Fonds Monétaire International (FMI):  Perspectives de l’économie mondiale , des réunions de printemps à Washington,réunion du groupe consultatif africain ,déclaration du Président du groupe des gouverneurs africains et de la Directrice générale du FMI 

Réunion du groupe consultatif africain : déclaration du Président du groupe des gouverneurs africains et de la Directrice générale du FMI

DAKAR,14 avril 2026(JVFE)-M. Seedy Keita, Président du groupe des gouverneurs africains et ministre des Finances et des Affaires économiques de la Gambie, et Mme Kristalina Georgieva, Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), ont fait la déclaration ci-après à l’issue de la réunion du groupe consultatif africain:

« Les ministres et gouverneurs du groupe consultatif africain ont rencontré aujourd’hui la direction du FMI pour échanger leurs points de vue sur l’évolution de la conjoncture mondiale et ses répercussions économiques sur les pays africains. Les discussions se sont déroulées dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient, un conflit qui, même en cas de maintien du cessez‑le‑feu récemment annoncé, pèsera sur les perspectives de croissance à l’échelle mondiale. Sous l’hypothèse d’un retour relativement rapide à la normale, la croissance mondiale devrait ralentir légèrement pour s’établir à 3,1 % en 2026 et à 3,2 % en 2027. En revanche, si le conflit devait se prolonger ou si la reprise des activités de production et de transport prenait plus de temps que prévu, les retombées sur la croissance seraient plus marquées.

« Malgré les progrès de stabilisation durement acquis en 2025 au terme d’une année favorable, la dynamique de croissance en Afrique devrait ralentir en 2026, contrairement aux projections antérieures. La croissance du PIB réel devrait passer de 4,5 % en 2025 à 4,2 % en 2026. La croissance devrait marquer le pas tant en Afrique subsaharienne qu’en Afrique du Nord, passant de 4,5 % en 2025 à respectivement 4,3 % et 4,1 % en 2026. Les perspectives demeurent incertaines, car le poids élevé du service de la dette, l’accès restreint à des financements abordables et les besoins croissants en matière de développement continuent de limiter la marge de manœuvre, en particulier dans les pays à faible revenu et les États fragiles ou touchés par un conflit. La guerre ajoute une couche supplémentaire de complexité. Elle pourrait laisser de profondes séquelles, notamment en raison du retour de l’inflation, des pénuries alimentaires, ainsi que d’autres tensions sociales.

« Dans ce contexte, le groupe consultatif africain reconnaît que les dirigeants doivent s’attacher à faire face au choc à court terme tout en renforçant la résilience à moyen terme. Les priorités à court terme doivent notamment consister à maintenir l’ancrage des anticipations d’inflation et à protéger les personnes les plus vulnérables au moyen d’aides ciblées et limitées dans le temps. La politique budgétaire devrait conjuguer crédibilité et flexibilité : les pays exportateurs de pétrole devraient épargner les recettes exceptionnelles temporaires et reconstituer leurs marges de manœuvre, tandis que les pays importateurs de pétrole devraient préserver les dépenses sociales et de développement prioritaires tout en mobilisant les recettes intérieures, en améliorant l’efficience des dépenses et en renforçant la gestion des finances publiques. En outre, les pays devraient accélérer les réformes afin de stimuler la croissance et la diversification, approfondir l’intégration régionale et les marchés financiers intérieurs, et investir dans les infrastructures énergétiques et numériques essentielles pour exploiter l’intelligence artificielle de manière sûre et productive. 

