MAROC : PETROM vise l’Afrique

L’histoire de Petrom débute au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, lorsque le groupe américain Esso crée sa filiale au Maroc en 1945.

La compagnie se développe jusqu’en 1974, date à laquelle la Loi de marocanisation oblige les sociétés multinationales à céder 51% de leur capital au gouvernement. Esso décide de se désengager et cède ses parts à la SNPP, Société Nationale de Produits Pétroliers. L’entreprise est alors renommée Petrom, qui signifie « Pétrole du Maghreb ». En 1993, le gouvernement marocain décide de privatiser le secteur pétrolier et Petrom devient la propriété du Groupe Holsatek. Créé par Feu Haj Ali Bouaïda, le Groupe était alors spécialisé dans la minoterie et le négoce des produits céréaliers dans le sud du Maroc.

Petrom entend capitaliser sur ses atouts logistiques marocains, son réseau relationnel institutionnel et sa flexibilité commerciale pour s’établir comme une marque panafricaine compétitive. Avec un chiffre d’affaires de 9,6 milliards de dirhams en 2024, l’entreprise maintient une approche offensive.

Pétrole du Maghreb (Petrom) redéfinit sa stratégie pour conquérir de nouveaux marchés au-delà du territoire marocain. Face à la domination d’AfriquiaVivo Energy et TotalEnergies sur le marché national des hydrocarbures, cet acteur historique de la distribution pétrolière cherche désormais à exploiter le potentiel de croissance continental.

L’Afrique de l’Ouest constitue la cible prioritaire de cette offensive commerciale, notamment grâce aux projections optimistes de la Banque africaine de développement qui anticipent une progression annuelle de la consommation de carburants supérieure à 5% jusqu’en 2030.

Cette orientation stratégique intervient à un moment crucial où une nouvelle génération d’opérateurs africains aspire à concurrencer les majors internationales dans les segments de l’approvisionnement, de la distribution et du stockage énergétique.

Une stratégie d’expansion ambitieuse

Petrom entend capitaliser sur ses atouts logistiques marocains, son réseau relationnel institutionnel et sa flexibilité commerciale pour s’établir comme une marque panafricaine compétitive. Avec un chiffre d’affaires de 9,6 milliards de dirhams en 2024, l’entreprise maintient une approche offensive. Les mutations économiques récentes dans le Sahel, notamment les cessions d’actifs de TotalEnergies au Mali et au Burkina Faso, créent des opportunités pour de nouveaux acteurs souhaitant s’établir avec les opérateurs locaux.

Enjeux géopolitiques et souveraineté énergétique

Les projets de développement de Petrom s’articulent autour de plusieurs axes majeurs d’ici à 2030. L’entreprise prévoit un renforcement significatif de ses capacités de stockage, passant de 110 000 à 283 000 mètres cubes.

Parallèlement, elle ambitionne d’augmenter sa production annuelle à 500 000 tonnes de carburants de synthèse renouvelables grâce à un partenariat avec MGH Energy à Dakhla, nécessitant un investissement de 51 milliards de dirhams.

L’Alliance des États du Sahel, regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, place la maîtrise des ressources naturelles au centre de sa stratégie économique. Ces nations, riches en uranium, or, pétrole et gaz, cherchent à renégocier leurs contrats miniers et énergétiques tout en développant des partenariats avec des acteurs non-alignés.

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