DAKAR, 24 AOUT 2026 (JVFE)—Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fermement rejeté l’idée d’organiser des élections en temps de guerre, qualifiant un tel projet de « tsunami » qui « fracturerait l’Ukraine ».
Le président Volodymyr Zelensky se tient devant la garde d’honneur lors de la cérémonie marquant la Journée du drapeau national ukrainien à Kyiv, le 23 août 2026.
Cette cérémonie officielle s’est déroulée à Kyiv le 23 août 2026 pour la Journée du drapeau national ukrainien, en présence de dirigeants européens et de hauts responsables.
Le président Volodymyr Zelensky a présidé l’événement aux côtés de dirigeants de pays nordiques et baltes (Finlande, Danemark, Norvège, Lituanie, Lettonie, Estonie).
La relique historique du « drapeau de l’Indépendance », hissée en 1991 au Parlement, a été mise à l’honneur.
Cette commémoration précède les célébrations de l’anniversaire de l’indépendance du pays
Cette déclaration répond directement à l’appel de son ancien ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, récemment limogé, qui réclamait l’ouverture d’un processus démocratique malgré l’invasion russe.
Lors d’une rencontre avec plusieurs journalistes, Volodymyr Zelensky a mis en garde contre les risques politiques majeurs liés à un scrutin immédiat.
Selon lui, organiser des élections sous les bombes équivaudrait à « détruire le pays ».
En vigueur depuis février 2022, elle interdit constitutionnellement la tenue de toute élection tant que l’état de guerre est déclaré.
Le président a souligné qu’aucun vote n’est envisageable tant que Vladimir Poutine refuse toute option de trêve.
Les raisons du blocage logistique
Au-delà de la politique, la mise en place d’un vote représente un défi impossible à relever actuellement :
- Le vote des soldats : Sécuriser le suffrage des centaines de milliers de militaires mobilisés sur la ligne de front.
- Les réfugiés : Permettre le vote de millions d’Ukrainiens installés à l’étranger.
- Les territoires occupés : Intégrer les citoyens vivant dans les zones sous contrôle russe.
Une crise politique interne
Cette passe d’armes illustre des tensions grandissantes au sein du pouvoir ukrainien :
- La fronde de Fedorov : Âgé de 35 ans et très populaire, l’ex-ministre de la Défense a publié une vidéo dénonçant la corruption et exigeant un « mécanisme légal » pour voter.
- L’opinion publique : La population reste largement alignée sur la présidence. Selon l’Institut de sociologie de Kiev (KIIS), seules 15 % des personnes interrogées souhaitent des élections avant la fin du conflit.
Plus de quatre ans après le début de la guerre, les critiques se font croissantes quant à une absence de dialogue entre la société civile et la présidence, Volodymyr Zelensky restant pour autant populaire.
Le président ukrainien a défendu le droit des citoyens à manifester, mais a mis en garde contre toute attitude « irrespectueuse » envers l’armée et le « risque » posé par une division « entre la société et les soldats ».
« Depuis quand le marketing a commencé à prendre le pas sur les gens qui donnent leur vie ? », a-t-il lancé devant les journalistes, multipliant les piques à l’encontre de son ancien ministre.
M. Fedorov, 35 ans, est un chantre du recours massif aux nouvelles technologies pour décupler le potentiel des drones et de la réorganisation des forces armées.
Son équipe a confirmé dimanche à l’AFP qu’il prévoit de se rendre aux États-Unis prochainement, ce qui risque de raviver les spéculations sur sa rivalité politique avec le président.
Ces disputes de politiques intérieures ont lieu alors que l’Ukraine fait face à un barrage croissant de missiles à trajectoire balistique russes qu’elle n’a pas les moyens de contrer.
L’Ukraine a aussi multiplié ses frappes en Russie sur les infrastructures logistiques et énergétiques, notamment des raffineries et entrepôts commerciaux.
M. Zelensky a affirmé que les livraisons des cruciaux missiles intercepteurs américains Patriots ont diminué de moitié depuis 2023, lorsque Kyiv avait reçu 675 missiles.
« Pour 2026, d’après les projections, c’est 264 » missiles qui seront livrés au total, a affirmé M. Zelensky, et que la Russie pourrait selon lui produire autour de 100 missiles balistiques par mois.
La pénurie de Patriots s’est aggravée avec la guerre des États-Unis contre l’Iran, rendant Washington réticent à augmenter ses livraisons, alors que le mois de juillet a été le plus meurtrier pour les civils en Ukraine depuis mai 2022.
Kyiv accueille lundi une réunion de ses alliés européens pour discuter des moyens de faire pression sur la Russie et mettre fin au conflit.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
