Le président américain Donald Trump a signé un décret présidentiel le jeudi 27 août 2026 dans le Bureau ovale pour rebaptiser officiellement le lac Ontario en « lac d’Amérique » (Lake America) aux États-Unis

 DAKAR, 28 AOUT 2026 (JVFE)—Le président américain Donald Trump a signé un décret présidentiel le jeudi 27 août 2026 dans le Bureau ovale pour rebaptiser officiellement le lac Ontario en « lac d’Amérique » (Lake America) aux États-Unis.

Son représentant au Commerce, Jamieson Greer, avait lancé un avertissement la veille dans une entrevue au réseau CBC en réaction aux nouvelles contre-mesures canadiennes.

Cette décision survient en pleine escalade des tensions commerciales entre Washington et Ottawa, à la suite de l’échec de négociations et de l’imposition mutuelle de lourdes taxes douanières.

Ce changement de nom n’a de valeur légale que pour les documents officiels, cartes fédérales et bases de données du gouvernement américain. Les États-Unis ne possèdent aucun droit juridique pour contraindre le reste du monde ou le Canada à adopter cette nomenclature.

Le Premier ministre canadien, Mark Carney, a immédiatement répliqué sur les réseaux sociaux que ce plan d’eau vieux de plus de 400 ans conserverait son nom de lac Ontario « aujourd’hui et pour toujours ».

Ce n’est pas une première pour l’administration Trump, qui avait déjà rebaptisé par décret le golfe du Mexique en « golfe d’Amérique » au début de son second mandat en janvier 2025.

La menace du président, lancée mardi, vient d’être mise à exécution. Le président américain l’a décidé en représailles à l’échec des négociations commerciales avec Ottawa.

Comme à l’habitude, Trump a utilisé son gros crayon-feutre noir pour officialiser la chose.

Évoquant sa décision de début 2025 de changer le nom du golfe du Mexique pour le renommer « golfe d’Amérique », Donald Trump a déclaré jeudi : « Nous avons un golfe et nous avons un lac. Tout ce qui nous manque encore est un océan. »

En 2025, Google Maps avait adopté l’appellation de « golfe d’Amérique » un mois après la décision de Trump.

Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, était présent dans le bureau Ovale tout comme le secrétaire de l’Intérieur, Doug Burgum, qui sera chargé d’appliquer ce nouveau décret.

Mais ce changement de nom pour lac Amérique passe mal dans l’État de New York où la gouverneure Kathy Hochul a fait savoir qu’elle ne comptait pas l’utiliser.

« New York ne l’appellera pas ainsi », a tranché l’élue démocrate sur X.

Lors de la conférence de presse un peu après depuis le bureau ovale, Donald Trump a justifié sa décision en disant que les États-Unis perdent « 62 milliards par année à cause du Canada ».

Ils ne paient rien et ils veulent être traités comme un État [américain], mais ils n’en sont pas un. […] Et donc nous ne pouvons tout simplement plus faire cela.

 Donald Trump, président des États-Unis

Le décret mentionne que la garde côtière américaine fournit gratuitement neuf des dix brise-glace sur les Grands Lacs pour sécuriser les voies de navigation commerciale et que les États-Unis ont investi près de 4 milliards pour la protection de leur écosystème au cours de la dernière décennie.

Il rappelle également que le lac a été une artère critique lors de la construction du fort d’Oswego dans l’État de New York. Ce fort avait été capturé par le général Montcalm en 1756 durant la guerre de la Conquête qui opposait la France aux Treize colonies britanniques de l’époque.

La veille, l’ambassadeur Greer avait affirmé en entrevue à CBC que les États-Unis ne resteraient pas les bras croisés face aux mesures de rétorsion canadiennes. Le gouvernement Carney a annoncé mardi de nouveaux contre-tarifs sur plus de 700 produits américains importés au Canada en réponse aux nouveaux assauts tarifaires de Washington. Ils doivent entrer en vigueur le 8 septembre.

Nous allons imposer des tarifs substantiels sur leurs automobiles […] parce qu’on ne veut pas qu’ils fabriquent des voitures pour les États-Unis.

 Donald Trump, président des États-Unis

Peu importe ce nouveau décret présidentiel, pour le premier ministre Mark Carney, le lac Ontario portera son nom « aujourd’hui et pour toujours ».

« Le nom du lac Ontario tire son origine du mot wendat “Ontari’io”, qui signifie “le lac est beau, le lac est grand”, a-t-il rappelé sur X. Ce nom remonte à plus de 400 ans, bien avant la Confédération canadienne et la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique. »

Nous savons que les États-Unis sont en train de changer. Leurs relations commerciales, leur politique étrangère, leurs monuments nationaux, leurs hydronymes. Les Canadiennes et les Canadiens savent aussi qu’il faut appeler les choses par leur nom, et ce lac se nomme Lac Ontario – aujourd’hui et pour toujours.

 Mark Carney, premier ministre du Canada, dans une publication sur X

Le premier ministre ontarien Doug Ford a fait échos à ses propos tout en faisant preuve de retenue lorsqu’il a réagi en fin d’après-midi jeudi, lui qui avait injurié le président Trump en début de semaine.

« C’est lac Ontario pour les Canadiens et le reste du monde. Maintenant et pour toujours », a-t-il publié sur X.

La controverse sur le nom du lac Ontario se déroule dans un contexte de relations tendues entre Washington et Ottawa depuis le début du second mandat du président Trump. L’échec des négociations commerciales vendredi pour éviter des droits de douane de 50 % sur 28 milliards produits canadiens imposés par l’administration américaine a ouvert un nouveau chapitre. Le Canada a quitté la table des négociations parce qu’il n’était pas prêt à faire les concessions demandées.

Le premier ministre Ford n’avait pas mâché ses mots en début de semaine en disant de Trump qu’il était « un dictateur », « un intimidateur », « un loser » et qu’il pourrait « embrasser son derrière ». Il avait même invité les électeurs américains à se détourner des républicains pour les élections de mi-mandat le 3 novembre. Il avait par la suite tempéré ses propos.

Les États-Unis peuvent-ils agir unilatéralement ?

Le secrétaire américain de l’Intérieur, Doug Burgum, a 30 jours pour mettre le décret en application auprès de la commission de toponymie des États-Unis. Le nom sera modifié sur les cartes géographiques, les contrats et tout autre document officiel du gouvernement américain.

Le lac Ontario borde aussi bien l’État de New York que l’Ontario. Selon des experts cités par les Coops de l’information, le président peut débaptiser les lieux sur les cartes officielles américaines, mais sans que cela ait un impact pour notre côté de frontière.

Cela étant dit, selon pour André Lapierre, professeur émérite de linguistique et d’études canadiennes à l’Université d’Ottawa, le cas du lac Ontario présente néanmoins une particularité que ne possédait pas le golfe du Mexique.

Une entente approuvée par le Canada en 1986 prévoit une coordination entre les autorités toponymiques canadiennes et américaines pour les lieux transfrontaliers.

Une tradition de coopération est donc habituellement de mise, ce qui rend la démarche unilatérale de Trump encore plus inhabituelle, a relevé M. Lapierre.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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