
DAKAR, 06 AOUT 2026 (JVFE)—L’ambassade de Russie en Colombie a officiellement démenti tout lien avec de présumés réseaux de recrutement de mercenaires colombiens. Elle affirme n’avoir aucune relation avec les recruteurs ni aucune information sur le financement de leurs activités.
Cette déclaration fait suite à une série de révélations et d’enquêtes journalistiques mettant en lumière l’ampleur du phénomène des combattants étrangers dans la guerre en Ukraine.
Le média colombien Noticias Caracol a publié une enquête exclusive s’appuyant sur des témoignages et des documents officiels. Elle accuse Moscou de structurer un réseau d’enrôlement de citoyens colombiens pour pallier ses pertes sur le front ukrainien.
La représentation diplomatique à Bogota a qualifié ces accusations d’infondées, réitérant qu’elle ne supervise aucun transfert de combattants depuis l’Amérique latine.
Des milliers de Colombiens sur les champs de bataille
Le profil hautement qualifié des anciens militaires colombiens – formés durant plusieurs décennies à la lutte contre les guérillas et les cartels de la drogue – en fait des cibles privilégiées pour les recruteurs du monde entier.
Selon le président colombien Gustavo Petro, au moins 7 000 de ses concitoyens combattent actuellement en Russie et en Ukraine pour de l’argent. L’ONU estime de son côté qu’au moins 10 000 Colombiens opèrent globalement dans des zones de conflit à travers le globe (incluant le Soudan, le Yémen et la RD Congo).
Les militaires colombiens à la retraite peinent souvent à se réinsérer ou à trouver un emploi stable chez eux. Les promesses de salaires élevés (dépassant parfois les 3 000 dollars par mois) représentent une opportunité financière majeure pour faire vivre leurs familles restées au pays.
Les risques encourus sur le front européen
L’engagement de ces volontaires se fait majoritairement au péril de leur vie et de leur liberté, alors que la Russie durcit ses sanctions contre les combattants étrangers :
Moscou qualifie systématiquement les étrangers capturés sous uniforme ukrainien de « mercenaires ». Plusieurs d’entre eux ont récemment écopé de peines allant de 13 à 19 ans de prison.
Les familles de combattants dénoncent régulièrement de mauvais traitements, des ruptures de contrats non payés, ainsi que d’immenses difficultés pour obtenir le rapatriement des corps ou des informations fiables en cas de disparition au combat.
Le journal télévisé colombien Noticias Caracol a publié lundi une enquête contenant des témoignages et des documents qui témoigneraient d’une stratégie de Moscou visant à enrôler des Colombiens pour combattre dans sa guerre en Ukraine.
La représentation russe à Bogota a déclaré mercredi n’avoir « aucune relation avec les recruteurs mentionnés dans le reportage, ni la moindre idée de la manière dont ils financent leur activité ».
Des proches de Colombiens engagés pour fournir des services de sécurité à l’étranger, principalement des militaires à la retraite, ont dénoncé de mauvais traitements qui leur étaient infligés en Russie et en Ukraine.
Le président colombien, Gustavo Petro, affirme qu’au moins 7000 de ses concitoyens combattent dans ces pays contre de l’argent.
En novembre dernier, la Russie a condamné deux Colombiens à 13 ans de prison, après les avoir accusés de combattre aux côtés des forces ukrainiennes.
Formés pendant des décennies à affronter des guérillas et des cartels de la drogue, les militaires colombiens ont souvent du mal à trouver un emploi après leur retraite.
L’ONU a estimé en mars qu’au moins 10 000 Colombiens ont été recrutés pour participer à des conflits armés à travers le monde, souvent dans des « conditions inhumaines ».
Leurs principales destinations sont des pays plongés dans des conflits ou des guerres comme l’Ukraine, le Soudan, le Yémen et la République démocratique du Congo, entre autres.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
