Le Programme alimentaire mondial des Nations unies (PAM) alerte sur la suspension en avril 2025 de l’aide alimentaire et nutritionnelle vitale au Sahel central et au Nigéria en l’absence d’un financement urgent. Cette alerte intervient alors que la saison de soudure – la période entre les récoltes où la faim atteint son niveau le plus élevé – devrait arriver plus tôt cette année, dans la région du Sahel. Des millions de personnes, notamment des réfugiés et des personnes déplacées internes, dépendent encore de l’assistance alimentaire du PAM pour leur survie.
L’insécurité alimentaire aiguë et la malnutrition ont augmenté pour la sixième année consécutive dans les régions les plus fragiles du monde
En 2024, plus de 295 millions de personnes dans 53 pays et territoires seront confrontées à une faim aiguë, soit une augmentation de près de 14 millions de personnes par rapport à 2023, tandis que le nombre de personnes confrontées à des niveaux de faim catastrophiques atteindra un niveau record.
Le gouvernement malien a présenté lundi 26 mai 2025 son plan national visant à répondre à l’insécurité alimentaire. Il vise à apporter une aide d’urgence à près de 5 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire, selon le commissaire à la sécurité alimentaire Redouwane Ag Mohamed Ali.
Le Commissariat à la Sécurité Alimentaire a été institué auprès du Président de la République du mali par le décret N° 2017-0309/P-RM du 5 avril 2017. Il a pour mission d’élaborer et d’assurer la mise en œuvre de la politique nationale de sécurité alimentaire.
A ce titre, il est chargé de :
- proposer des stratégies, préparer et mettre en œuvre, en rapport avec les départements ministériels concernées, les mesures visant à assurer une pleine couverture des besoins alimentaires et nutritionnels du pays ;
- analyser et établir la situation alimentaire et nutritionnelle prévisionnelle du pays, compte tenu des résultats de l’évaluation de la campagne agricole et des variables liées aux marchées et aux prix ;
- déterminer les zones à risques, les besoins à couvrir et les types de réponses à apporter aux populations en situation d’insécurité alimentaire;
- planifier, coordonner et suivre les opérations d’assistance alimentaire et nutritionnelle mises en œuvre par les différents acteurs ;
- soutenir les activités de relèvement des populations touchées par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle ;
- veiller à la constitution, à la reconstitution et à la bonne gestion des outils d’intervention (stocks et fonds) et des banques de céréales ;
- veiller à la préparation concertée du Plan de contingence et du Plan National de Réponses et suivre leur exécution ;
- réaliser une réflexion-action, en collaboration avec les structures publiques et privées concernées, sur les mesures d’organisation des marchés céréaliers et de modernisation des circuits de distribution des denrées alimentaires ;
- assurer le suivi régulier de la situation alimentaire et nutritionnelle par la mise en place et la mise à jour d’une base de données et d’une cartographie y afférente et la diffusion d’informations sur les facteurs qui impactent la sécurité alimentaire (prix, production agricole, etc.) ;
- contribuer à la constitution et au suivi du stock sous régional de sécurité alimentaire logé au Mali ;
- veiller au bon fonctionnement des structures du dispositif national de sécurité alimentaire.
Le CSA est dirigé par un commissaire nommé par décret du Président de la République. Le commissaire à la sécurité alimentaire à rang de ministre. Il est assisté dans l’exercice de ses fonctions par un Commissaire Adjoint, des Chargés de mission et d’une secrétaire particulière.
Le Commissariat à la Sécurité Alimentaire comprend :
en staff deux (2) services : le Service Communication et Documentation (SCD) et le Service Administratif et Financier (SAF) ;
en ligne trois (3) départements : le Département Prévention et Gestion des Crises Alimentaires et nutritionnelles, Réhabilitation et Résilience (DPGCANR), le Département Analyse prospective, Planification et Suivi-Evaluation (DAPPSE), le Département Appui aux Marchés et à la Modernisation des Circuits Commerciaux (DAMMCC).
En outre, sont rattachés au Commissariat à la Sécurité Alimentaire, les services suivants :
- le Secrétariat Technique et Financier (STF) ;
- l’Office des Produits Agricoles du Mali (OPAM) ;
- l’Agence de Veille et d’Alerte en Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (AVANSAN) ;
- la Direction Nationale des Projets PAM (DPPAM).
Les principaux domaines prioritaires de ce plan de réponses sont la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la santé, l’éducation, l’hygiène et l’assainissement.
Selon les autorités, ce plan de réponse à l’insécurité alimentaire vise à préserver la vie et la dignité des populations ayant des besoins critiques à travers une assistance multi-sectorielle d’urgence adéquate.
Le commissariat à la sécurité alimentaire affirme que si rien n’est fait dans l’urgence, environ 5 millions de personnes pourraient atteindre la phase sévère de l’insécurité alimentaire, dont 150 000 à Tombouctou. Cependant, 1,4 million de personnes seront assistées par l’État et ses partenaires techniques et financiers.
Le gouvernement lance un appel à la mobilisation de 462 milliards de francs CFA, soit 160 millions de dollars, pour soutenir les personnes touchées par l’insécurité alimentaire. Il s’est par ailleurs félicité de la mobilisation des partenaires du Mali, tout en rappelant les pertes tragiques causées par les inondations l’année dernière. Pendant ce temps, les populations concernées commencent à recevoir de l’appui. Dans le cadre de l’assistance aux sinistrés des inondations, le cercle de Bankass a reçu ce dimanche une aide alimentaire des autorités du pays et des abris composés de nattes et de tentes. Le maire de Bankass, Allaye Moulaye Guindo, a précisé que cette donation s’inscrit dans le cadre du plan de réponses à l’insécurité alimentaire initié par le gouvernement
