L’opération israelo-americaine :l’Iran bascule, le monde retient son souffle

DAKAR, 1ER MARS 2026(JVFE)-Comme samedi, Téhéran a été le théâtre de nouvelles frappes américaines et israéliennes ce dimanche.

Les grandes capitales européennes observaient l’embrasement du Moyen-Orient avec prudence, samedi, tandis que les adversaires traditionnels des États-Unis dénonçaient une attaque « imprudente », voire « illégale » à l’encontre de l’Iran.

Les avions israéliens ont attendu plusieurs semaines avant de décoller pour décapiter le régime, il fallait être certain du lieu, de l’heure.

La CIA américaine a appris qu’Ali Khamenei devait participer à une réunion de haut niveau samedi matin à Téhéran, ce qui a permis aux armées américaines et israéliennes de le cibler.

Les agences de renseignements israéliennes et américaines ont finalement donne le feu vert et samedi matin, à 8 h 40 (heure de Téhéran), les bombes israéliennes se sont abattues simultanément sur trois sites identifies. en l’espace de 30 secondes, 40 cadres supérieurs du régime des mollahs étaient tués. Parmi eux, l’ayatollah khamenei, guide suprême de la révolution islamique depuis 1989 et chef d’état du régime.

S’il est familier des assassinats ciblés, c’est la première fois que l’État hébreu tue un chef d’État étranger. « L’opération a été lancée avec pour objectif de décapiter la direction du régime », explique au Figaro un haut gradé de l’armée de l’air israélienne, qui qualifie l’opération d’« extrêmement complexe». Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou s’est réjoui du succès de l’attaque: « depuis trois décennies et demie…

1. L’offensive israélo-américaine 

  • Frappes chirurgicales : Les forces aériennes ont visé des sites stratégiques, notamment les infrastructures nucléaires de Natanz et Fordo, ainsi que les capacités balistiques et navales iraniennes.
  • Mort d’Ali Khamenei : Des sources convergentes, dont la télévision publique israélienne et des médias iraniens, confirment que le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a été tué lors d’une frappe sur sa résidence dans le quartier Pasteur à Téhéran.
  • Objectif affiché : Le président Donald Trump a déclaré vouloir « détruire » l’industrie des missiles iraniens et a appelé la population à s’emparer du pouvoir. 

2. La riposte de Téhéran

  • Contre-attaque massive : L’Iran a répliqué en tirant des salves de missiles et de drones vers Israël et des bases militaires américaines dans la région (Irak, Émirats arabes unis).
  • Pertes humaines : Les États-Unis ont annoncé la mort de trois de leurs soldats, tandis qu’Israël rapporte plusieurs victimes civiles suite aux frappes de missiles. 

3. Réactions mondiales et conséquences

  • Chaos diplomatique : Le monde « retient son souffle » face au risque d’embrasement général. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni se disent prêts à des « actions défensives proportionnées ».
  • Économie : Le flux pétrolier dans le détroit d’Ormuz est actuellement interrompu, provoquant une onde de choc sur les marchés énergétiques mondiaux.
  • Transition en Iran : Un deuil de 40 jours a été décrété en Iran, alors qu’un processus de transition incertain s’ouvre après la disparition du sommet du régime.

Des frappes dans l’ouest de l’Iran tuent 43 membres des forces de sécurité

L’agence de presse iranienne Mehr a affirmé qu’une attaque dans l’ouest de l’Iran contre un bâtiment des gardes-frontières près de l’Irak avait tué dimanche 43 membres des forces de sécurité.

L’attaque, « menée à l’aide de bombes», a également causé «d’importants dégâts à des bâtiments voisins» à Mehran, ville frontalière de l’Irak, écrit l’agence Mehr, ajoutant que 21 personnes ont aussi été blessées.

L’Iran a mené des frappes sur la plupart des monarchies du Golfe samedi, faisant au moins deux morts aux Émirats arabes unis, en riposte à une attaque des États-Unis et Israël qui fait craindre un embrasement de la région.

« Selon les premiers rapports, cet acte hostile a été perpétré par des agents des États-Unis et du régime sioniste (Israël, NDLR)», a ajouté l’agence, sans préciser s’il s’agissait d’un attentat à la bombe ou d’une frappe aérienne.

