Conférence internationale de la BCEAO sur le thème “l’intelligence artificielle : opportunités et défis pour les banques centrales”

Les travaux de cette conférence se sont déroulés sur une journée . Le nombre de participants était  estimé à une centaine de personnes. La rencontre s’est tenu  en présentiel à l’Hôtel Terrou-Bi de Dakar, au Sénégal. 

Le processus de digitalisation rapide des économies a fluidifié les interactions économiques, monétaires et financières, obligeant les banques centrales à s’adapter, afin de mieux répondre à ces nouveaux défis. La transformation numérique a multiplié les flux de données et diversifié les sources d’information, rendant les approches traditionnelles de collecte et d’analyse des données insuffisantes pour capter l’ensemble des dynamiques économiques, monétaires et financières. En réponse à ces évolutions, des banques centrales ont adopté l’Intelligence Artificielle (IA) pour accroître leur capacité à analyser et traiter de manière efficace ces volumes de données massives. Cette transition constitue un tournant décisif qui invite les instituts d’émission à conformer leurs cadres réglementaires, à renforcer leurs mécanismes de supervision et à adapter leur dispositif de suivi de conjoncture aux outils de l’IA, afin de garantir la stabilité financière dans un environnement en constante évolution.

C’est dans ce contexte que lors de la première réunion semestrielle du Groupe Consultatif Régional pour l’Afrique Sub-Saharienne (GCR-ASS) du Conseil de Stabilité Financière (FSB), tenue les 22 et 23 mai 2024 à Dakar, une session a été consacrée au thème relatif à l’utilisation de l’IA et ses applications à la finance. Il est ressorti des échanges que certaines banques centrales et organismes de régulation financière en Afrique ont déjà amorcé des initiatives en matière d’intégration des technologies d’IA dans leur cadre de supervision bancaire et de surveillance micro et macroprudentielle. Toutefois, le niveau d’adoption reste encore modéré et pourrait être davantage approfondi pour atteindre son plein potentiel. En particulier, la Banque du Botswana, la Banque de Réserve d’Afrique du Sud et la Commission des Services Financiers (FSC) de l’Ile Maurice ont partagé leurs expériences au cours de la rencontre.

Au vu de ces évolutions, le Gouverneur de la BCEAO a, par Décision n°230-07-2024 du 1er juillet 2024, créé le Comité de Réflexion sur l’Intelligence Artificielle à la BCEAO (CRIA). Ce Comité a pour missions (i) d’effectuer une veille sur les développements récents de l’Intelligence Artificielle (IA) dans les Banques Centrales au niveau régional et international, (ii) d’évaluer l’opportunité du développement de l’IA à la BCEAO, en mettant en exergue les bénéfices et risques y relatifs, (iii) de proposer le cas échéant, les axes d’une stratégie de développement de l’IA à la Banque Centrale et (iv) d’établir une feuille de route pour la mise en œuvre de la stratégie.

En outre, lors de la réunion de Gouvernement de la Banque Centrale du 3 octobre 2024, il a été décidé de l’organisation, en mai 2025, d’une conférence internationale sur le thème “l’Intelligence artificielle : opportunités et défis pour les banques centrales”.

Cette rencontre devrait constituer un creuset d’échanges sur l’application de l’IA et les innovations y relatives dans le secteur bancaire et financier, en général et, en particulier, au sein des activités des banques centrales et organismes de régulation de référence. De manière spécifique, elle devrait permettre aux banques centrales participantes de bénéficier des expériences idoines pour dérouler leur feuille de route relative aux possibilités de déploiement de l’IA au sein de leurs activités. Elle devrait contribuer à positionner la BCEAO au rang des institutions pionnières dans le domaine de l’innovation technologique au service du secteur bancaire financier de l’Union et dans la sous-région.

La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a organisé ce 21 mai 2025, à Dakar, une conférence internationale sur le thème ” L’intelligence Artificielle : Opportunités et défis pour les banques centrales “.

Les travaux se déroulent en présence de plusieurs Gouverneurs de banques centrales. Il s’agit notamment de ceux de la BEAC, de l’Afrique du Sud, des Comores, du Ghana, de l’île Maurice, du Maroc, du Mozambique, du Nigéria, du Portugal etc.

Ouvrant les travaux, le Gouverneur de la BCEAO, Jean Claude Kassi- Brou, considère que l’avènement de l’intelligence artificielle constitue une révolution qui change déjà en profondeur de nombreux domaines d’activités et affectent des secteurs entiers de la société. Ce qui lui fait dire que l’intelligence artificielle mérite une attention particulière des autorités en charge des politiques économiques.