« Le groupe consultatif africain reconnaît que la revue en cours du cadre de viabilité de la dette pour les pays à faible revenu (CVD-PFR) renforce les instruments du FMI et de la Banque mondiale pour l’évaluation des risques liés à la dette. Ces travaux sont d’autant plus essentiels dans le contexte actuel, où les chocs liés à la guerre accentuent les vulnérabilités macroéconomiques et intensifient les pressions sur le service de la dette, mettant en évidence la nécessité d’évaluer la viabilité de la dette de manière opportune, transparente et solide. Les améliorations apportées à la méthodologie, dont la redéfinition de la mesure de la capacité d’endettement, devraient renforcer la transparence, la comparabilité et la précision prédictive, et aider les autorités nationales et les partenaires à mieux recenser les facteurs de vulnérabilité, calibrer les politiques et prendre des décisions de financement viables, notamment en définissant clairement la couverture de la dette et en renforçant le traitement des obligations liées aux entreprises publiques, le cas échéant.

« Il souligne l’importance de l’examen exhaustif de la surveillance en cours et exhorte le FMI à fournir des conseils adaptés, à mieux évaluer les déséquilibres et leurs retombées, à renforcer la gestion des chocs, ainsi qu’à hiérarchiser et rationaliser les activités de surveillance.

« Le FMI réaffirme son ferme engagement envers ses pays membres africains. Le FMI continuera de coopérer étroitement avec les pays africains pour appuyer des politiques judicieuses, mobiliser des financements, accroître la résilience et faire progresser les objectifs de développement de la région dans un contexte mondial de plus en plus complexe. »

[1] Le groupe consultatif africain comprend les gouverneurs du FMI d’un sous-ensemble de 12 pays africains appartenant au groupe des gouverneurs africains (ministres des finances et gouverneurs de banque centrale africains) et la direction du FMI. Il a été créé en 2007 pour renforcer le dialogue entre le FMI et le groupe des gouverneurs africains. Le groupe consultatif africain se réunit à l’occasion des Réunions de printemps, tandis que la direction du FMI rencontre tous les membres du groupe des gouverneurs africains lors des Assemblées annuelles.

Perspectives économiques mondiales (avril 2026)

  • Croissance en baisse : Le FMI a abaissé ses prévisions de croissance mondiale pour 2026 en raison de l’instabilité internationale et de l’impact des conflits répétés .
  • Zone Euro : Les prévisions de croissance pour la zone euro ont été revues à la baisse, s’établissant désormais à 1,1 %, principalement à cause des tensions géopolitiques .
  • Appel à la fin des conflits : La directrice générale, Kristalina Georgieva, a souligné qu’une reprise rapide reste possible si les tensions actuelles s’apaisent prochainement .

Coopération avec l’Afrique

  • Soutien régional : Lors de la réunion du groupe consultatif africain à Washington, le FMI a réaffirmé son engagement à aider les pays africains à mobiliser des ressources pour renforcer leur résilience économique .
  • Pressions économiques : L’institution alerte sur des pressions croissantes en Afrique subsaharienne, appelant les banques centrales à la vigilance face à l’inflation .
  • Changement de direction : Zeine Zeidane a été nommé nouveau directeur du département Afrique, succédant à Abebe Aemro Selassie à partir du 1er mai 2026 .

Focus sur le Sénégal

  • Ajustement des prévisions : Le FMI a revu à la baisse les prévisions de croissance du Sénégal pour 2026 et prévoit un creusement du déficit du compte courant .
  • Rigueur budgétaire : Kristalina Georgieva a appelé les autorités sénégalaises à maintenir une gestion budgétaire rigoureuse et à poursuivre les réformes structurelles pour stabiliser l’économie.

Voici les détails actualisés ce mardi 14 avril 2026 concernant les prévisions de croissance et la situation spécifique du Sénégal.

Prévisions de croissance régionale (Avril 2026)

Le FMI a ajusté ses perspectives mondiales à 3,1 % pour 2026 . L’économie mondiale pâtit des tensions géopolitiques, notamment le conflit au Moyen-Orient .

