DAKAR, 14 Septembre 2026 (JVFE)—Les rebelles Houthis du Yémen ont affirmé avoir visé une base militaire stratégique en Arabie saoudite à l’aide d’une salve massive de dizaines de missiles balistiques et de drones. L’attaque, lancée ce lundi 14 septembre 2026, cible directement des dépôts d’armes et des centres de commandement dans le sud du royaume saoudien. De son côté, l’Iran nie toute implication opérationnelle ou ingérence directe dans cette recrudescence des hostilités.
L’opération militaire a visé la base de Sharurah, située à proximité de la frontière yéménite dans la région du Quart Vide. Des alertes aériennes ont également retenti plus à l’ouest, dans les villes d’Abha et Khamis Mushait, où des témoins ont fait état de fortes explosions et d’un incendie persistant sur les sites militaires.
Cette offensive transfrontalière intervient après des revers majeurs pour les forces gouvernementales yéménites, soutenues par Riyad. Les Houthis ont récemment mené une offensive éclair qui leur a permis de s’emparer du port de Mokha et de la totalité de la côte yéménite bordant la mer Rouge, consolidant ainsi leur contrôle sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb.
Le porte-parole militaire des rebelles, Yahya Saree, a présenté ces frappes comme une réponse directe à une cinquantaine de bombardements menés par l’armée saoudienne au Yémen ces derniers jours.
Les houthis pro-iraniens du Yémen, galvanisés par leurs récentes avancées, ont de nouveau frappé lundi des cibles militaires dans l’Arabie saoudite voisine, l’Iran démentant de son côté toute implication dans ce conflit, nouveau front de la guerre au Moyen-Orient.
Le mouvement houthi a infligé ces derniers jours d’importants revers aux forces gouvernementales yéménites et à leur allié saoudien, renforçant au terme d’une offensive éclair leur emprise sur le détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique reliant l’Europe à l’Asie.
Ils ont aussi visé les infrastructures pétrolières de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut, faisant grimper les prix du pétrole au-dessus du seuil symbolique de 100 dollars.
Lundi, ces combattants ont revendiqué une nouvelle attaque « de grande envergure » au moyen de « dizaines de missiles balistiques et de drones » contre la base aérienne de King Khalid à Khamis Mushait dans le sud du royaume saoudien.
Un habitant a dit à l’AFP avoir vu de « nombreux missiles » tomber sur la base militaire et entendu de fortes explosions.
« C’est la première fois qu’il y en avait autant », a-t-il raconté en affirmant que l’attaque avait provoqué un incendie « qui a duré très longtemps ».
La veille, Riyad avait riposté par une cinquantaine de frappes selon les houthis, qui jouent un rôle clé au sein de « l’axe de la résistance », constellation des groupes armés soutenus par la République islamique à travers la région.
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume, a reçu lundi à Djeddah le commandant du Commandement central américain (CENTCOM), l’amiral Brad Cooper, pour évoquer « les derniers développements dans la région », selon l’agence de presse officielle saoudienne SPA.
Cette image, extraite d’une vidéo non datée, diffusée samedi 12 septembre 2026 par la branche médiatique des rebelles houthis du Yémen, montre des combattants houthis à côté de véhicules militaires, dans un lieu non précisé du sud du Yémen.
Dans ce contexte tendu, l’Arabie saoudite a demandé le report d’une rencontre avec l’Iran, censée réunir lundi à Oman les pays du Golfe, selon la diplomatie iranienne.
« Invoquer la question yéménite comme raison [du report] est un faux prétexte », a estimé le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, lors d’une conférence de presse à Téhéran.
« L’Iran n’intervient pas dans les affaires yéménites », a-t-il assuré, affirmant que les houthis étaient « des acteurs totalement indépendants [qui] prennent leurs décisions en fonction de leurs propres intérêts ».
Cette réunion devait porter sur l’avenir du détroit d’Ormuz, autre détroit clé pour le commerce mondial d’hydrocarbures, que l’Iran verrouille depuis des mois.
« Malgré les fortes pressions exercées par les États-Unis, l’Iran conserve un contrôle relatif sur Ormuz », souligne l’analyste politique Maziar Khosravi. Parallèlement, les derniers développements au Yémen « ont instauré un nouvel équilibre des pouvoirs dans la région et même à l’échelle internationale ».
« Il me semble donc que l’Iran [se rendait] à cette réunion en position de force », dit-il à l’AFP, face à une Arabie saoudite affaiblie.
Le royaume est sous pression, entre les attaques des houthis et ses pétroliers désormais sous la menace dans les deux détroits entourant son territoire.
Son oléoduc Est-Ouest, voie d’exportation de brut cruciale pour contourner le blocage d’Ormuz, est aussi à l’arrêt après des attaques de drones venues d’Irak selon Riyad.
Les avancées des houthis ont aggravé « une crise que les États du Golfe jugeaient déjà intenable. Avec Ormuz entravé et Bab el-Mandeb de plus en plus vulnérable, la désescalade devient un impératif économique », estime Ali Vaez, du centre de réflexion International Crisis Group.
Après des années d’accalmie, le Yémen a été entraîné en juillet dans le conflit régional déclenché par l’offensive américano-israélienne contre l’Iran fin février.
Les combats de ces dernières semaines dans l’ouest du Yémen ont fait des centaines de morts et ont déplacé près de 86 000 personnes selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Dimanche, les forces gouvernementales ont dit avoir repris certaines positions dans la région de Taëz, affirmant qu’au « moins une dizaine » de combattants houthis avaient été tués par des frappes aériennes.
Entre 2014 et 2022, une guerre a opposé les houthis aux forces progouvernementales, soutenues par Riyad, faisant des centaines de milliers de morts et plongeant le Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, dans une crise humanitaire majeure.
Une crise humanitaire et régionale qui s’aggrave
Les combats terrestres et aériens, qui ont repris de plus belle depuis juillet 2026 après plusieurs années d’accalmie, provoquent d’importants déplacements de population. L’ONU estime qu’au moins 76 000 civils ont fui les violences au cours des dernières semaines, le nombre de réfugiés ayant quadruplé face à l’intensification soudaine du conflit.
L’Iran dément fermement toute implication ou intervention directe dans les affaires yéménites, affirmant que les rebelles houthis agissent de manière totalement autonome.
Cette déclaration officielle a été partagée par le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, lors d’une conférence de presse à Téhéran. Elle intervient dans un contexte de vives tensions régionales au Moyen-Orient.
L’Iran soutient que les Houthis sont « des acteurs totalement indépendants » qui prennent leurs décisions selon leurs propres intérêts, et non sous la dictée de Téhéran.
L’Arabie saoudite a demandé le report d’une réunion clé sur la gestion du détroit d’Ormuz à Oman, en invoquant l’insécurité au Yémen. L’Iran a qualifié ce motif de « faux prétexte », estimant que le royaume cherche à esquiver les discussions face à un changement du rapport de force. Les rebelles houthis ont récemment intensifié leurs opérations armées, s’emparant de la totalité de la côte yéménite sur la mer Rouge et du détroit stratégique de Bab el-Mandeb. En parallèle, ils ont mené des frappes d’envergure par drones et missiles balistiques contre des bases militaires et des infrastructures pétrolières saoudiennes.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
