DAKAR, 09 AOUT 2026 (JVFE)—Le nouveau président de droite dure Abelardo de La Espriella a officiellement pris ses fonctions en Colombie le vendredi 7 août 2026. Surnommé « El Tigre », cet avocat millionnaire de 48 ans succède au dirigeant de gauche Gustavo Petro après avoir remporté le scrutin le plus serré de l’histoire du pays (moins de 1 % d’écart). Pour marquer la rupture, il a prêté serment dans une caserne militaire à Cali — une ville fortement touchée par les violences des guérillas.
Elu le 21 juin sur un discours de fermeté contre les guérillas et le trafic de cocaïne, dont la Colombie est le premier producteur mondial, Abelardo de la Espriella a juré de combattre «sans répit le narco-terrorisme et toutes les organisations criminelles» en laissant deux options aux membres des groupes illégaux, «se soumettre» à la loi ou «affronter la force résolue de l’Etat». Il a lancé:
Abelardo de la Espriella a choisi de prêter serment non pas dans la capitale Bogota comme le veut la coutume, mais dans la troisième ville du pays, marquée récemment par des attentats revendiqués par des guérillas. Cali se trouve près de territoires contrôlés par des groupes armés à l’origine de la pire vague de violences qu’ait connues le pays sud-américain depuis une décennie.
Pour cette journée, la ville avait été placée sous haute protection, avec le déploiement de 11 000 militaires et la mise en place d’un système anti-drones pour protéger les invités, principalement des dirigeants de la droite latino-américaine.
Une dizaine de chefs d’Etat, dont ceux de l’Argentine, du Chili et de l’Equateur, des représentants de la Maison-Blanche, ainsi que le roi d’Espagne Felipe VI, ont notamment assisté à l’événement, auquel était également présent Gianni Infantino, le président de la Fifa.
Le programme de rupture radicale présenté lors de son discours d’investiture s’articule autour de trois axes principaux :
Sécurité et ordre public
enterrement définitif des pourparlers de paix menés par l’administration précédente avec les groupes armés.
intensification des bombardements aériens contre les camps rebelles et projet de construction de mégaprisons inspirées du modèle salvadorien.
renforcement de la coopération militaire directe avec les États-Unis et Israël.
Lutte contre le trafic de drogue
intégration immédiate de la Colombie à l’alliance continentale antidrogue promue par Donald Trump.
reprise de l’éradication forcée de la coca par pulvérisation d’herbicides de nouvelle génération.
obtention confirmée par le département d’État d’une aide immédiate d’un milliard de dollars dédiée à la sécurité et à l’économie.
Économie néolibérale et société
plan d’austérité drastique prévoyant le gel des dépenses publiques et une baisse de 40 % de la taille de l’appareil étatique.
allègements d’impôts ciblant les tranches de revenus les plus élevées pour stimuler l’investissement.
autorisation de l’exploitation des hydrocarbures par fracturation hydraulique (fracking).
engagement dans une « bataille culturelle » institutionnelle pour replacer la famille catholique au centre de la société.
Bien que soutenu par Washington et plusieurs chefs d’État conservateurs d’Amérique latine présents à la cérémonie, le président de La Espriella devra gouverner sans majorité claire au Parlement, face à une opposition de gauche déjà mobilisée dans la rue.
Annonçant vendredi soir une aide d’un milliard de dollars pour les politiques de sécurité et l’économie du nouveau président, le département d’Etat américain s’est réjoui dans un communiqué «à l’idée de travailler en étroite coopération avec la nouvelle administration afin de garantir la sécurité et la prospérité des Etats-Unis, de la Colombie et de notre hémisphère».
Privé de majorité dans un parlement divisé, le nouveau président a promis d’intensifier les bombardements contre les camps de la guérilla avec le soutien d’Israël et des Etats-Unis, ou encore de construire des méga-prisons comme au Salvador pour lutter contre la criminalité.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