  • Afrique subsaharienne : La croissance devrait s’établir autour de 4,3 % à 4,6 % . C’est l’une des rares régions à maintenir un taux supérieur à la moyenne mondiale malgré des disparités locales fortes .
  • États-Unis : Résistance notable avec une prévision de 2,3 % . Le pays bénéficie des investissements massifs dans la technologie et l’IA .
  • Zone Euro : Ralentissement marqué à 1,1 % (contre 1,4 % initialement) . L’Allemagne et la France subissent de plein fouet la hausse des coûts de l’énergie .
  • Inde : Reste le moteur principal des marchés émergents avec une croissance solide de 6,5 % .

Focus Sénégal : Conditions et Financement

Le Sénégal traverse une phase de renégociation intense avec le Fonds .

  • Vers un nouveau programme : Des discussions sont en cours à Washington pour conclure un nouveau cadre de partenariat financier . L’objectif est de sécuriser des fonds tout en évitant une restructuration forcée de la dette .
  • La question de la dette : Le FMI et les autorités sénégalaises ont accordé leurs positions sur l’audit de la “dette cachée” . Le service de la dette pour 2026 est estimé à plus de 5 100 milliards FCFA .
  • Objectifs budgétaires : Pour garantir le soutien du FMI, le Sénégal s’est engagé à ramener son déficit à 5,4 % du PIB en 2026 (contre 13,4 % en 2024) .
  • Réformes exigées : Le Fonds demande des mesures préalables sur la transparence des finances publiques et une discipline budgétaire accrue pour restaurer la confiance des marchés .

Les réformes structurelles prioritaires pour le Sénégal et la gestion de l’inflation sur le continent africain.

Réformes structurelles au Sénégal (Objectif 2026)

Le FMI conditionne son futur programme à une transformation profonde de la gestion publique sénégalaise :

  • Transparence budgétaire : Suite à l’audit des finances publiques, le gouvernement doit mettre en place un système de reporting en temps réel pour éviter toute nouvelle divergence sur les chiffres de la dette.
  • Rationalisation des subventions : Le Fonds pousse pour une réduction progressive des subventions à l’énergie, jugées coûteuses et inéquitables, au profit de transferts monétaires directs vers les ménages les plus pauvres.
  • Élargissement de l’assiette fiscale : L’objectif est d’augmenter les recettes intérieures (hors pétrole et gaz) pour réduire la dépendance aux marchés financiers extérieurs.

Risques inflationnistes en Afrique

Malgré une croissance résiliente, l’inflation reste la menace principale pour 2026 :

  • Coût de l’énergie et du transport : Les tensions au Moyen-Orient font peser un risque de choc pétrolier, ce qui pourrait faire repartir l’inflation à la hausse après une accalmie relative en 2025.
  • Politiques monétaires : Le FMI encourage les banques centrales (comme la BCEAO) à maintenir des taux d’intérêt élevés tant que l’inflation n’est pas stabilisée sous les 3%, afin de protéger le pouvoir d’achat.
  • Dépendance alimentaire : La volatilité des prix des céréales importées reste un point de vigilance critique pour la sécurité alimentaire et la stabilité sociale.

Pour compenser la suppression progressive des subventions généralisées à l’énergie, le gouvernement sénégalais a mis en place, en concertation avec le FMI, une stratégie de ciblage direct des populations vulnérables pour l’année 2026.

Renforcement des transferts monétaires

L’enveloppe dédiée au soutien direct aux ménages est l’un des piliers du budget 2026 :

  • Bourses de Sécurité Familiale (PNBSF) : Un montant de 35 milliards FCFA est alloué pour 2026. Ces bourses ont été revalorisées à 35 000 FCFA par trimestre pour plus de 355 000 ménages ayants droit.
  • Registre National Unique (RNU) : Ce registre, en cours de révision, sert d’outil central pour identifier précisément les bénéficiaires et s’assurer que les aides ne profitent plus aux ménages les plus aisés.
  • Projet d’Appui à la Protection Sociale Adaptative (PAPSA) : Une dotation de 20 milliards FCFA est prévue pour renforcer la résilience des familles face aux chocs économiques.