Pour lui, le sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle tenue à Paris en février dernier, qui a abouti à la signature par une soixantaine de pays, d’une déclaration commune en faveur d’une intelligence artificielle, est assez révélateur. Sans oublier à ses yeux, la stratégie continentale africaine sur l’intelligence artificielle en 2024. Aujourd’hui, est convaincu, Jean Claude Kassi-Brou, cette technologie doit être au service du développement durable et de la prospérité du continent.

Des avantages pour le secteur financier

Pour Jean Claude Kassi-Brou, divers pays de l’Union comme le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Sénégal ont déjà adopté leur stratégie de développement de l’intelligence artificielle. Ainsi, il considère que le secteur financier se doit de s’inscrire dans ce large mouvement d’introduction de l’intelligence artificielle dans ses activités.

” C’est la raison d’être de cette rencontre. Mon objectif est de constituer un creuset d’échanges sur l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle et les innovations et relatives dans le secteur bancaire et financier particulièrement dans le cadre des missions des banques centrales et organes de régulation l’utilisation même si l’exploitation de l’intelligence artificielle par les banques centrales reste encore certes embryonnaire “, a souligné le Gouverneur de la Banque centrale.

Par ailleurs, il estime que le séminaire organisé à Dakar, est un cadre de partage d’expériences pertinentes et diverses afin d’enrichir leurs feuilles de route en matière de déploiement de l’intelligence artificielle.

Le ministre Sénégalais des Finances et du Budget, Cheikh Diba a pris part à la cérémonie d’ouverture. Pour lui, dans le cadre de la politique monétaire de la stabilité financière et du financement des économies, l’utilisation de l’intelligence artificielle, devrait permettre d’affiner les analyses notamment sur les risques économiques et financiers et ainsi permettre aux soutiens accrus dans le financement des économies.

À l’en croire, l’intelligence artificielle regorge d’opportunités pour les secteurs à fort impact socio-économique, tels que l’agriculture l’éducation, la santé et les services publics.

Le ministre sénégalais des Finances et du Budget, Cheikh Diba, représentant le Premier ministre Ousmane Sonko, a appelé l’Afrique à ne plus se contenter d’être un simple consommateur des technologies de l’IA, mais à devenir un acteur actif. « L’Afrique doit développer ses infrastructures et former sa population pour une utilisation inclusive de l’IA », a-t-il affirmé. Selon les Nations Unies, l’IA pourrait générer une valeur ajoutée de 1 500 milliards de dollars pour l’économie africaine d’ici 2030, en créant des emplois et en stimulant la croissance. M. Diba a insisté sur la nécessité d’une gouvernance éthique de l’IA, respectueuse des droits humains et adaptée au contexte africain.

La digitalisation rapide des économies a multiplié les flux de données, rendant les méthodes traditionnelles d’analyse insuffisantes. En réponse, des banques centrales adoptent l’IA pour traiter efficacement ces volumes massifs, renforcer la supervision bancaire et garantir la stabilité financière. « L’IA permettra d’affiner les analyses économiques et financières, tout en facilitant un financement plus précis des économies », a ajouté le ministre Diba, soulignant son rôle dans la politique monétaire et le financement des économies africaines.

Lors de la réunion semestrielle du Groupe Consultatif Régional pour l’Afrique Subsaharienne (GCR-ASS) du Conseil de Stabilité Financière, tenue à Dakar les 22 et 23 mai 2024, une session a exploré les applications de l’IA dans la finance. La Banque du Botswana, la Banque de Réserve d’Afrique du Sud et la Commission des Services Financiers de l’Île Maurice ont partagé leurs initiatives, révélant un niveau d’adoption encore modéré mais prometteur.

Pour accompagner cette dynamique, la BCEAO a créé, par Décision n°230-07-2024 du 1er juillet 2024, le Comité de Réflexion sur l’Intelligence Artificielle (CRIA). Ce comité est chargé de suivre les avancées de l’IA, d’évaluer ses opportunités et risques, de proposer une stratégie de développement et d’établir une feuille de route pour son intégration au sein de l’institution. Cette initiative, décidée lors de la réunion du Gouvernement de la Banque Centrale le 3 octobre 2024, vise à positionner la BCEAO comme pionnière dans l’innovation technologique au service du secteur bancaire et financier de l’Union.

La conférence offre un cadre d’échange sur les applications de l’IA dans la politique monétaire, l’analyse économique, la stabilité financière et la supervision bancaire, tout en abordant les défis éthiques. Elle permettra aux banques centrales participantes de s’inspirer d’expériences concrètes pour élaborer leurs stratégies, renforçant ainsi la résilience et l’innovation dans le secteur financier africain.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *