Dakar,09NOVEMBRE 2025(JVFE)-Un prêtre français, figure connue de l’aide aux réfugiés au Maroc, est accusé d’avoir agressé sexuellement plusieurs jeunes migrants dans un centre d’accueil de Casablanca. L’affaire, révélée par le média marocain Enass , provoque un choc au sein de la communauté catholique du pays.
Une affaire qui ébranle l’Église catholique du Maroc
Le père Antoine Exelmans, rattaché au diocèse de Rennes, a été accusé d’agressions sexuelles sur des personnes migrantes accueillies au sein de l’église Notre-Dame-de-Lourdes de Casablanca, au Maroc
Le père Antoine Exelmans, qui dirigeait le service d’accueil des migrants de l’église Notre-Dame-de-Lourdes à Casablanca entre 2021 et 2024, est soupçonné d’avoir exploité sexuellement plusieurs jeunes hommes originaires d’Afrique subsaharienne. Selon les premières investigations, six victimes présumées – cinq Guinéens et un Camerounais, tous mineurs au moment des faits selon Enass – auraient été abusées.
L’archevêque de Rabat est Cristóbal López Romero, un prélat catholique espagnol nommé en 2017. Il est également cardinal depuis 2019, ce qui fait de lui le premier cardinal du Maroc.
L’archevêché de Rabat, qui mène sa propre enquête, évoque pour sa part cinq victimes, dont une seule mineure.
Le religieux, devenu au fil des ans une figure de la solidarité envers les réfugiés, a reconnu avoir commis des « abus sexuels » lors d’une procédure interne, selon des informations rapportées par le quotidien français Le monde . Une plainte déposée en mai 2024 aurait mis fin à ce qu’Enass décrit comme un système d’exploitation au sein de la structure d’accueil. Le prêtre a quitté le Maroc quelques semaines plus tard, avant la fin de sa mission officielle, mais l’archevêché affirme aujourd’hui qu’il est assigné à résidence et reste à la disposition des autorités françaises et marocaines pour les besoins de l’enquête.
De nombreux migrants originaires d’Afrique de l’Ouest et centrale traversent le Maroc, l’Algérie ou la Tunisie pour tenter de rejoindre l’Europe. Ces pays du Maghreb sont devenus des zones de passage où se multiplient les situations précaires et les abus. Les associations locales, souvent soutenues par des structures religieuses, jouent un rôle central dans l’aide humanitaire apportée à ces personnes, particulièrement à Casablanca et Rabat. C’est dans ce cadre que le père Exelmans exerçait sa mission pastorale auprès de réfugiés et de mineurs isolés.
Six hommes au total – cinq Guinéens et un Camerounais -, tous mineurs au moment des faits, auraient été victimes de l’ecclésiastique, selon les informations du site marocain d’investigation Enass qui a révélé l’affaire cette semaine. L’Église évoque, elle, un total de cinq victimes et assure qu’une seule était mineure lors de son agression.
L’archevêque de Rabat, qui supervise l’enquête interne, assure coopérer pleinement avec les autorités et dément les rumeurs de fuite du prêtre. Il précise que l’Église attend les conclusions des procédures judiciaires engagées des deux côtés de la Méditerranée avant toute décision définitive.
Cette affaire met à l’épreuve la confiance accordée aux institutions religieuses impliquées dans l’aide humanitaire auprès des migrants. Si la justice doit encore établir les faits, les révélations autour du père Exelmans posent de nouveau la question de la protection des populations vulnérables, souvent dépendantes de structures d’accueil où le rapport de force peut être inégal.