Santé et inclusion sociale

Au-delà des aides directes, le gouvernement investit dans des services de base pour réduire le coût de la vie :

  • Couverture Maladie Universelle (CMU) : Un budget de 32,2 milliards FCFA est mobilisé pour l’extension de la CMU, visant à réduire les dépenses de santé “out-of-pocket” des ménages.
  • Protection des groupes vulnérables : Le programme “Famille, Enfance et Protection sociale” concentre près de 104 milliards FCFA, incluant des investissements dans les infrastructures sociales de proximité.
  • Ajustement tarifaire ciblé : Pour atténuer l’impact direct, une baisse de 10 % sur les tarifs d’électricité a été appliquée dès janvier 2026 pour la première tranche de consommation (petits consommateurs).

Accompagnement économique

  • Microfinance et ESS : Plus de 20 milliards FCFA sont dédiés au financement de l’économie sociale et solidaire pour favoriser l’autonomisation des petits entrepreneurs et des femmes.
  • Projets d’inclusion productive : Des initiatives comme le projet Yokk Koom Koom offrent des subventions productives pour aider les bénéficiaires des bourses familiales à sortir durablement de la pauvreté.

Groupe intergouvernemental des vingt-quatre pour les questions monétaires internationales et le développement

 1-Le G24 tient à exprimer sa profonde préoccupation quant aux multiples crises politiques et conflits en cours dans le monde, ainsi que ses profonds regrets face à la perte de tant de vies innocentes. La guerre au Moyen-Orient porte préjudice au bien-être des populations touchées et détruit des infrastructures civiles. Ces regrettables événements portent un rude coup à une économie mondiale déjà affaiblie, et ont des effets particulièrement néfastes pour les pays émergents et les pays en développement. Nous tenons à rappeler la nécessité d’un système international fondé sur des règles et ancré dans le respect de la souveraineté nationale et des principes de la charte des Nations Unies. Eu égard aux coûts humains et matériels des conflits qui font rage dans plusieurs régions du monde, nous appelons la communauté internationale à se concerter pour amorcer la fin et la prévention des violences, et ouvrir une phase de désescalade, de relèvement et de reconstruction.

2. Au terme d’une période de croissance timide mais résiliente, les conditions économiques mondiales se détériorent nettement, du fait des perturbations subies par les chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment sur les marchés de l’énergie, dans le sillage de la guerre en cours au Moyen-Orient. D’après les dernières projections, la croissance mondiale devrait baisser en 2026 par rapport à 2025. Si ces perturbations se prolongent, l’inflation globale et l’inflation hors énergie et alimentation pourraient s’accélérer, sous l’effet de la hausse des cours de l’énergie, des denrées alimentaires et des engrais, et du renchérissement des coûts d’approvisionnement. Par conséquent, le G24 souligne à quel point il est important de sanctuariser les routes maritimes internationales. Nous exhortons à cesser toute attaque sur les infrastructures énergétiques, car la pleine remise en état des installations endommagées sera longue et coûteuse. Ces bouleversements entravent l’offre globale d’énergie et contribuent à un surcroît de volatilité sur les marchés. Le G24 prend note de l’initiative des pays signataires de la déclaration de coopération de l’OPEP visant à assurer la continuité des approvisionnements en pétrole, notamment via le recours à d’autres voies d’exportation, ce qui a contribué à réduire la volatilité des cours du brut.

