastructures militaires américaines et les installations civiles des pays alliés de Washington, menaçant de basculer vers une phase d’« offensive totale ».

Bilan des frappes et cibles touchées

  • En Iran : Les bombardements menés par les avions américains sous les ordres du président Donald Trump ont ciblé des dépôts d’armes souterrains, des infrastructures logistiques et des radars dans la province d’Hormozgan, près du détroit d’Ormuz. L’Iran accuse aussi les États-Unis d’avoir frappé la centrale nucléaire de Darkhovin en construction. Les frappes auraient fait au moins 50 morts côté iranien depuis la fin juin.
  • Au Koweït : Les drones kamikazes iraniens ont frappé des infrastructures critiques. La Kuwait Petroleum Corporation a fait état d’importants dégâts sur un site pétrolier vital à Mangaf, tandis que des usines de dessalement d’eau et des centrales électriques ont été touchées par 47 °C. Des installations militaires américaines (Camp Udairi et la base Ali Al-Salem) ont également été ciblées.
  • En Jordanie : La base aérienne d’Al-Azraq a essuyé des tirs directs. Les systèmes de défense jordaniens affirment avoir intercepté au moins 10 missiles iraniens dans leur espace aérien.
  • À Bahreïn : Les sirènes d’alerte ont retenti dans la capitale Manama. L’Iran a revendiqué des tirs contre la base aérienne américaine de Sheikh Isa.

Rupture diplomatique et menace d’« offensive totale »

Le protocole d’accord de paix qui avait été signé le 17 juin dernier a complètement volé en éclats. Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a déclaré dans un communiqué officiel que « la signature du président américain est sans valeur » et promet des « leçons inoubliables » aux forces américaines. Ses conseillers militaires préviennent que si les raids aériens ne cessent pas, l’armée déclenchera une offensive globale dévastatrice.

Paralysie économique et maritime

Les Gardiens de la Révolution maintiennent un blocus strict sur le détroit d’Ormuz. Ils affirment avoir intercepté plusieurs navires commerciaux, tandis que le trafic maritime pétrolier mondial est quasiment paralysé, provoquant une forte hausse des prix du baril de brut sur les marchés internationaux. De leur côté, le Conseil de coopération du Golfe et les Nations Unies condamnent fermement ces attaques contre des structures civiles, qualifiées de crimes de guerre.

Les cibles des dernières frappes américaines

  • Infrastructures militaires : Postes de commandement, sites de défense aérienne et zones de lancement de missiles.
  • Unités responsables au Levant : Représailles directes contre les brigades ayant attaqué une base en Jordanie le 17 juillet, coûtant la vie à deux soldats américains.
  • Infrastructures stratégiques et civiles : L’Iran affirme que les projectiles ont touché la centrale nucléaire en construction de Darkhovin, ainsi qu’une usine de dessalement d’eau de mer à Hormozgan.

L’Iran a immédiatement répliqué en lançant des vagues de drones explosifs et de missiles contre deux bases militaires américaines au Koweït (Camp Udairi et Ali Al-Salem). Des attaques de missiles et de drones ont également visé des infrastructures civiles et de défense à Bahreïn et en Jordanie.

Le trafic maritime mondial est de nouveau paralysé. Les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir intercepté et stoppé quatre navires marchands tentant de franchir le détroit sans autorisation. En réponse, les États-Unis ont rétabli leur blocus naval sur les ports iraniens.

Le conflit, qui avait débuté en février, s’était temporairement calmé après un protocole d’accord signé à Versailles le 17 juin. Cependant, les hostilités ont repris de plus belle depuis le 7 juillet à la suite d’attaques contre des navires dans le Golfe. L’élément déclencheur de cette huitième nuit de bombardements massifs est l’attaque de missiles iraniens du 17 juillet en Jordanie, qui a causé la mort de deux militaires américains.

Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a averti que son pays infligerait des « leçons inoubliables » aux États-Unis, tandis que les pays du Golfe redoutent désormais le basculement vers une guerre régionale totale.

Au cours de cette huitième nuit consécutive de frappes, les États-Unis ont dit avoir visé des sites militaires ainsi que « les forces du Corps des Gardiens de la révolution islamique qui ont lancé des attaques contre des membres des forces américaines en Jordanie » vendredi, a indiqué le Commandement de l’armée américaine pour le Moyen-Orient (CENTCOM).

