DAKAR, 03 OCTOBRE 2026 (JVFE)—Le Parquet du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar a officialisé l’ouverture d’une enquête judiciaire visant les violences survenues au Sénégal entre 2021 et 2024.
En raison de leur ampleur et de leur caractère systématique, ces infractions font l’objet de poursuites sous la qualification de crimes contre l’humanité, de meurtres et d’actes de torture. selon ce communiqué du procureur de la République daté du 2 octobre 2026 (n° 003/PR-TGIHC DK)
Le procureur de la République a partagé un premier bilan provisoire et détaillé des investigations menées par la Section de recherches de la Gendarmerie nationale :
Bilan humain provisoire de l’enquête
- 76 personnes décédées enregistrées à l’échelle nationale (dont 41 pour la seule région de Dakar).
- Plus de 200 victimes de tortures ou de traitements inhumains, cruels ou dégradants.
- 166 personnes auditionnées, incluant des victimes et des témoins clés.
Premières inculpations majeures
Le 23 septembre 2026, cinq individus ont été formellement inculpés par les juges d’instruction co-saisis pour crime contre l’humanité de tortures et de meurtre :
- Quatre personnes sont poursuivies pour des actes de torture et de séquestration exercés sur le militant activiste Pape Abdoulaye Touré.
- Un cinquième individu est poursuivi pour le meurtre de Mamadou Ndoye, qui aurait été volontairement heurté mortellement par un véhicule de police à Bargny.
Mesures de sûreté et procédures en cours
- Deux mandats de dépôt ont été décernés, tandis que les autres inculpés ont été placés sous contrôle judiciaire ou assignés à résidence sous surveillance électronique (bracelet électronique).
- Le procureur de la République a fait appel de ces ordonnances de mise en liberté surveillée afin d’obtenir l’incarcération systématique de tous les mis en cause.
- Les magistrats instructeurs continuent de déployer des commissions rogatoires et délégations judiciaires pour remonter l’intégralité de la chaîne des responsabilités.
- Cette procédure marque un tournant majeur puisque la qualification de crimes contre l’humanité permet de contourner les restrictions imposées par la loi d’amnistie votée sous l’ancien régime.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