3. Dans ces circonstances, les perspectives de croissance mondiale à moyen terme demeurent incertaines et marquées par de fortes turbulences et des pressions accrues sur les comptes courants des pays importateurs de pétrole. Les pressions inflationnistes pourraient avoir des répercussions dans de nombreux secteurs d’activité économique et effacer une part des progrès récemment accomplis en matière de désinflation. Une éventuelle hausse des taux d’intérêt et des pressions sur les taux de change risqueraient de faire encore augmenter les coûts d’emprunt, ce qui aurait pour effet d’exacerber les facteurs de vulnérabilité existants et de compliquer la gestion économique des pays émergents et des pays en développement. Dans le même temps, le durcissement des conditions financières, associé à une aversion plus marquée pour le risque sur les marchés de capitaux, est susceptible de réduire les mouvements de capitaux privés à destination de ces pays. Par conséquent, cet environnement exige une vigilance accrue de la part des décideurs publics. Pour renforcer leur résilience et préserver leur stabilité macroéconomique, il est essentiel que les pays prennent des mesures visant à stabiliser leurs finances publiques et leur monnaie ; en revanche, les anciennes méthodes qui consistent à réduire la demande intérieure ou à laisser la monnaie se déprécier risquent de ne pas suffire à absorber les chocs et à surmonter les difficultés que pose la détérioration des conditions extérieures. Dans ce contexte, des approches multilatérales, un soutien et l’augmentation de l’aide au développement continuent de revêtir un caractère vital pour les pays vulnérables.

4. Pour sauvegarder la stabilité monétaire internationale, il importe plus que jamais de mettre en place un dispositif mondial de sécurité financière avec en son centre un Fonds monétaire international (FMI) doté de ressources suffisantes et reposant sur un système de quotes-parts. Pour renforcer l’assise financière du FMI, nous enjoignons aux pays membres de faire le nécessaire pour que la seizième révision générale des quotes-parts soit achevée en temps voulu. Nous saluons l’accord sur les principes directeurs de Diriyah pour la réforme des quotes-parts et de la gouvernance du FMI, qui représente un jalon majeur du programme de réformes de l’institution. Nous appelons de nos vœux des avancées rapides et significatives dans les travaux en cours s’agissant de la dix-septième révision générale des quotes-parts, conformément aux principes directeurs de Diriyah. Nous sommes intimement convaincus que l’objectif fondamental de la réforme des quotes-parts doit être de renforcer la participation et la représentation de l’ensemble des pays émergents et des pays en développement, tout en assurant que la répartition des quotes-parts reflète fidèlement l’évolution du poids économique relatif des pays dans l’économie mondiale. Dans le même temps, les quotes-parts des pays membres les plus pauvres doivent être protégées.

5. Au cours de cette période, il est essentiel que le FMI demeure un conseiller de confiance au service de ses pays membres aux prises avec toute une série de difficultés macroéconomiques et macrocritiques, et qu’il adapte ses instruments de conseil et de prêt à la diversité de leurs besoins. Compte tenu de l’ampleur du conflit et de la portée de ses conséquences, nous nous félicitons que le FMI soit disposé à déployer l’ensemble de ses instruments pour apporter son concours à ses États membres. Dans le climat d’incertitude qui règne, le FMI doit rester réactif et volontariste en assurant une surveillance vigilante, en évaluant sans retard les effets de contagion et en réalisant des analyses de scénario solides. À cet égard, nous appelons le FMI à accompagner les pays avec flexibilité dans le cadre de ses programmes en procédant en temps opportun à des recalibrages ou des ajustements en cas de besoin. À cet égard, nous suivrons de près les résultats des revues du cadre de viabilité de la dette pour les pays à faible revenu (CVD-PFR), du programme d’évaluation du secteur financier, et de la conception et de la conditionnalité des programmes. Pour ce qui concerne l’examen exhaustif de la surveillance, nous rappelons qu’il s’agit là de l’une des fonctions les plus importantes du FMI. Cela signifie qu’une surveillance à la fois rigoureuse et équitable doit s’appliquer à tous les pays membres. Nous appelons de nos vœux une revue anticipée de la politique en matière de commissions et de commissions additionnelles, du fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité et du fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes, qui sont autant d’instruments essentiels au soutien des pays émergents et des pays en développement. Nous rappelons qu’il importe de renforcer les instruments de précaution et comme nous l’avons déjà fait par le passé, nous appelons le FMI à envisager un mécanisme d’émissions régulières de DTS afin de soutenir plus efficacement l’ensemble des pays émergents et des pays en développement. Nous saluons les avancées vers l’obtention d’assurances de financement visant à fournir des ressources de bonification supplémentaires au fonds fiduciaire pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance, et nous exhortons les pays qui n’ont pas encore apporté d’assurances de financement pour la mise en œuvre du cadre de distribution du compte des ressources générales adopté au titre des réformes de 2024 de le faire dans les meilleurs délais.