Les frappes ont visé Sirik, ville portuaire du sud donnant sur le détroit d’Ormuz, selon les agences de presse iraniennes Mehr et Tasnim. L’agence officielle Irna a aussi rapporté une « attaque militaire ennemie américaine près d’Hajiabad », dans la même province méridionale d’Hormozgan.

L’Iran a visé le Koweït en représailles, ciblant selon la télévision iranienne de bases militaires utilisées par les Américains.  

Les autorités du Koweït n’ont pour l’heure pas donné de détails sur d’éventuels dégâts, et l’armée koweïtienne a ensuite déclaré qu’elle répondait à des attaques de missiles et drones iraniennes.  

Un peu plus tard, les sirènes d’alerte ont retenti à Bahreïn, également visé plusieurs fois par l’Iran depuis que les hostilités ont repris le 7 juillet, faisant voler en éclats le protocole d’accord conclu mi-juin entre Téhéran et Washington.

Toute attaque américaine se heurtera « à une riposte décisive et dévastatrice de la part des combattants fidèles, courageux et puissants des forces armées iraniennes. Nous leur infligerons des coûts encore plus élevés » que lors des précédentes guerres, a affirmé le commandant de l’armée, le général Ali Abdollahi, cité par la télévision iranienne.

Samedi, l’armée américaine avait annoncé la mort de deux de ses militaires — les premiers depuis la reprise de la guerre — et la disparition d’un troisième, lors d’« attaques de missiles et drones iraniens » la veille en Jordanie.

Les hostilités ont atteint un niveau sans précédent depuis le cessez-le-feu conclu en avril pour mettre fin à la guerre déclenchée par l’offensive israélo-américaine sur l’Iran le 28 février, avec notamment des infrastructures civiles ciblées de part et d’autre.

Les frappes américaine ont fortement endommagé un pont reliant Roudan et Bandar Abbas, dans le sud de l’Iran, le 18 juillet 2026.

« Maintenant que l’ennemi américain cherche à inciter à la guerre […], il doit savoir que la chère nation iranienne et le front de la résistance ont des leçons inoubliables à lui offrir », a affirmé le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, dans un message écrit relayé samedi par la télévision d’État. Il n’est toujours pas apparu en public depuis qu’il a succédé à son père tué au premier jour de la guerre.

« La violation répétée » du protocole d’accord signé entre les deux pays le 17 juin pour faire taire les armes « a une fois de plus démontré à tous que la signature du président américain est sans valeur », a-t-il ajouté.

Selon le gouvernement iranien, les frappes américaines ont fait au moins 50 morts et plus de 500 blessés depuis le 27 juin.

Côté américain, 16 militaires au total ont été tués depuis le début du conflit, fin février.

Samedi déjà, le Koweït avait subi plusieurs attaques sur ses infrastructures civiles, qui ont gravement endommagé un site pétrolier « vital » et mis à l’arrêt plusieurs unités de production dans une centrale électrique et de dessalement d’eau. Une installation similaire avait aussi été touchée la veille.

Alors que la température a atteint 47 °C samedi au Koweït, les autorités ont condamné le ciblage de ces « infrastructures essentielles ». Le Conseil de coopération du Golfe, qui fédère les pétromonarchies de la région, a dénoncé des « crimes de guerre ».

En Iran, les autorités de la province d’Hormozgan ont aussi condamné des « crimes de guerre », affirmant que les attaques américaines avaient « complètement détruit » une station de pompage d’eau de mer et un transformateur électrique d’une usine de dessalement.  

Parallèlement à ces bombardements, des incidents maritimes se succèdent dans le détroit d’Ormuz. Son déverrouillage par l’Iran était le principal acquis du protocole d’accord censé mener à la paix, mais le trafic maritime y est désormais à nouveau pratiquement à l’arrêt.

Près d’un cinquième du commerce mondial d’hydrocarbures transitait par ce détroit stratégique avant la guerre.  

Les États-Unis ont pour leur part réimposé leur blocus des ports iraniens, qu’ils avaient levé après la signature du protocole d’accord.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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