DAKAR, 19 OCTOBRE (JVFE)—Le premier scrutin organisé en Israël depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 correspond aux élections législatives israéliennes, fixées au 27 octobre 2026.
Les élections législatives israéliennes du 27 octobre 2026 marquent le premier scrutin depuis les attaques du 7 octobre 2023, sur fond de course serrée entre le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu et son principal rival Gadi Eisenkot.
Le scrutin se concentre sur des enjeux nationaux et sécuritaires, tandis que Benjamin Netanyahu bénéficie du soutien public de Donald Trump pour contrer la menace iranienne et faire face à l’isolement international du pays.
Contexte et Enjeux du Scrutin
Il s’agit des premières élections nationales en Israël depuis les attaques du 7 octobre 2023 et le déclenchement de la guerre. Les premiers votes anticipés ont toutefois commencé mi-octobre dans les représentations diplomatiques à l’étranger (notamment en Nouvelle-Zélande et aux Fidji).
Trois années de guerre sur sept fronts ont aiguisé l’inquiétude des 10 millions de citoyens sur la politique étrangère et intérieure que mènera le prochain gouvernement.
Le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahou, au pouvoir depuis plus de 18 ans au total, brigue un nouveau mandat tout en faisant face à de vives critiques sur sa gestion de la sécurité et à des poursuites judiciaires.
Mais la campagne se fait pour l’essentiel sur des enjeux nationaux tels que la conscription des ultra-orthodoxes ou la responsabilité des événements du 7-Octobre.
Ce vote est profondément marqué par les conséquences sécuritaires, politiques et militaires de l’assaut du 7 octobre et de la guerre qui a suivi.
La question des failles sécuritaires du 7-Octobre et la responsabilité du gouvernement sortant.
Les projections annoncent une course très serrée, sans majorité claire définie pour l’un ou l’autre bloc à l’approche du vote.
Les sondages indiquent une forte polarisation de la société israélienne autour du traumatisme du 7 octobre et de la question sécuritaire, sans qu’aucun bloc (ni la coalition sortante ni l’opposition) ne semble assuré d’obtenir une majorité absolue de 61 sièges
Positions des Principaux Candidats
- Benjamin Netanyahu (Premier ministre sortant) : Il est engagé dans une campagne agressive. Il a notamment reçu le 18 octobre 2026 le soutient public entier de Donald Trump. Netanyahu rejette la responsabilité directe de l’effet de surprise du 7-Octobre et met en avant ses alliances internationales ainsi que la lutte contre la menace iranienne.
- Gadi Eisenkot (Chef du parti Yashar / Opposition) : Ancien chef d’état-major de l’armée, il accuse ouvertement Benjamin Netanyahu d’un « échec retentissant » à Gaza et promet de vaincre militairement le Hamas dans un délai de 18 mois s’il accède au pouvoir.
Donald Trump a apporté ce dimanche 18 octobre son “soutien plein et entier” à Benjamin Netanyahu pour les législatives du 27 octobre en Israël, s’attirant les remerciements du Premier ministre sortant pour cet “immense” appui avant un scrutin qui s’annonce serré.
Benjamin Netanyahu a dans la foulée affirmé que son partenariat avec le président américain “se poursuivrait afin d’éliminer la menace iranienne au cours des deux prochaines années, voire plus tôt”.
Ce soutien public est un atout pour la campagne du Premier ministre israélien qui est engagé dans une course serrée et met en avant sa relation privilégiée avec le président américain comme gage de la sécurité d’Israël.
Sur son réseau Truth Social, Benjamin Trump a fait part de son “soutien total et sans réserve à Bibi Netanyahu dans sa prochaine campagne pour sa réélection”, utilisant le surnom utilisé par les partisans du Premier ministre. “C’est le genre de partenaire que les États-Unis demandent d’Israël, un pays pour lequel ils ont tant fait”, a-t-il ajouté.
“Merci, Monsieur le Président Trump, pour votre immense soutien et pour notre travail en commun. Ensemble, nous mènerons la mission à son terme !”, a rapidement réagi le dirigeant israélien sur X.
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, l’a toutefois averti dans la nuit, sur X: “La dernière fois que vous avez voulu finir le travail, l’Iran en est sorti encore plus fort. Vous voulez retenter votre chance ? Comme vous voulez. Mais faites attention ; nous avons aussi du travail à finir”.
