“Usratul Amine” : un colloque scientifique international sur le soufisme à Tivaouane pour la  promotion, la valorisation et la transmission du patrimoine spirituel et intellectuel de la Tarikha Tidiane

DAKAR, 16 AOUT 2026 (JVFE)—“Usratul Amine” a organisé une journée exceptionnelle, ce samedi 15 août 2026, au Complexe Khalifa Ababacar SY RTA de Tivaouane, consacrée au lancement officiel de la plateforme digitale d’Usratul Amine et du site de la Bibliothèque numérique Al Amine, ainsi qu’à la tenue du premier Colloque scientifique international sur le soufisme, réunissant des universitaires, chercheurs, érudits, responsables religieux, acteurs culturels et personnalités de différents horizons.

Pour rappel ,le Colloque International du Magal sur le soufisme (2011)

 La toute première édition s’est tenue du 23 au 26 décembre 2011.

Cet événement est organisé en amont du grand Magal de Touba. Il met en avant les valeurs morales et spirituelles de l’Islam à travers l’œuvre de Cheikh Ahmadou Bamba.

Un colloque scientifique international sur le soufisme à Tivaouane. Placé sous la direction de Serigne Sidy Ahmed Sy Al Amine, il s’est déroulé en marge du Gamou.

L’objectif est de préserver et transmettre l’héritage spirituel de la Tidjava. À cette occasion, la plateforme digitale de la Bibliothèque Al Amine a été lancée.

En Tunisie

  • Le Soufisme Maghrébin (2026) : La première édition du colloque international intitulé “Le soufisme maghrébin : un humanisme de la présence et une anthropologie de la réconciliation” est programmée pour les 20 et 21 octobre 2026 à Tunis. Les chercheurs y étudieront la profondeur philosophique et culturelle de la pratique soufie.

En Algérie

  • Le Premier Congrès International Soufi (Mostaganem) : Bien qu’il s’agisse d’un congrès, cette rencontre scientifique et religieuse s’est tenue à Mostaganem. Elle a réuni 120 savants musulmans (oulémas) venus du monde entier pour promouvoir un islam de paix face au radicalisme.

Parler de nos jours du soufisme revient souvent à évoquer la dimension mystique, la quête intérieure ou l’expérience de l’union avec le divin. Si ces dimensions-là sont réelles et structurantes, elles ne suffisent pas à épuiser la portée intellectuelle et civilisationnelle du phénomène soufi. Réduire le soufisme à une simple pratique de dévotion ou à une religiosité individuelle reviendrait à méconnaître sa profondeur anthropologique.

Le soufisme constitue en fait une véritable représentation de l’homme, du monde et de la relation qui les unit. Cette réalité prend une intensité particulière dans le soufisme maghrébin. Situé au carrefour de l’Afrique, de la Méditerranée et des espaces sahariens et andalous, le Maghreb a produit une tradition spirituelle dont la singularité réside dans sa capacité à articuler enracinement local et universalité.

De Fès à Tunis, de Tlemcen à Kairouan, les maîtres soufis ont élaboré une pensée qui dépasse largement le cadre de la seule dévotion pour proposer une véritable anthropologie implicite de la relation, centrée sur la formation d’un être humain capable de restaurer l’unité en lui-même et autour de lui.

Dans cette perspective, le soufisme maghrébin peut être compris comme une anthropologie relationnelle avec l’être qui n’est jamais pensé comme une entité autonome et fermée sur elle-même, mais comme un être constitutivement relationnel, traversé par des liens qui l’unissent à Dieu, aux autres, à lui-même et au monde. Son identité ne se construit pas dans l’isolement, mais dans l’interaction permanente entre intériorité et extériorité, singularité et communauté, visible et invisible.

Cette conception entre en résonance critique avec certaines tendances de la modernité philosophique qui ont privilégié l’autonomie du sujet comme fondement de la rationalité et de l’identité. À l’inverse, les maîtres soufis maghrébins proposent une logique dans laquelle l’identité ne précède pas la relation, mais en découle. L’être humain n’est pas d’abord un individu pour ensuite entrer en relation ; il est relation dès son origine..

Le soufisme sénégalais peut-il être considéré aujourd’hui comme une philosophie de la présence et de la relation offrant une nouvelle définition de l’humain dans un monde marqué par les crises de sens, les fractures identitaires et les tensions interculturelles ?

C’est à ces questions-là que seront consacrés les axes de réflexion du colloque.

Usratul Amine est une importante initiative et structure issue de la Hadra Malikiyya de Tivaouane au Sénégal. Elle est dédiée à la préservation et au rayonnement de l’héritage spirituel et scientifique de la communauté Tidiane.

Le terme “Usratul Amine” signifie littéralement la famille ou la descendance de Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine. Il fut une figure emblématique et un ancien Khalife Général des Tidianes.

Elle est étroitement liée à la Cellule Zawiya Tijaniyya (CEZAT), l’organe qui gère la communication et l’animation scientifique de la sainte ville de Tivaouane.

💻 Modernisation et Plateforme Digitale

L’organisation a franchi un grand cap technologique.

  • Lancement numérique : Elle vient de lancer sa toute nouvelle plateforme digitale officielle ainsi que le site internet de la Bibliothèque Al Amine.
  • Objectif : Associer la recherche scientifique, le soufisme (mystique musulmane) et le numérique. L’enjeu est de numériser les documents anciens pour sauvegarder ce savoir religieux et le rendre accessible aux jeunes générations.

📅 Événements majeurs

L’association se manifeste à travers de grands rassemblements religieux et intellectuels :

  • Les 72H Usratul Amine : Un grand événement annuel rythmé par des cérémonies officielles, des conférences, des chants religieux (Thiante) et des plateaux scientifiques à Tivaouane.
  • Rencontres d’échanges : Ces journées permettent de connecter la tradition islamique soufie aux usages et défis du monde contemporain.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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