6. L’optique actuellement suivie par le groupe de la Banque mondiale en matière de création accélérée d’emplois, de secteurs à forte intensité de main d’œuvre, d’infrastructures et de financements novateurs est indispensable pour lui permettre de s’acquitter de sa mission, qui consiste à faire advenir un monde sans pauvreté sur une planète vivable. Nous prenons acte des travaux en cours visant employer des méthodes particulières pour traiter les difficultés et les besoins propres aux pays fragiles ou touchés par des conflits, et nous nous félicitons que la politique industrielle ait été reconnue comme un instrument légitime à la disposition des pays en développement. Pour atteindre cet objectif, ainsi que d’autres, il est essentiel de disposer de financements suffisants, et la Banque mondiale doit s’appuyer dans la plus grande mesure possible sur la solidité de son bilan pour renforcer sa capacité de prêt, en conciliant une tolérance accrue au risque et la préservation de sa viabilité financière et de sa note de crédit. À cet égard, nous souhaiterions que certaines initiatives en cours progressent plus rapidement, notamment le cadre pour les incitations financières, le capital hybride et les garanties de portefeuille, qui ont toutes un rôle essentiel à jour pour mobiliser à moindre coût des capacités de prêt supplémentaires. Collaborer avec des banques multilatérales, régionales et nationales et des établissements financiers non bancaires pourrait permettre de mobiliser des investissements privés, d’approfondir les marchés intérieurs des capitaux, de réduire les risques pour les investisseurs privés, d’atténuer les risques de change et d’augmenter l’accès au crédit des microentreprises et des PME.

7. Nous tenons à rappeler l’importance de l’examen des actionnaires de 2025 pour renforcer la légitimité et la bonne gouvernance de l’institution multilatérale qu’est le Groupe de la Banque mondiale. Nous réitérons les Principes de Lima et la formule dynamique, et nous saluons les discussions sur l’enjeu des parts non attribuées après la date butoir du 16 avril 2026 pour les actuelles souscriptions au capital au titre de l’augmentation générale du capital et de l’augmentation sélective du capital de 2018 de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement et de la Société financière internationale. Nous comptons sur des progrès sur les points en suspens, dont la question des parts non attribuées, la mise en œuvre de mesures visant à permettre aux pays en développement de mieux faire entendre leurs voix et d’être mieux représentés, ainsi que les préparations pour l’examen des actionnaires de 2030, à l’approche des Assemblées annuelles de 2026 à Bangkok.

8. Il est indispensable de continuer à aider les pays en développement à affronter la multiplication des facteurs de vulnérabilité liés à leur endettement et à éviter une crise de la dette qui retarderait leur développement. Nous saluons les avancées dans la mise en œuvre du cadre commun du G20 pour le traitement de la dette au-delà de l’initiative de suspension du service de la dette, et nous nous félicitons des progrès accomplis dans le cadre de la table ronde mondiale sur la dette souveraine, deux démarches qui ont pour but de susciter une compréhension commune des difficultés en matière de viabilité et de restructuration de la dette. Nous souhaitons que les dettes souveraines puissent faire l’objet d’un traitement prévisible, rapide, bien ordonné et coordonné, avec la participation des créanciers privés, et appelons de nos vœux de nouvelles réformes de l’architecture internationale de la dette de nature à promouvoir des pratiques durables de gestion de l’endettement, à accroître la transparence de la dette, et à améliorer la manière dont les agences de notation évaluent les risques présentés par les pays. Nous encourageons le FMI et le Groupe de la Banque mondiale à apporter leur concours au renforcement des capacités des pays dans le domaine de la gestion de la dette. Il est crucial de disposer de cadres améliorés de gestion de la dette, notamment en matière de transparence des pays débiteurs et créanciers, et d’améliorer les normes de communication des données et l’établissement des données sur la dette. Nous appelons à la mise en place de mécanismes institutionnels de prévention des crises et de riposte, à même de porter assistance aux pays vulnérables dont les dettes sont viables mais qui subissent des chocs de liquidité à court terme, notamment par des ventes d’or afin de renforcer les capacités du FMI, et une coordination plus étroite entre le FMI et les dispositifs régionaux de financement.