Le tireur présumé au Texas avait exprimé des opinions favorables au pouvoir iranien

L’auteur présumé des tirs qui ont fait deux morts et 14 blessés samedi à Austin, au Texas, avait exprimé des « opinions pro-régime iranien», a rapporté dimanche SITE Intelligence Group, une organisation de veille des groupes jihadistes. Selon SITE, le tireur a été identifié comme Ndiaga Diagne, un citoyen américain d’origine sénégalaise.

La police d’Austin a reçu dimanche un appel signalant des tirs autour du Buford’s, un bar situé dans une artère très fréquentée de la ville, a raconté Lisa Davis. Rapidement sur place, les policiers « ont été confrontés à l’individu armé. Trois de nos officiers ont riposté, tuant le suspect », a-t-elle déclaré.

Après les frappes israélo-américaines contre l’Iran, le patron du FBI, Kash Patel, avait annoncé sur X avoir « demandé à nos équipes de lutte contre le terrorisme et de renseignement d’être en état d’alerte maximale et de mobiliser tous les moyens de sécurité nécessaires ».

L’État hébreu mobilise « toute sa puissance, comme jamais auparavant», a indiqué le premier ministre israélien ce dimanche, au lendemain de l’opération militaire lancée avec les États-Unis contre le régime des mollahs.

Face au conflit au Moyen-Orient, les lieux de culte juifs plus sécurisés en France

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a appelé dimanche les préfets à renforcer la sécurité autour des lieux de culte juifs à la veille de la fête religieuse de Pourim, dans un contexte marqué par les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran.

«Au regard de la situation internationale en cours au Moyen-Orient, je vous renouvelle mes consignes de vigilance et vous demande d’appliquer dès à présent des mesures de sécurisation renforcée à destination des lieux de cultes et rassemblements religieux israélites», indique le ministre dans un télégramme consulté par l’AFP.

Ces dispositifs de sécurité « seront adaptés localement en fonction des niveaux de risques évalués» par les forces de l’ordre, ajoute-t-il.

Les frappes israéliennes sur Téhéran vont s’intensifier dans les jours qui viennent, a déclaré le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou dimanche, au deuxième jour de l’offensive israélo-américaine lancée contre la République islamique.

«Nos forces frappent actuellement au cœur de Téhéran avec une intensité croissante, qui s’amplifiera encore dans les jours à venir», a déclaré Benyamin Netanyahou dans un message vidéo. Il a annoncé avoir «donné des instructions pour la poursuite de la campagne», dans laquelle, a-t-il dit, Israël mobilise «toute la puissance de (son armée), comme jamais auparavant, afin d’assurer (son) existence et (son) avenir».

Les États-Unis ont coulé un navire de guerre iranien dans le golfe d’Oman

Un navire de la flotte iranienne a été coulé samedi par les États-Unis dans le golfe d’Oman, a annoncé dimanche le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), le premier connu depuis le début des frappes américano-israéliennes contre l’Iran.

« Une corvette iranienne de classe Jamaran a été touchée par les forces américaines au début de l’opération Fureur épique », a déclaré le Centcom dans un communiqué sur X, en utilisant le nom officiel de l’opération américaine contre l’Iran. « Le navire coule actuellement dans le golfe d’Oman, à un quai de Chabahar», ville portuaire à l’extrémité sud-est de l’Iran, précise-t-il.

Washington a fait état dimanche des premiers militaires américains tués dans le cadre de l’opération contre l’Iran lors de laquelle le guide suprême Ali Khamenei a péri, Téhéran menant des frappes de représailles sur les pays du Golfe alliés des États-Unis et sur Israël.

Le ministre Affaires étrangères d’Oman, pays médiateur, appelle à un cessez-le-feu

Le ministre omanais des Affaires étrangères, qui avait mené une médiation dans les discussions entre les États-Unis et l’Iran, a appelé dimanche à un cessez-le-feu lors d’un entretien avec son homologue iranien, alors que l’Iran poursuivait ses frappes de représailles aux raids américano-israéliens.

Badr al-Busaidi «a réaffirmé l’appel constant du sultanat d’Oman à un cessez-le-feu et à un retour au dialogue (…) de manière à répondre aux revendications légitimes de toutes les parties», a indiqué son ministère dans un compte rendu de son entretien avec Abbas Araghchi.

