Sénégal : des Guinéens , maliens et burkinabè, 25 femmes figurent parmi les 97 personnes arrêtées, incluant deux Sénégalaises dans un vaste coup de filet contre l’orpaillage clandestin

DAKAR, 09 AOUT 2026 (JVFE)—Au total, 97 orpailleurs clandestins, incluant une part importante de ressortissants guinéens, ont été interpellés lors d’une vaste opération menée par le Groupe d’action rapide de surveillance et d’intervention (GARSI 2) de la gendarmerie nationale sénégalaise.

Cette intervention s’inscrit dans le cadre de la protection du principal affluent du fleuve Sénégal. Depuis le décret présidentiel interdisant toute activité minière sur une bande de 500 mètres le long de la rive gauche de la Falémé — une mesure en vigueur du 31 juillet 2024 au 30 juin 2027 —, les unités spéciales veillent au respect strict de cette zone de sécurité.

Cette intervention s’est déroulée dans l’est du Sénégal au niveau du village de Fadougou (commune de Madina Baffé, département de Saraya), situé le long du fleuve Falémé, à la frontière avec le Mali.

Outre la forte présence de ressortissants guinéens, maliens et burkinabè, 25 femmes figurent parmi les 97 personnes arrêtées, incluant deux Sénégalaises.

L’opération a permis la saisie de 103 équipements lourds, incluant des groupes électrogènes, des marteaux-piqueurs, des panneaux solaires, des motos et des motopompes, ainsi que la destruction du campement.

Cette action s’inscrit dans le cadre d’un décret présidentiel interdisant toute activité minière sur une bande de 500 mètres le long de la rive gauche de la Falémé, visant à protéger l’environnement et à lutter contre l’insécurité.

La nouvelle stratégie numérique du Sénégal vise à recouvrer plus de 614 millions de dollars (environ 350 milliards FCFA) de pertes annuelles causées par l’orpaillage clandestin.

Pour endiguer cette économie souterraine qui représente une production informelle estimée à plus de 40 tonnes d’or, le Ministère des Mines a lancé une plateforme numérique en partenariat avec la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC).

Les trois piliers de l’impact numérique

  • Identification biométrique sécurisée : Chaque exploitant se voit attribuer une carte professionnelle biométrique après son enregistrement sur la plateforme dédiée, afin de constituer une base de données fiable.
  • Traçabilité totale de la production : Le système numérise l’ensemble des procédures administratives de l’artisanat minier pour suivre l’or de son extraction jusqu’aux circuits de commercialisation.
  • Exclusivité et souveraineté économique : La technologie permet d’appliquer la nouvelle doctrine d’État réservant l’orpaillage artisanal exclusivement aux citoyens sénégalais, avec un appui financier de la CDC pour structurer les acteurs locaux.

Un impact sécuritaire et environnemental

Au-delà du redressement fiscal, l’encadrement numérique de cette activité (concentrée principalement dans la région de Kédougou) fournit une cartographie en temps réel des exploitants. Cela aide les forces de sécurité à identifier les infiltrations de réseaux criminels et à stopper l’usage de produits chimiques toxiques polluant les fleuves comme la Falémé.

Les orpailleurs clandestins interpellés au Sénégal s’exposent à de lourdes peines de prison, de fortes amendes fiscales et à la confiscation systématique de leurs biens.

Déférés devant la justice (comme c’est le cas pour le groupe arrêté à la brigade de gendarmerie de Saraya), les prévenus sont poursuivis sur la base du Code minier sénégalais et des décrets de protection environnementale.

Les sanctions pénales et financières

L’infraction d’exploitation illicite sans titre minier ou en zone interdite entraîne généralement des condamnations allant de 6 mois à 2 ans de prison ferme.

Les tribunaux appliquent des amendes individuelles substantielles (souvent de plusieurs centaines de milliers de FCFA) cumulées à des dommages et intérêts pour les préjudices environnementaux causés aux collectivités locales.

Tout le matériel lourd saisi lors des raids (groupes électrogènes, marteaux-piqueurs, motopompes) est définitivement saisi et confisqué au profit de l’État.

L’or brut et les amalgames extraits illégalement sont immédiatement confisqués et versés directement au Trésor public sénégalais.

Circonstance aggravante : La violation de la zone d’exclusion

L’activité à moins de 500 mètres de la rive gauche de la Falémé constitue un délit de violation d’un décret de sécurité présidentiel. Pour les ressortissants étrangers majoritaires (Guinéens, Maliens, Burkinabè), ces condamnations sont fréquemment assorties d’une interdiction de séjour sur le territoire sénégalais et d’une reconduite à la frontière après l’exécution de leur peine.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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