9. Compte tenu de la disparité des situations nationales, l’accélération de la mise en œuvre des engagements et la coopération dans le traitement des effets du changement climatique doivent continuer de faire l’objet d’une détermination sans faille et de se conformer aux principes d’équité, de responsabilités communes mais différenciées et de capacités respectives, consacrés dans la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique et l’Accord de Paris. Il est essentiel de s’attaquer à toutes les sources d’émissions, mais il faut aussi effectuer des investissements de taille dans les infrastructures durables, l’atténuation, l’adaptation, les pertes et préjudices, et la protection et le rétablissement de la biodiversité. Tous ces efforts nécessiteront des financements de long terme abordables, soutenus et à grande échelle, notamment sous la forme de dons, de transferts de technologie et d’assistance technique améliorée, des pays développés en faveur des pays en développement. Nous encourageons le recours à des plateformes nationales à l’appui de trajectoires de transition énergétique et soulignons la nécessité d’accroître le soutien technique dispensé par les institutions financières internationales (IFI) et d’autres partenaires pour le développement aux fins de mobiliser davantage de dons et de financements concessionnels et abordables au service de l’action climatique. Nous exhortons les donateurs à honorer leurs engagements dans le cadre du nouvel objectif chiffré collectif de 300 milliards de dollars par an d’ici 2035.

10. La coopération multilatérale est indispensable pour mobiliser des ressources intérieures au service du financement du développement durable. L’un des principaux aspects de cette coopération est la réforme des règles et pratiques fiscales internationales, notamment pour ce qui concerne le transfert de bénéfices et les mouvements financiers illicites, qui privent les pays en développement des recettes qui leur font si cruellement défaut. Nous prenons acte des progrès accomplis s’agissant de la Convention-cadre des Nations Unies sur la coopération fiscale internationale et du Cadre inclusif de l’OCDE et espérons qu’une solution sera trouvée prochainement pour permettre aux pays, et en particulier aux pays émergents et aux pays en développement, de disposer de ressources significatives et durables. Nous enjoignons aux bailleurs de fonds d’inverser la tendance à la baisse de l’aide publique au développement ainsi que d’honorer leurs engagements et d’accroître leur soutien, compte tenu de l’augmentation des besoins. En outre, nous appelons le FMI et la Banque mondiale à continuer d’apporter leur soutien aux pays émergents et aux pays en développement en leur proposant des activités de développement des capacités et une assistance technique, afin d’assurer que leurs institutions soient à même de mettre en œuvre les nouveaux cadres et d’en bénéficier.

