DAKAR, 09 AOUT 2026 (JVFE)—Un pétrolier appartenant à la compagnie nationale émiratie Adnoc a été pris pour cible par un tir de missile dans le détroit d’Ormuz. L’attaque, survenue tôt dans la matinée du samedi 8 août 2026, a été directement imputée à l’Iran par les Émirats arabes unis.
Un navire de transport d’hydrocarbures de la compagnie Adnoc (Abu Dhabi National Oil Company).
Aucune victime n’est à déplorer parmi les membres d’équipage.
Un missile anti-navire, selon le ministère émirati des Affaires étrangères.
L’agence maritime britannique UKMTO a parallèlement rapporté qu’un navire avait été touché par un projectile d’origine inconnue dans la même zone, provoquant un incendie maîtrisé.
Un contexte de guerre maritime
Cet événement s’inscrit dans le cadre du conflit à grande échelle déclenché fin février 2026 par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran. Le détroit d’Ormuz fait l’objet d’un verrouillage militaire strict par la République islamique.
Adnoc a révélé que 15 de ses navires ont été ciblés depuis le début de la guerre, dont trois pour la seule première semaine d’août 2026.
Téhéran refuse de rétablir la libre circulation d’avant-guerre et entend imposer unilatéralement des frais de service maritimes (sorte de péage exclusif), une initiative fermement combattue par les États-Unis.
Impasse diplomatique
Malgré des efforts de médiation menés par le sultanat d’Oman – qui a qualifié les discussions de « positives et constructives » – une réouverture rapide de cette voie par laquelle transitait historiquement 20 % du pétrole mondial semble compromise.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont rappelé que la gestion du détroit répondait à leurs propres impératifs militaires. L’Iran exige des États-Unis une levée totale du blocus de ses ports, la fin définitive des agressions et le dégel de ses avoirs financiers avant tout retour à la normale. En parallèle, face à l’instabilité régionale, l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan viennent de sceller le pacte de défense conjoint de La Mecque.
Oman a fait état samedi de discussions « positives » avec l’Iran sur la future gestion du détroit d’Ormuz, au cœur de la guerre au Moyen-Orient, tout en mettant en garde contre les attaques de navires dans la zone, où un pétrolier a encore été ciblé.
Téhéran a assuré ces derniers jours être convenu avec le sultanat – également riverain du détroit – d’un itinéraire de transit des navires, mais Oman ne s’était pas encore exprimé publiquement.
La République islamique verrouille cette voie maritime stratégique depuis le début du conflit et cible régulièrement les bateaux s’y aventurant sans son autorisation.
Téhéran refuse de revenir à la situation d’avant-guerre et entend imposer à terme des frais de service, ce à quoi les États-Unis s’opposent fermement.
Les négociations « se déroulent dans une atmosphère positive et constructive », a déclaré samedi le ministère omanais des Affaires étrangères. Sans nommer l’Iran, il a condamné « les attaques répétées » et appelé à s’abstenir de toute action susceptible de compromettre le processus diplomatique.
Un pétrolier de la compagnie nationale émiratie Adnoc a été visé par un missile dans le détroit, sans faire de victimes, a annoncé Abou Dhabi, imputant l’attaque à l’Iran.

Adnoc avait affirmé vendredi que 15 de ses bateaux avaient été pris pour cible dans le détroit depuis le début de la guerre fin février, dont trois sur cette seule semaine.
L’agence maritime britannique UKMTO a signalé samedi qu’un navire avait été touché par « un projectile d’origine inconnue » dans le détroit d’Ormuz, provoquant un incendie, sans faire de victime. L’agence n’a pas précisé s’il s’agissait du navire émirati.
L’Iran, qui n’a pas commenté ces attaques, a estimé que les discussions avec Oman « approchaient de leur phase finale », selon son chef de la diplomatie, Abbas Araghchi. Alors qu’une annonce était attendue depuis plusieurs jours, il a invoqué des « problèmes techniques » pour justifier ce retard.
L’aboutissement des négociations « ne veut bien sûr pas dire qu’Ormuz va rouvrir », a cependant réitéré le ministre. Il a évoqué pour ce faire d’autres « conditions et compensations » à discuter.
« La réouverture du détroit suit son propre mécanisme et n’a rien à voir avec les négociations entre l’Iran et Oman », ont renchéri les Gardiens de la Révolution, puissante force armée iranienne.
« Tant que les États-Unis ne changeront pas de comportement, le détroit d’Ormuz restera fermé », a aussi affirmé, cité par l’agence Tasnim, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohammad Bagher Zolghadr, énumérant les conditions posées par Téhéran.
Parmi ces mesures, dont certaines figurent dans le protocole d’accord irano-américain de juin, l’Iran exige notamment de Washington qu’il « mette fin définitivement à la guerre et à l’agression » contre lui et ses alliés, et lève le blocus imposé à ses ports.
Il réclame également la levée des sanctions américaines, la libération de ses avoirs gelés – et « l’indemnisation intégrale » des dommages causés par la guerre.
Le président américain Donald Trump, qui alterne menaces de frappes massives et promesse de percée diplomatique, avait dit jeudi espérer une réouverture sous peu d’Ormuz, par lequel passait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures mondiaux.
Un accord irano-omanais ouvrirait la voie à une relance des pourparlers entre Téhéran et Washington pour mettre un terme durable à la guerre – déclenchée par l’offensive américano-israélienne sur l’Iran le 28 février – qui a fait des milliers de morts et ébranlé l’économie mondiale.
Le protocole signé en juin avait ouvert une période de négociations en ce sens, et, avancée majeure, permis la reprise du trafic dans le détroit d’Ormuz.
Mais l’embellie a été de courte durée : les hostilités ont recommencé début juillet après des attaques de navires, faisant voler en éclats l’entente.
Les bombardements américains ont cependant cessé depuis plus d’une semaine, tout comme les frappes de représailles menées par l’Iran contre les alliés de Washington dans la région, du Golfe à la Jordanie.
Dans ce contexte, l’amiral Brad Cooper, chef du commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), s’est rendu samedi en Israël, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn, pour une « évaluation de la situation », selon la radio israélienne publique Kan.
Ni Washington ni Israël n’ont confirmé le déplacement.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
