Dominic LeBlanc, ministre canadien responsable du Commerce Canada–États-Unis, est de retour à Washington afin d’intensifier les négociations face aux menaces protectionnistes américaines

DAKAR, 04 AOUT 2026 (JVFE)—Le ministre responsable du Commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, a mis de nouveau le cap vers Washington afin de poursuivre les négociations avec son homologue américain, Jamieson Greer, et conclure une entente avant l’entrée en vigueur de la nouvelle menace tarifaire du président Donald Trump le 19 août.

Le président Donald Trump a signé un décret prévoyant des droits de douane de 50 % sur une large sélection de biens canadiens (vin, ciment, bâtons de hockey, produits laitiers, pièces automobiles).

Ces taxes douanières doivent entrer en vigueur le 19 août 2026.

Le ministre LeBlanc négocie directement avec le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer.

Dominic LeBlanc effectue ce déplacement stratégique aux côtés de Janice Charette, la négociatrice en chef du Canada pour le commerce avec les États-Unis.

Les objectifs du Canada

  • Éviter le mur du 19 août : Trouver un terrain d’entente ou obtenir des exemptions sectorielles (notamment pour l’acier, l’aluminium et l’automobile) avant l’application des tarifs.
  • Résoudre les irritants : L’administration américaine justifie ces sanctions en invoquant la gestion de l’offre laitière au Canada, les restrictions provinciales sur l’alcool américain et les quotas sur les véhicules. Le Canada tente de faire valoir sa position pour stabiliser l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).
  • Mobilisation syndicale : Preuve de l’impact transfrontalier, de grands syndicats comme les Métallos ont formellement demandé à Washington de suspendre ces prélèvements pour privilégier la voie négociée.

Il s’agit de la deuxième visite du ministre LeBlanc dans la capitale américaine en deux semaines. La négociatrice en chef Janice Charrette l’accompagne tandis que le compte à rebours avant l’imposition de nouveaux droits de douane de 50 % sur quelque 28 milliards d’exportations canadiennes est en marche.

Depuis que Donald Trump a brandi cette nouvelle menace, le premier ministre Mark Carney et le président américain se sont entendus pour intensifier les négociations afin de trouver un terrain d’entente permettant de rétablir un semblant de normalité dans les relations commerciales entre les deux pays. Mais le gouvernement Carney est demeuré plutôt discret sur la portée des pourparlers ainsi que les objectifs qu’ils souhaitent rapidement atteindre.

« Le ministre LeBlanc et la négociatrice en chef Charette sont de retour à Washington, D. C. pour une série de rencontres en matière de commerce », a indiqué le porte-parole du ministre, Gabriel Brunet, dans une déclaration écrite émise mardi matin.

Selon nos informations, le ministre LeBlanc profitera de son passage à Washington afin de rencontrer aussi des groupes représentant les industries américaines qui souhaitent le maintien de l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. Il tentera aussi de s’entretenir avec un certain nombre de sénateurs tandis que les élections de mi-mandat aux États-Unis se profilent à l’horizon.

Tout indique que M. LeBlanc, qui est l’homme de confiance du premier ministre Mark Carney dans le dossier des relations avec Washington, va demeurer à Washington au moins deux jours, peut-être même trois, selon l’évolution des pourparlers et des rencontres qui seront organisées.

En coulisses à Ottawa, on demeure des plus prudents sur l’issue de ces pourparlers, rappelant que l’imprévisible président Donald Trump aura toujours le dernier mot sur la conclusion de ces négociations.

Après la dernière menace du président américain, il y a deux semaines, Mark Carney a fait savoir que le Canada ferait « tout ce qui serait nécessaire » si la négociation avec les États-Unis ne permet pas d’éviter l’imposition de droits de douane de 50 % sur une panoplie de produits canadiens tels que les matériaux de bois, le ciment, les meubles, les vins, bières et spiritueux et les produits de papier et de carton, entre autres.

Récemment, les dirigeants de deux grands syndicats nord-américains ont exhorté l’administration Trump à ne pas imposer les nouveaux droits de douane qu’il propose sur les importations canadiennes.

Contrairement à la plupart des autres droits de douane instaurés par M. Trump, la nouvelle salve tarifaire envisagée ne comporterait aucune exemption pour les produits conformes à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, l’ACEUM.

Dans une lettre commune adressée au représentant américain au commerce, Jamieson Greer, les présidents du syndicat des Métallos et de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale ont affirmé que les pratiques commerciales ne doivent pas creuser davantage le fossé entre les deux pays.

« Le Canada est un précieux partenaire de confiance depuis des décennies », ont écrit Roxanne Brown, présidente des Métallos, et Brian Bryant, président de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’aérospatiale, tous deux installés aux États-Unis.

« Chaque pays doit veiller à ce que le commerce soit équitable et à ce que les obstacles commerciaux soient éliminer ; or, les relations commerciales entre les États-Unis et le Canada ont été davantage marquées par la division que par la coopération au cours de la dernière année et demie », ont-ils ajouté.

« Au nom de nos membres des deux côtés de la frontière, nous appelons à un engagement renouvelé et à la reprise des négociations afin de ramener nos relations sur un terrain plus stable et plus équilibré. »

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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