Dar-Es-Salam :la Guinée et la Sierra Leone rendent un dernier hommage aux 36 victimes

DAKAR, 05 Septembre 2026 (JVFE)—Le gouvernement guinéen a organisé des obsèques nationales ce vendredi 4 septembre 2026 à Conakry pour rendre un dernier hommage aux 36 victimes de l’éboulement de la décharge d’ordures de Dar-Es-Salam, survenu dans la nuit du 22 au 23 août.

Une cérémonie empreinte d’émotion s’est déroulée sous des tentes dressées pour l’occasion, où les cercueils recouverts du drapeau national faisaient face à une assistance endeuillée, composée de proches, de citoyens et d’officiels

La tragédie revête une dimension profondément bilatérale puisque le bilan officiel comprend 17 ressortissants de la Sierra Leone qui vivaient à proximité du site.

La cérémonie officielle et spirituelle s’est tenue à la Mosquée Turque de Bambéto. Les cercueils étaient recouverts du drapeau guinéen face à une assistance composée de proches, de citoyens anonymes et de diplomates.

Plusieurs dignitaires ont fait le déplacement, notamment le Premier ministre, des membres du gouvernement et des représentants du corps diplomatique. La parole a été portée par la Gouverneure de la ville de Conakry, la Générale M’Mahawa Sylla, s’exprimant au nom de la nation et du chef de l’État : ​« Chères familles endeuillées, distinguées invitées, c’est avec une profonde tristesse et une grande émotion que je prends la parole ici en ce jour solennel pour rendre un dernier hommage à nos disparus qui ont tragiquement perdu leur vie dans l’éboulement survenu sur le site de la décharge de Dar-es-salam causant 35 disparus. C’est en ce recueillement qu’on adresse nos pensées à toutes les familles tout d’abord mais aussi au Président de la République ainsi qu’au peuple de Guinée tout entier », a-t-elle déclaré.

Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a dirigé la délégation officielle au nom du président de la transition, le général Mamadi Doumbouya. Des représentants de la communauté sierra-léonaise et de son corps diplomatique étaient également présents pour saluer la mémoire de leurs compatriotes.

À la suite de la prière mortuaire collective, le cortège funèbre a convergé vers le cimetière des Martyrs de Bambéto où les 36 victimes ont été portées en terre

L’éboulement a été provoqué par de fortes pluies qui ont entraîné l’effondrement d’une partie de cette immense montagne de déchets sur les habitations environnantes pendant le sommeil des résidents. Cette décharge, active depuis la fin des années 1990, aurait contractuellement dû fermer ses portes en 2008.

À la suite de ce drame, le gouvernement a initié des opérations de déguerpissement et de démolition des logements installés dans la zone critique afin d’éviter un nouveau sinistre. Les autorités prévoient à terme de vider totalement le site pour le transformer en un parc urbain. En parallèle, plus de 500 rescapés ont été provisoirement relogés et pris en charge dans une école de Dixinn.

L’assistance humanitaire et le processus d’enquête s’organisent activement autour du drame de Dar-Es-Salam.

Les dispositifs d’aide aux rescapés et sinistrés

Le gouvernement guinéen, par le biais de l’Agence nationale de gestion des urgences et catastrophes humanitaires (ANGUCH), a déployé plusieurs mesures d’urgence pour soutenir plus de 1 000 habitants touchés ou évacués de la zone critique :

Les rescapés ont été regroupés et installés au sein de l’école primaire de Dixinn. Ce site fait l’objet d’une surveillance sécuritaire stricte pour garantir leur tranquillité.

L’État assure une fourniture complète en nourriture (rations, repas), en vêtements, en matelas et en eau potable pour subvenir aux besoins fondamentaux. [

Une clinique mobile dotée de médecins et d’un stock de médicaments gratuits a été positionnée directement sur le lieu d’hébergement afin de traiter les blessés et prévenir les risques sanitaires. Les hôpitaux de la capitale restent également en état d’alerte.

Les autorités se sont engagées à accorder des indemnisations financières et des solutions de recasement définitif pour les familles légitimes expropriées à la suite des démolitions des habitations jugées illégales ou dangereuses en bordure de la décharge. [

Le suivi de l’enquête et les responsabilités

Bien que le gouvernement attribue en premier lieu la catastrophe aux pluies torrentielles exceptionnelles, la gestion à long terme du site soulève de vives tensions politiques et citoyennes.

Des organisations civiles et des structures politiques, telles que le Front républicain (FFSG), sont montées au créneau pour réclamer une enquête indépendante. Ils dénoncent l’inaction historique de l’État sur ce site qui aurait dû fermer depuis 2008, qualifiant le traitement brutal des évacuations de “seconde violence” envers les sinistrés.

La récurrence du phénomène — un éboulement similaire ayant déjà coûté la vie à 9 personnes en 2017 — pousse la justice et l’opinion publique à pointer du doigt les failles des politiques successives d’aménagement urbain et de traitement des déchets.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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