Principal rival, Gadi Eisenkot
Le camp d’opposition est notamment marqué par la figure de Gadi Eisenkot, ancien chef d’état-major de l’armée, qui critique vertement le bilan du gouvernement et réclame une commission d’enquête sur les défaillances du 7 octobre.
L’ancien chef de l’armée israélienne Gadi Eisenkot, principal rival de Benjamin Netanyahou, s’est engagé jeudi à mettre fin au pouvoir du Hamas à Gaza dans un délai de 18 mois s’il devient premier ministre à l’issue des législatives du 27 octobre.
«Je prends publiquement cet engagement: dans les 18 mois qui suivront mon entrée dans le bureau du premier ministre, le Hamas ne dirigera plus la bande de Gaza», a déclaré le dirigeant du parti de centre-droit Yashar lors d’une conférence de presse près du territoire palestinien ravagé par la guerre.
Il a affirmé qu’il atteindrait cet objectif soit en appliquant le plan pour Gaza du président américain Donald Trump, qui prévoit un désarmement progressif du Hamas et un transfert du pouvoir vers un organe de transition, soit au moyen d’«opérations militaires créatives» visant à détruire la branche militaire du mouvement islamiste palestinien.
Cette promesse de campagne intervient alors que la campagne s’accélère, à 12 jours du vote.
Ce scrutin sera le premier organisé en Israël depuis l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023, à laquelle Israël a riposté en lançant une guerre qui a ravagé une grande partie de la bande de Gaza.
Gadi Eisenkot, un ancien chef d’état-major de l’armée âgé de 66 ans, a accusé le premier ministre Benjamin Netanyahou d’«échec retentissant» à Gaza, où le Hamas «reste actif militairement» après trois ans de guerre.
Un accord de cessez-le-feu, conclu en octobre 2025 sous l’égide des États-Unis, prévoyait notamment une transition politique destinée à écarter le Hamas du pouvoir.
Le Premier ministre, qui a passé plus de 18 années au pouvoir et fêtera mercredi ses 77 ans, est engagé dans une course serrée, selon les sondages. Son principal rival électoral, Gadi Eisenkot, a réagi en soulignant que “seuls les Israéliens pouvaient choisir leur dirigeant”, tout en assurant, lors d’une conférence à Tel-Aviv, qu’il “admirait le président américain”.
La conduite par Benjamin Netanyahu de la guerre à Gaza a isolé son pays à l’international, lui valant des poursuites devant la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Gaza. Formé en décembre 2022, le gouvernement actuel a aussi accéléré la colonisation de la Cisjordanie occupée, où les attaques de colons ont explosé dans un climat d’impunité, au point de susciter quelques remontrances américaines.
Dans son message, Benjamin Netanyahu a appelé les électeurs indécis à “écouter” Donald Trump et à voter pour lui. Donald Trump a dit “que nous avions accompli ensemble des choses extraordinaires. Nous avons écrasé l’Iran, écrasé l’axe iranien et éloigné la menace immédiate” du nucléaire iranien”, a-t-il insisté, en ajoutant que ce partenariat allait permettre “d’éliminer la menace iranienne”. Et d’insister: “c’est le critère le plus important (…) C’est la survie d’Israël, la garantie de l’éternité d’Israël: voilà ce qui se joue dans cette élection”.
Malgré leur alliance contre l’Iran, qu’ils ont bombardé ensemble le 28 février déclenchant la guerre au Moyen-Orient, les relations entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont traversé une série de hauts et de bas.
En particulier quand Donald Trump, confronté à l’impopularité aux États-Unis du conflit avec l’Iran, qui a fait monter les prix des carburants, a conclu en avril un cessez-le-feu avec Téhéran, devenu depuis lettre morte.
Donald Trump s’était publiquement emporté contre son allié, l’accusant de vouloir saboter les négociations en cours avec des bombardements sur Beyrouth contre le Hezbollah pro-iranien.
Benjamin Netanyahu a aussi annoncé en août rejeter, comme le demandaient ses alliés d’extrême-droite, une feuille de route américaine pour la sortie de guerre de la bande de Gaza, incluant un accord du Hamas pour son désarmement, ce que Donald Trump avait salué comme une avancée majeure.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