11. Nous reconnaissons que les mesures commerciales unilatérales — droits de douane, sanctions, sanctions secondaires, barrières non tarifaires et autres mesures protectionnistes, en particulier celles qui vont à l’encontre des règles de l’Organisation mondiale du commerce — ont des effets extraterritoriaux qui entravent les échanges commerciaux et l’intégration à l’échelle mondiale. Pour rétablir la confiance et améliorer les perspectives de croissance mondiale, nous appelons de nos vœux un système commercial multilatéral fondé sur des règles, non discriminatoire, juste, ouvert, inclusif, équitable, durable et transparent. Pour promouvoir un multilatéralisme coordonné et cohérent, il est indispensable d’améliorer la coopération entre les institutions multilatérales et leurs pays membres. Dans la mesure où un système multilatéral juste, transparent et fondé sur des règles est indispensable à la prospérité, à la paix et à la stabilité mondiales, une collaboration plus étroite entre les institutions de Bretton Woods, l’OMC, les États et les organisations régionales et multilatérales sera essentielle pour sauvegarder la stabilité et rétablir la confiance dans le système international. Pour assurer que chacun puisse faire entendre sa voix, il demeure essentiel que les organismes qui fixent l’ordre du jour international et assurent la gouvernance multilatérale, comme le G20, fassent l’objet d’une participation la plus large possible.

LISTE DES PARTICIPANTS

Les ministres du Groupe intergouvernemental des Vingt-Quatre pour les questions monétaires internationales et le développement ont tenu leur cent-quinzième réunion à Washington le 14 avril 2026, sous la présidence d’Olawale Edun, ministre des Finances et ministre coordonnateur de l’Économie du Nigéria, assisté de Muhammad Aurangzeb, ministre des Finances du Pakistan, premier vice-président, et de Sariha Moya, ministre de l’Économie et des Finances de l’Équateur, seconde vice‑présidente.

La réunion des ministres a été précédée le 13 avril 2026 par la cent-vingt-septième réunion des suppléants du Groupe des Vingt-Quatre, sous la présidence de Raymond Omenka Omachi, secrétaire permanent du ministère fédéral des Finances du Nigéria.

Groupe africain : Abdelhak Bedjaoui, Algérie ; André Wameso Nkualoloki, République démocratique du Congo ; Chalouho Coulibaly, Côte d’Ivoire ; Badr Abdelatty, Égypte ; Ahmed Shide, Éthiopie ; Rodrigue Bissielou, Gabon ; Cassiel Forson, Ghana ; Kamau Thugge, Kenya ; Mohamed Taamouti, Maroc ; Olayemi Cardoso, Nigéria ; Enoch Godongwana, Afrique du Sud.

Groupe asiatique : Urjit Patel, Inde ; Reza Boostani, République islamique d’Iran ; Yassine Jaber, Liban ; Muhammad Aurangzeb, Pakistan ; Frederick Go, Philippines ; Nandalal Weerasinghe, Sri Lanka ; Mohammed Yisr Barnieh, Syrie.

Groupe latino-américain : Candelaria Alvarez Moroni, Argentine ; Mathias Alencastro, Brésil ; Alan Asprilla, Colombie ; Bernardo Acosta, Équateur ; Alvaro González Ricci, Guatemala ; Ronald Gabriel, Haïti ; Gerardo Zuniga, Mexique ; Adrián Armas, Pérou ; Davendranath Tancoo, Trinité-et-Tobago.

Observateurs : Luís Epalanga, Angola ; Fahad M. Alturki, Fonds monétaire arabe ; Odalis Marte-Alevante, Conseil monétaire centraméricain ; Weifeng Yan Liu, Chine ; Zamir Iqbal, Banque islamique de développement ; Mourad Bouaouina, Fonds OPEP ; Laura Dupuy Lasserre, G77 ; Sangheon Lee, OIT ; Saud M. Albarrak, Arabie saoudite ; Khaled Altameemi, Émirats arabes unis ; Claver Gatete, CEA ; Shari Spiegel, DESA ; Penelope Hawkins, CNUCED ; Noel Pérez Benítez, CEPALC.

Invités : Kristalina Georgieva, Directrice générale du Fonds monétaire international

Paschal Donohoe, Directeur général et directeur de la gestion des connaissances,

Groupe de la Banque mondiale

Secrétariat du G24 : Iyabo Masha, Julius Duran, Isata Keita, Sara Rashidi

Secrétariat du FMI pour le G24 : Maria Lucia Guerra Bradford, Jesse Jinyong Yang, Aric Maiden

Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE

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