DAKAR,30 MARS 2026(JVFE)-Le 29 mars 2026, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, a accusé les États-Unis de planifier secrètement une offensive terrestre contre l’Iran. Cette déclaration intervient alors que le conflit, déclenché le 28 février 2026 par des frappes américano-israéliennes, entre dans son deuxième mois.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf
Téhéran affirme que Washington envoie publiquement des messages de négociation tout en préparant une invasion au sol.
L’Iran pointe l’arrivée du navire de guerre USS Tripoli au Moyen-Orient, transportant environ 3 500 militaires (Marines et marins), ainsi que le déploiement attendu de la 82e division aéroportée.
Ghalibaf a prévenu que les forces iraniennes « attendent l’arrivée des soldats américains pour les livrer aux flammes » et punir les alliés régionaux des États-Unis.
Les Gardiens de la Révolution ont menacé de frapper les campus des universités américaines dans la région (Qatar, Émirats arabes unis) si Washington ne condamne pas les bombardements d’universités iraniennes avant le lundi 30 mars à midi.
Des frappes israéliennes et américaines continuent de viser des sites de production de missiles et des infrastructures électriques, provoquant des coupures de courant massives à Téhéran.
Malgré les tensions, le Pakistan a annoncé son intention d’accueillir prochainement des pourparlers entre les États-Unis et l’Iran pour tenter de désamorcer le conflit.
L’Iran et Israël ont échangé dimanche de nouvelles frappes, Téhéran accusant les États-Unis de préparer une offensive terrestre, malgré les tentatives diplomatiques de mettre fin à une guerre entrée dans son deuxième mois.
Ce conflit, déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne contre la République islamique, faisant des milliers de morts, en grande majorité en Iran et au Liban, selon les autorités, ne montre aucun signe d’apaisement.
A Téhéran, une série d’explosions, dont l’une très puissante, ont été entendues dimanche soir, selon un journaliste de l’AFP. Le ministère iranien de l’Énergie a signalé des coupures de courant dans la capitale et sa région après des « attaques » contre des installations électriques.
Israël a annoncé avoir frappé un site clé de production de missiles iraniens avant de lancer de nouvelles salves dans la soirée contre diverses cibles.
L’État hébreu a fait état sur son sol d’un « impact de débris de missile » dans un complexe industriel du sud d’Israël visé par des tirs des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique.
Face à un conflit qui provoque une flambée des cours du pétrole et du gaz naturel, en raison du blocage du détroit d’Ormuz, voie stratégique par laquelle transite un cinquième des hydrocarbures mondiaux, les tentatives diplomatique se multiplient.
Le Pakistan s’est ainsi déclaré dimanche prêt à « accueillir et faciliter, dans les prochains jours, des pourparlers significatifs » entre les États-Unis et l’Iran visant à parvenir à « un règlement global et durable du conflit », faisant part d’un soutien croissant à ses efforts notamment de la part des Nations unies et de la Chine.
Le ministre pakistanais des Affaires étrangères Ishaq Dar a fait cette déclaration après avoir reçu ses homologues saoudien, égyptien et turc à Islamabad, la capitale.
Cette crise énergétique pourrait encore être aggravée par l’entrée en guerre des rebelles houthis du Yémen, alliés de l’Iran, qui ont annoncé avoir mené deux attaques samedi contre Israël.
De leur position stratégique, ils pourraient entraver la circulation dans le détroit de Bab el-Mandeb, l’un des couloirs maritimes les plus empruntés au monde.
Les spéculations vont bon train sur un possible déploiement de troupes américaines au sol en Iran, éventualité sur laquelle le président Donald Trump entretient une certaine ambiguïté.
D’après le Washington Post, qui cite des responsables anonymes, le Pentagone se prépare à des opérations terrestres de plusieurs semaines.
Un navire américain d’assaut amphibie, à la tête d’un groupe naval comprenant « quelque 3500 » marins et soldats du corps des Marines est arrivé dans la région vendredi.
« L’ennemi envoie publiquement des messages de négociation et de dialogue, tout en planifiant secrètement une offensive terrestre », a dénoncé le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Avant d’avertir : « Nos hommes attendent l’arrivée des soldats américains sur le terrain pour les attaquer et punir une bonne fois pour toutes leurs alliés régionaux ».
Nouveau message écrit du guide suprême
Le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei, successeur de son père, l’ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février, premier jour de la guerre, a remercié les autorités religieuses et le peuple irakiens pour leur soutien face à « l’agression » américano-israélienne.
Mojtaba Khamenei, toujours invisible depuis sa désignation le 8 mars, s’est encore une fois exprimé dans un message écrit relayé par les médias iraniens. Son absence alimente les spéculations, Donald Trump allant jusqu’à mettre en doute le fait qu’il soit vivant.
« Les gens se réveillent chaque jour inquiets face à un avenir incertain », confie à l’AFP Farzaneh, une Iranienne de 62 ans, depuis la ville d’Ahvaz (sud-ouest). « Personne ne souhaite vraiment la guerre », qui ne saurait apporter « de vraie solution à nos problèmes », déplore-t-elle.
L’Iran riposte en frappant des intérêts américains et économiques dans le Golfe.
Au Koweït, dix militaires koweïtiens ont été blessés dans une attaque contre un site des forces armées, selon un communiqué militaire.
Prochaine cible potentielle : les universités américaines au Moyen-Orient, en représailles à des frappes contre des établissements iraniens.
L’Université de technologie d’Ispahan (centre) a notamment annoncé dimanche avoir été visée par une attaque américano-israélienne.
Les Gardiens de la Révolution ont sommé les États-Unis de « condamner le bombardement des universités dans un communiqué officiel avant lundi 30 mars à midi » (4 h 30 heure de l’Est), sous peine de voir les universités américaines dans la région visées à leur tour.
Après ces menaces, les universités américaines de Beyrouth (AUB) et de Madaba, en Jordanie, ont annoncé que leurs cours seraient dispensés en ligne ces deux prochains jours.
Parallèlement au front iranien, Israël continue de mener des frappes au Liban.
Le premier ministre Benyamin Nétanyahou a ordonné à l’armée israélienne « d’étendre la zone de sécurité » dont elle s’est emparée dans le sud du Liban, où elle combat le Hezbollah chiite pro-iranien.
Malgré le flou sur les intentions de Donald Trump, une nouvelle phase du conflit en Iran se dessine : le Pentagone se prépare à mener une offensive de plusieurs semaines sur le terrain, ont déclaré samedi de hauts responsables américains au Washington Post. Des milliers de soldats américains sont envoyés au Moyen-Orient, en ce moment même.
Un mois après le début de la guerre qui embrase le Moyen-Orient, les rebelles houthis du Yémen, alliés de l’Iran, ont revendiqué leurs premières attaques contre Israël depuis le 28 février.
Les houthis du Yémen ont revendiqué samedi deux attaques en quelques heures contre Israël, marquant l’entrée de ces rebelles alliés de Téhéran dans le conflit au Moyen-Orient, commencé il y a un mois.
Le silence comme arme de guerre. Voilà deux mois et demi maintenant que le régime islamique maintient l’Iran dans un black-out numérique sans précédent, privant ses propres citoyens de l’internet, de communication cellulaire, de toute fenêtre sur le monde extérieur.
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
