DAKAR, 23 SEPTEMBRE 2026 (JVFE)—Les États-Unis bloquent la délivrance du visa du général Abdel Fattah al-Burhan, chef du Conseil souverain et dirigeant de facto du Soudan, l’empêchant ainsi de se rendre en personne à l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
Selon plusieurs sources diplomatiques, Washington conditionne l’attribution de ce visa à l’acceptation par le général al-Burhan d’un cessez-le-feu de 90 jours dans le conflit sanglant qui l’oppose aux Forces de soutien rapide (FSR) de Mohamed Hamdane Daglo.
Le gouvernement soudanais a officiellement protesté et a saisi le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, pour réclamer son intervention. En vertu des accords de siège de l’ONU, les États-Unis sont théoriquement tenus de laisser passer les dirigeants internationaux.
En attendant une éventuelle issue, le Soudan est représenté à New York par son ministre des Affaires étrangères, Mohieldin Salem. De son côté, l’ancien Premier ministre civil, Abdalla Hamdok, est également présent à New York avec une coalition anti-guerre.
Cette décision illustre le durcissement des relations entre Washington et le pouvoir militaire soudanais, accentué par le rejet récent par al-Burhan d’une proposition américaine d’étendre l’embargo sur les armes à l’ensemble du territoire soudanais.
Les États-Unis refusent d’accorder un visa au dirigeant de facto du Soudan, le chef de l’armée Abdel Fattah al-Burhane, pour se rendre à New York et s’adresser à l’Assemblée générale de l’ONU.
Abdel Fattah al-Burhane, dont l’armée affronte les Forces de soutien rapide (FSR) – une force paramilitaire – depuis avril 2023, devait s’exprimer devant l’ONU mercredi.
Il s’est déjà adressé à cette instance à deux reprises depuis le début du conflit. Une source diplomatique a qualifié le refus américain de délivrer le visa de «violation manifeste de l’accord entre l’ONU et les États-Unis». Une autre source a précisé que les États-Unis, qui ont multiplié les appels à des pourparlers sur une trêve au Soudan, avaient «conditionné l’octroi du visa à l’acceptation par M. Burhane d’une trêve de trois mois».
Une proposition que le gouvernement rejette, estimant qu’elle permettrait uniquement aux FSR de se regrouper et de lancer de nouvelles attaques. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit «vivement préoccupé» par la non-délivrance du visa, a déclaré son porte-parole.
«Le secrétaire général exhorte le pays hôte à veiller à ce que les visas soient délivrés conformément à ses obligations au titre de l’Accord de siège, à temps pour permettre au président de participer en personne aux travaux de l’Assemblée générale», a souligné Stéphane Dujarric. «La pleine participation de toutes les délégations aux travaux de l’Organisation est essentielle à son bon fonctionnement», a-t-il fait valoir, ajoutant: «Le Secrétariat (de l’ONU) a immédiatement soulevé la question auprès des autorités américaines et continue d’échanger avec elles».
Fodé CISSE, Journaliste, Rédacteur en Chef & Directeur de Publication © JVFE
