Robert Mueller est mort, Donald Trump s’en réjouit

DAKAR,20 MARS 2026(JVFE)--Robert Mueller, connu pour son rôle de procureur chargé de la très délicate « enquête russe » qui a empoisonné le début du premier mandat de Donald Trump, s’est éteint à 81 ans, le président américain se réjouissant immédiatement de sa mort samedi.

Nommé procureur spécial en 2017, cet ancien directeur de la police fédérale (FBI) a supervisé pendant près de deux ans l’enquête sur une possible collusion entre Moscou et le candidat Donald Trump lors de la campagne de 2016.

Homme taciturne et discret, il avait supervisé cette enquête dans le plus grand secret et avait rendu, en avril 2019, ses conclusions dans un pavé de plus de 400 pages. Il y décrivait les efforts russes pour aider Donald Trump en 2016, mais ajoutait ne pas avoir rassemblé de preuves d’un complot entre Moscou et l’équipe de campagne du milliardaire républicain.

Sa mort, vendredi à l’âge de 81 ans, a été annoncé par sa famille dans un communiqué mentionné notamment par le New York Times. Le journal rapportait il y a quelques mois qu’il avait été diagnostiqué de la maladie de Parkinson.

Le président américain a très rapidement réagi sur sa plateforme Truth Social : « Robert Mueller vient de mourir. Bien. Je suis content qu’il soit mort. Il ne va plus pouvoir faire du mal à des innocents ».

En réaction à cette nouvelle, Donald Trump, qui avait qualifié l’enquête de Mueller de « chasse aux sorcières », a exprimé sa satisfaction. Ses commentaires, notamment l’affirmation « Je suis content qu’il soit mort », ont suscité de vives réactions au sein de la classe politique américaine. 

L’ancien directeur du FBI et procureur spécial est mort ce samedi 21 mars 2026.

Le président a publiquement célébré la nouvelle, reflétant l’animosité persistante issue de l’enquête sur la campagne de 2016.

Plusieurs élus démocrates ont pris la défense de la mémoire de Mueller face aux attaques de Trump

Dans son rapport de 2019, le procureur détaillait une série de pressions troublantes exercées par le locataire de la Maison-Blanche sur son enquête et se disait incapable de le blanchir des soupçons d’entrave à la justice.

Né en août 1944, Robert Mueller n’avait que deux ans de plus que Donald Trump.

Comme lui, il était républicain, né dans une famille aisée du Nord-Est américain, et a fréquenté des écoles prestigieuses. Mais la comparaison s’arrête là.

Autant le président est flamboyant, voire outrancier, omniprésent dans les médias, autant Robert Mueller affichait une austérité calculée.

Éternel costume sombre, cheveux blancs sages, il ne cherchait pas à attirer les regards. À la tête de l’enquête russe, Robert Mueller a toujours pris soin de rester dans l’ombre, s’exprimant par l’entremise de documents judiciaires largement protégés par le secret.

Il déléguait les audiences à ses lieutenants. Jamais il n’a communiqué avec la presse, laissant son porte-parole livrer de laconiques « pas de commentaire ».

Conscient du grand respect qu’inspirait M. Mueller, le président Trump s’était gardé de l’attaquer frontalement, même s’il avait dénoncé en boucle une injuste « chasse aux sorcières ».

Robert Mueller a servi comme officier chez les Marines, médaillé pour sa bravoure lors de la guerre du Vietnam, avant de se lancer dans une carrière de haut fonctionnaire.

Après des études de droit, Robert Mueller a notamment travaillé comme procureur fédéral, enquêtant avec la même ténacité contre le gang des Hells Angels, la mafia ou des banquiers malhonnêtes.

En tant que numéro deux du département de la Justice sous la présidence de George Bush père, il a notamment supervisé l’enquête sur l’attentat contre un avion de la Pan Am au-dessus de Lockerbie (Écosse), qui a tué 270 personnes en 1988.

Nommé à la tête de la puissante police fédérale américaine (FBI) une semaine avant les attentats du 11 septembre 2001, Robert Mueller a menacé de démissionner trois ans plus tard si le président George W. Bush persistait avec un programme d’écoutes extrajudiciaires controversé.

En 2011, à l’expiration de son mandat après dix ans de service, le président démocrate Barack Obama lui avait demandé de rester deux années supplémentaires. Une prolongation alors approuvée à l’unanimité par les sénateurs, preuve du grand respect envers sa personne.

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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