Sénégal: les transporteurs maintiennent la pression pour une grève illimitée face à des mesures gouvernementales jugées irréalisables

DAKAR,17 MARS 2026(JVFE)-À l’issue d’une rencontre de concertation organisée par le ministère des Transports, Gora Khouma, le secrétaire général de l’Union des routiers du Sénégal, a exprimé les préoccupations des routiers .

Une réunion est tenue en l’absence du ministre El Malick Ndiaye qui a été représenté son Secrétaire Général.

Pour rappel,dans sa note, M. Khouma rappelle les 7 points de leurs revendications. Les routiers réclament ainsi «la mainlevée de l’interdiction de circulation pendant la nuit, les tracasseries routières partout au Sénégal, la mise en application générale de la convention collective, les contrats de travail, la déclaration des conducteurs au niveau de l’Ipres et de la Css…».
Dans leur document, ils demandent également aux autorités de réglementer les plateformes Vtc en autorisant seulement les véhicules avec licence de transport taxi.

Selon les membres de ce syndicat, les véhicules sans licence de transport ne doivent pas être enrôlés dans ces plateformes. Ils estiment, par ailleurs, que cela devrait en être de même pour les véhicules particuliers qui font du transport interurbain.
Le permis à points constitue l’une des pommes de discorde.

Gora Khouma assure que, lors de la rencontre ‘’secrète’’, dont les décisions sont toujours attendues qu’ un accord a été trouvé avec les autorités. ‘’C’est vrai que le ministre a dit qu’il ne peut revenir là-dessus, puisque c’est une mesure prise par le chef de l’Etat. Mais, par rapport à la mise en œuvre, il a fait des propositions intéressantes sur lesquelles nous sommes tombés d’accord. Nous attendons que lui-même les rende publiques’’.

‘’Le Sénégal veut prendre exemple sur la France, prétextant que, depuis l’application de ce permis, les accidents ont diminué. Or, le contexte n’est pas le même. Là-bas, une voiture ne peut circuler au-delà de cinq ans d’existence, les routes sont séparées, les trottoirs dégagés… Il faut comparer ce qui est comparable’’, plaide le routier.

Outre ces difficultés, M. Khouma s’insurge contre la ‘’corruption et les tracasseries’’ sur les routes. Il fulmine : ‘’Il y a beaucoup de magouilles au niveau de la délivrance des permis et de la visite technique. Vous voyez, tous les jours, des véhicules, à l’œil nu, vous savez qu’ils ne remplissent pas les conditions pour circuler. Et pourtant, ils le font librement. Parfois, ils ont leur visite technique en bonne et due forme. Vous voyez, tous les jours, des personnes qui ne savent pas conduire et qui ont leur permis. Tout ça, on n’en parle pas. On ne parle pas du policier ou du gendarme qui voit ces manquements et ne fait rien pour y remédier, moyennant 1 000 F. Quand il y a accident, on tape uniquement sur le chauffeur. On ne s’intéresse ni à celui qui délivre les papiers, encore moins au gendarme ou policier’’.

Les grévistes réclament, par ailleurs, la réhabilitation de la route Tamba – Kidira, l’assainissement du transport en commun infesté par les ‘’clandos’’ et autres motos ‘’jakarta’’… Pour eux, Dakar Dem Dikk doit rester dans sa vocation initiale, en assurant le transport interurbain. Ils disent souffrir d’une concurrence déloyale de la part de l’entreprise publique de transport.   

Les syndicats de transports routiers au Sénégal, sous la conduite de Gora Khouma, maintiennent la pression pour une grève illimitée face à des mesures gouvernementales jugées irréalisables.

Malgré les pourparlers, les transporteurs contestent l’application stricte de certaines règles, notamment la gestion des porte-bagages et des pneus. Le dialogue reste ouvert mais tendu. 

Gora Khouma insiste sur la poursuite du mouvement jusqu’à la révision de mesures jugées inapplicables.

Les syndicats dénoncent les tracasseries policières, le transport clandestin, et demandent une meilleure gestion des contrôles.

Bien que critiques, les syndicats ne refusent pas le dialogue et appellent à des concertations sérieuses, refusant un simple bras de fer.

  • Mesures contestées : Un délai d’un an pour enlever les porte-bagages et la question des visites techniques sont au cœur du débat. 

Le secteur est en attente d’un compromis avec le gouvernement pour éviter un blocage total, le Secrétaire administratif du CUSTRS ayant mentionné que les mesures actuelles ne leur agréent pas.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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