Trump assure que «48 dirigeants» iraniens ont été tués jusqu’ici

Donald Trump a déclaré dimanche à une journaliste de la chaîne Fox News que «48 dirigeants » iraniens avaient été tués jusqu’ici, soulignant que l’offensive américano-israélienne contre l’Iran « avançait rapidement».

« Cela avance rapidement. Personne n’arrive à croire à notre réussite, 48 dirigeants ont été éliminés d’un coup », a dit le président américain, selon cette journaliste qui a retranscrit ses propos sur son compte X.

Elle précise que leur conversation a eu lieu avant l’annonce des premières pertes américaines dans le conflit: trois soldats ont été tués et cinq autres grièvement blessés, a annoncé dimanche le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient .

Avec son offensive généralisée contre l’Iran samedi matin et son appel au peuple iranien à renverser son gouvernement, le président des États-Unis Donald Trump a lancé ce qui apparaît comme un exemple parfait de « guerre choisie » (war of choice).

Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a affirmé dimanche que son pays vivait «des jours douloureux» après des frappes iraniennes meurtrières en Israël.

«Ce sont des jours douloureux. Hier ici, à Tel-Aviv, et maintenant à Bet Shemesh, nous avons perdu des êtres chers», a déclaré Benyamin Netanyahou, s’exprimant au ministère de la Défense à Tel-Aviv, dans une vidéo diffusée par son bureau.

Neuf personnes ont été tuées dimanche dans le centre d’Israël quand un bâtiment s’est effondré à la suite d’une frappe directe de missile iranien. Une auxiliaire de vie philippine a été tuée samedi dans une autre frappe iranienne à Tel-Aviv.

 «Le seuil vers un avenir incertain a été franchi», dit le chancelier allemand

La mort de l’ayatollah Khamenei signifie que «le seuil vers un avenir incertain a été franchi», a déclaré dimanche le chancelier allemand Friedrich Merz, qui partage néanmoins le «soulagement» des Iraniens «de voir le régime des mollahs arriver à sa fin»

Face à la riposte iranienne et au risque d’escalade au Moyen-Orient, Merz a exhorté Téhéran à «arrêter immédiatement» ses «attaques au hasard». Le dirigeant allemand a aussi confirmé sa visite mardi à Washington au président américain Donald Trump, avec qui il échangera sur «l’ensemble des développements» au Moyen-Orient.

Qui est l’ayatollah Ali Khamenei, le dirigeant iranien qu’Israël et les États-Unis souhaitaient destituer ?

Le nom d’Ali Khamenei est indissociable des bouleversements politiques en Iran. Le guide suprême iranien, âgé de 86 ans, a été tué dans son bureau lors d’une frappe conjointe américano-israélienne le 28 février. Son assassinat marquera-t-il un nouveau tournant pour l’Iran ?

Les frappes lancées par les États-Unis et Israël contre l’Iran ont entraîné samedi l’annulation de plusieurs centaines de vols à travers le monde vers le Moyen-Orient, frappant particulièrement les compagnies du Golfe, en raison de la fermeture de plusieurs espaces aériens dans la région.

La Cour suprême israélienne a accordé vendredi un sursis aux ONG humanitaires étrangères menacées de devoir quitter la bande de Gaza et la Cisjordanie occupée ce week-end après avoir refusé de se plier aux exigences du gouvernement israélien pour leur permettre de rester.

La Défense civile de Gaza a annoncé vendredi la mort de sept personnes dans des frappes israéliennes dans le territoire palestinien, où l’armée israélienne a confirmé avoir mené des frappes, en riposte, selon elle, « à une violation du cessez-le-feu ».

Pendant des décennies, les ultra-orthodoxes ont bénéficié d’exemptions de service militaire, suscitant la colère d’une partie des Israéliens. La guerre à Gaza a remis au premier plan la question de l’enrôlement de cette population en forte croissance.

L’offensive américaine et israélienne contre Téhéran s’inscrit dans une stratégie calculée et un pari politique de Donald Trump. Reste une question : jusqu’où peut aller cette escalade ?

L’enjeu majeur nous dira les jours à venir.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *